Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La Cour suprême suspend l’expulsion de trois Palestiniens

La Cour suprême d’Israël a suspendu hier l’expulsion, ordonnée par l’armée, de trois Palestiniens de Cisjordanie vers la bande de Gaza, mais sans trancher sur le fond. La Cour a émis un arrêt provisoire interdisant à l’armée d’expulser un frère et sa sœur, ainsi qu’un troisième Palestinien en attendant qu’elle statue sur le caractère légal de cette mesure. Elle a exigé que l’armée justifie devant elle une telle action dans les quinze prochains jours. Les avocats des accusés, dont la défense est assurée par deux associations israéliennes des droits de l’homme, se sont félicités de l’arrêt. « C’est heureux que la Cour ne soit pas tombée dans l’hystérie collective et n’ait pas approuvé automatiquement une mesure de punition collective qui frappe des personnes dont le seul crime est d’être des proches de suspects », a déclaré Me Léa Tsemel. « Nous avons grand espoir que la Cour refusera une expulsion qui viole la loi internationale », a indiqué pour sa part Me Dan Yakir à la presse. En revanche, le ministre sans portefeuille, Danny Naveh, a déploré la décision de la Cour. « Je regrette profondément que la mesure d’expulsion n’ait pas pu être appliquée à cause de l’ordre de la Cour, car l’expulsion peut dissuader des terroristes (palestiniens) de commettre des opérations-suicide », a déclaré le ministre du parti Likoud du chef de gouvernement Ariel Sharon. Le tribunal militaire de Beit El (Cisjordanie) avait confirmé lundi en appel les ordres d’expulsion à l’encontre de Kifah Adjouri, 28 ans, sa sœur Intissar Adjouri, 34 ans, du camp de réfugiés d’Askar, et Abdel Nasser Assidi, 34 ans, du village de Tel, en Cisjordanie. Les deux premiers sont frère et sœur d’Ali Adjouri, un chef local des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, un groupe armé lié au Fateh du président palestinien Yasser Arafat. Cet activiste a été tué le 6 août par des soldats israéliens près de Jénine, en Cisjordanie. Il était accusé d’avoir organisé un attentat-suicide commis par deux kamikazes en juillet à Tel-Aviv qui avait fait cinq morts. Le frère d’Abdel Nasser Assidi est un activiste armé du mouvement islamiste Hamas, recherché par les services de sécurité israéliens pour avoir participé à une embuscade contre un bus civil desservant la colonie juive d’Emmanuel en Cisjordanie le 16 juillet, qui avait fait neuf morts. De son côté, M. Arafat a qualifié l’ordre d’expulsion « de crime qui ne peut être passé sous silence ». « La décision de déporter les familles des martyrs est un crime qui ne peut être passé sous silence », a-t-il déclaré aux journalistes, ajoutant qu’un « tel acte est contre les lois internationales et humanitaires ». Des groupes armés palestiniens avaient, eux, menacé de s’en prendre par mesure de représailles à des familles de politiciens israéliens. L’armée israélienne affirme que les trois Palestiniens « étaient au courant des préparatifs d’attentats et que les expulsions, tout comme les destructions de maisons, ont un effet dissuasif ». Elle a rasé depuis le 1er août 19 maisons palestiniennes en Cisjordanie. Ces destructions ont reçu le feu vert de la Cour suprême, qui a même rejeté un appel de familles palestiniennes qui demandaient d’être prévenues à l’avance des démolitions pour pouvoir faire appel. Le chef des renseignements militaires, le général Aharon Zeevi Farkash, a affirmé mardi que cinq Palestiniens, qui s’apprêtaient à commettre des attentats, y ont renoncé au cours des derniers jours, certains se rendant à l’armée, par crainte de représailles. Le général a fait cette déclaration à la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement, au moment même où la Cour suprême délibérait des expulsions, apprend-on de source parlementaire.
La Cour suprême d’Israël a suspendu hier l’expulsion, ordonnée par l’armée, de trois Palestiniens de Cisjordanie vers la bande de Gaza, mais sans trancher sur le fond. La Cour a émis un arrêt provisoire interdisant à l’armée d’expulser un frère et sa sœur, ainsi qu’un troisième Palestinien en attendant qu’elle statue sur le caractère légal de cette mesure. Elle a exigé que l’armée justifie devant elle une telle action dans les quinze prochains jours. Les avocats des accusés, dont la défense est assurée par deux associations israéliennes des droits de l’homme, se sont félicités de l’arrêt. « C’est heureux que la Cour ne soit pas tombée dans l’hystérie collective et n’ait pas approuvé automatiquement une mesure de punition collective qui frappe des personnes dont le seul crime est...