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DISQUES «Traduire l’âme du peuple» en samba

La petite maison d’enregistrement brésilienne Kuarup a fêté ses vingt-cinq ans d’existence mercredi, à contre-courant des multinationales du marché du disque, donnant priorité aux types de musique généralement délaissés par ces dernières. « La situation économique n’est pas facile et c’est une prouesse que de pouvoir fêter vingt-cinq ans d’indépendance », a déclaré à l’AFP la Française Janine Houard, artiste plastique et l’une des deux associés de Kuarup. « Nous privilégions le travail de ceux qui cherchent l’origine de la musique brésilienne et nous traduisons ainsi l’âme du peuple », a déclaré quant à lui le producteur Mario de Aratanha, l’autre associé fondateur de la maison de disque. Parmi les types de musique enregistrés par Kuarup, dont le catalogue renferme plus de 150 titres qui ne dépassent pas les 3 000 exemplaires pour le premier tirage, figurent la « samba de raiz » (samba authentique), le « sertanejo » (country brésilien) et le « choro », une musique instrumentale mélodieuse fondée à l’origine sur le trio flûte, guitare, cavaquinho (petite guitare). Créé après 1850, le « choro » emprunte des éléments de la musique européenne de l’époque (valse, mazurka) et des éléments de la musique africaine et des rythmes brésiliens. On lui donne parfois le qualificatif de « jazz brésilien ». Le catalogue Kuarup compte également la plus grande collection d’œuvres d’Hector Villa Lobos au Brésil. Mais l’indépendance par rapport aux multinationales a un prix : Kuarup est loin des bénéfices obtenus par les multinationales avec les stars de la musique « pop ». Son titre le plus vendu l’a été à quelque 100 000 exemplaires. Il s’agit du CD Ao vivo em Tatui, qui réunit les chanteurs Renato Texeira, Pena Branca et Xavantino (musique country). Les turbulences financières que traverse le Brésil n’arrangent pas les finances de Kuarup, même si ses CD sont distribués aussi en Europe et aux États-Unis. « Quand le real valait un dollar (en 1994), nos CD coûtaient 15 reals au Brésil, moins que ceux vendus par les multinationales, et personne ne trouvait ça cher. Aujourd’hui, on les vend à 18 reals (soit 6 dollars) et les gens trouvent ça très cher», déplore Janine Houard, en expliquant que le pouvoir d’achat des consommateurs a baissé et que Kuarup doit faire face aux liquidations des stocks des multinationales et au piratage qui fait que l’on trouve des CD à 4 ou 5 reals (1,50 USD).
La petite maison d’enregistrement brésilienne Kuarup a fêté ses vingt-cinq ans d’existence mercredi, à contre-courant des multinationales du marché du disque, donnant priorité aux types de musique généralement délaissés par ces dernières. « La situation économique n’est pas facile et c’est une prouesse que de pouvoir fêter vingt-cinq ans d’indépendance », a déclaré à l’AFP la Française Janine Houard, artiste plastique et l’une des deux associés de Kuarup. « Nous privilégions le travail de ceux qui cherchent l’origine de la musique brésilienne et nous traduisons ainsi l’âme du peuple », a déclaré quant à lui le producteur Mario de Aratanha, l’autre associé fondateur de la maison de disque. Parmi les types de musique enregistrés par Kuarup, dont le catalogue renferme plus de 150 titres qui...