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Actualités - Chronologie

Un « cerveau du terrorisme moderne »

Abou Nidal, littéralement « le père de la lutte » en arabe, présenté comme un « cerveau du terrorisme moderne », a été l’un des terroristes les plus recherchés du Proche-Orient dans les années 70 et 80, jouant admirablement des renversements d’alliances dans le monde arabe pour échapper à ses poursuivants. Très discret, ce petit homme a rencontré quelquefois des journalistes, mais on ne dispose d’aucune photo de lui depuis les années 80. Sur l’une, Sabri al-Banna (sa véritable identité) apparaît barbu, vêtu d’un treillis militaire, coiffé d’une casquette de parachutiste. Sur une autre il est en civil, rasé de près, le front dégarni. Depuis plus aucune image. Il ne dédaignait pas pour autant le costume classique, montrant aux journalistes à Beyrouth en 1974 le contenu de l’attaché-case de cuir noir dont il ne se séparait pas : un ensemble de faux papiers et un pistolet mitrailleur, le célèbre WZ-63 polonais, dont l’utilisation dans les attentats était alors la carte de visite de son groupe, le Fateh-Conseil révolutionnaire, constitué en 1974 à Bagdad. Un groupe qui s’est fait une spécialité des liquidations de dirigeants palestiniens modérés ou de défenseurs d’un dialogue avec la gauche israélienne et des opérations antijuives. En Israël, il passe pour un « terroriste sous contrat », alternativement au service de différents maîtres : les services secrets irakiens, syriens ou libyens, qui lui fournissent aide logistique et moyens financiers. Il joue d’ailleurs de main de maître des rivalités entre Bagdad et Damas pour trouver asile et une base d’opération, soit en Syrie et au Liban, soit en Irak. Dans une interview au quotidien français Libération, Issam Sartaoui, conseiller diplomatique de Yasser Arafat assassiné par le Fateh-CR à Lisbonne en 1983, l’accusait d’être manipulé par Israël : « Abou Nidal n’est pas un maximaliste du Front du refus mais un renégat qui s’est mis à la disposition des services secrets israéliens (...) Le gouvernement irakien lui verse annuellement 10 millions de dollars, c’est une véritable institution irakienne. » Né en 1937, il est le douzième enfant d’une famille d’exportateurs d’oranges de Jaffa. Chassée par la création d’Israël, la famille s’installe à Naplouse, en Cisjordanie, en 1948. Abou Nidal rejoint le Fateh d’Arafat dans la seconde moitié des années soixante, après avoir brièvement travaillé comme électricien en Arabie saoudite. Il aurait ensuite suivi des entraînements en Corée du Nord et en Chine. En 1974, représentant de l’OLP en Irak, il rompt avec Arafat qu’il accuse de « capitulation » et fonde le Fateh-CR. Son groupe multiplie les assassinats de responsables palestiniens et arabes et les opérations contre des juifs. À son actif, quelques 900 victimes, tuées et blessées, dans une vingtaine de pays. Les attaques antijuives les plus spectaculaires revendiquées par le Fateh-CR ont été en 1982 l’attentat de la rue des Rosiers à Paris (6 morts, 22 blessés), ceux de décembre 1985 contre les comptoirs de la compagnie El Al aux aéroports de Vienne (3 morts) et de Rome (15 morts et 100 blessés). Le groupe est aussi mis en cause par Israël dans l’attentat de septembre 1986 contre une synagogue à Istanbul (24 morts). Il est ensuite le seul groupe palestinien impliqué dans des prises d’otages d’Occidentaux au Liban. Beaucoup moins actif dans les années 90, son groupe est miné par la perte de ses soutiens traditionnels et les dissensions internes avec des règlements de comptes qui auraient fait des dizaines de victimes dans ses rangs, selon des dissidents du Fateh-CR. Maintes fois condamné à mort, la dernière fois en Jordanie le 3 décembre dernier (pour le meurtre d’un diplomate jordanien à Beyrouth en 1994), Abou Nidal a toujours échappé à ses ennemis. L’un des épisodes les plus mystérieux de sa vie aura été un bref passage au Caire en 1999 – catégoriquement démenti par les autorités égyptiennes – où il aurait été soigné pour des problèmes cardiaques et un cancer. Sa trace se perd ensuite en Irak, qu’il aurait rejoint via l’Iran, les autorités irakiennes refusant de reconnaître sa présence à Bagdad.
Abou Nidal, littéralement « le père de la lutte » en arabe, présenté comme un « cerveau du terrorisme moderne », a été l’un des terroristes les plus recherchés du Proche-Orient dans les années 70 et 80, jouant admirablement des renversements d’alliances dans le monde arabe pour échapper à ses poursuivants. Très discret, ce petit homme a rencontré quelquefois des journalistes, mais on ne dispose d’aucune photo de lui depuis les années 80. Sur l’une, Sabri al-Banna (sa véritable identité) apparaît barbu, vêtu d’un treillis militaire, coiffé d’une casquette de parachutiste. Sur une autre il est en civil, rasé de près, le front dégarni. Depuis plus aucune image. Il ne dédaignait pas pour autant le costume classique, montrant aux journalistes à Beyrouth en 1974 le contenu de l’attaché-case de cuir...