Le gouvernement israélien a adopté hier le budget 2003 qui suscite une forte opposition en raison de coupes drastiques destinées à faire face aux crises persistantes dues au soulèvement palestinien et à la stagnation générale de l’économie. Le budget prévoit des réductions de 1,8 milliard de dollars, qui causent un malaise au sein de la large coalition du Premier ministre Ariel Sharon et ont déjà provoqué la démission de l’un de ses ministres dimanche. « Je ne peux assumer la responsabilité de la catastrophe sociale qui s’annonce », a déclaré après sa démission David Levy, fondateur du parti Gesher et ancien ministre des Affaires étrangères. Selon lui, les coupes prévues ne feront que réduire à « une abjecte pauvreté » les couches déjà défavorisées. « Nous sommes en guerre, l’économie est sens dessus dessous et ces coupes sont indispensables pour stabiliser la situation », a affirmé le ministre des Finances Silvan Shalom, qui veut pousser les chômeurs à réintégrer le monde du travail en diminuant leurs allocations de 600 millions de dollars. Une somme similaire doit être retranchée du budget de la défense, sans toutefois affecter les unités de combat ou les achats d’armes. Le ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer, chef du Parti travailliste, s’est plaint de ces coupes « inacceptables ». Le parti ultraorthodoxe Shass, qui contrôle 17 des 120 sièges du Parlement, a lui aussi insisté sur l’impact négatif du projet sur les pauvres, qui constituent l’essentiel de sa base électorale. Plus de 100 000 familles pauvres seront touchées par les restrictions budgétaires, selon les quotidiens israéliens Maariv et Yediot Aharonot. M. Sharon a déclaré lundi qu’il était déterminé à adopter ce budget en dépit de la forte opposition qu’il a soulevée. Malgré l’adoption du projet, le Parlement a jusqu’à la fin de l’année pour y réfléchir. La question la plus sensible demeure celle des diminutions des indemnités sociales, déjà réduites cette année. Le projet du ministre des Finances devrait toucher le plus durement les couches les plus pauvres, en raison du taux élevé de chômage, de la récession, de l’inflation et de la chute de la monnaie nationale. Il devrait également porter un coup dur aux travailleurs étrangers, qui seront taxés sur le total de leurs revenus sans bénéficier des exemptions applicables aux Israéliens. « C’est inacceptable d’avoir 270 000 personnes au chômage en Israël, où se trouvent 300 000 travailleurs étrangers », a déclaré M. Shalom en présentant son projet. Le gouvernement a lancé une campagne pour expulser les travailleurs immigrés illégaux. Une commission gouvernementale chargée d’élaborer une réforme fiscale a mis en garde en juin contre le fait que les classes sociales les plus défavorisées payaient très peu d’impôts, alors que les autres le font selon les normes internationales. Avant le début de l’intifada palestinienne en septembre 2000, l’économie israélienne connaissait un véritable boom avec un taux de croissance de 6,4 %, qui a chuté à 0,6 % en 2001. Elle fait actuellement face à la pire crise de son histoire, ployant sous le poids de l’intifada palestinienne qui a chassé les investisseurs et les touristes, et celui de la stagnation générale dans le secteur de la haute technologie. Le shekel s’est déprécié de 20 % face au dollar depuis le début de l’année, une chute libre qui a contraint la Banque centrale à hausser ses taux de 3,9 % depuis le début de l’année. Le budget 2003 proposé par M. Shalom s’inscrit dans la continuation du budget d’austérité de 2002, qui visait à diminuer un déficit de 2,6 milliards de dollars. Après divers amendements et une crise politique, notamment le départ du Shass du gouvernement qu’il a rapidement réintégré, le projet de budget 2002 avait finalement été voté en juin.
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