Les coups de cœur ou de bambou mais, hélas aussi, du sort, ont jalonné la 89e édition du Tour de France cycliste qui s’inscrira dans l’histoire comme une boucle de bon niveau, colorée du jaune de Lance Armstrong, des pois rouges de Laurent Jalabert, mais aussi endeuillée par la mort d’un jeune enfant, écrasé sur la route par un véhicule de la caravane publicitaire. Superhuman. Lance Armstrong a fait preuve de qualités humaines qu’on ne lui connaissait guère au grand jour, méritant le surnom que lui a octroyé son ami l’acteur Robin Williams. Par deux fois, dans les Pyrénées, le Texan a porté un regard de désolation à Laurent Jalabert lorsque sa longue cavalcade s’est terminée. Enfin, dans les Alpes où, seigneur, il a laissé, d’un geste, la 2e place à l’Espagnol Carlos Sastre derrière le Néerlandais Michael Boogerd. Foule. La foule a été un ingrédient incontestable de la réussite du Tour comme cette sublime traversée dans les vignobles du Beaujolais. Mais, elle a aussi joué un rôle majeur. Ainsi, Lance Armstrong l’a-t-il maudite dans les Pyrénées où certains fanatiques lui ont crié « dopé » à son passage. Géant. Il fallait une belle victoire à Richard Virenque pour redorer son blason sur le Tour. Le Méridional a choisi le mont Ventoux, géant de Provence, à la hauteur de la popularité de l’intéressé. Dernier rescapé d’une échappée de plus de 200 kilomètres, le roi Richard signera sur ce téton mythique son unique morceau de bravoure. Chutes. « Les grands champions ne tombent jamais ». Christophe Moreau s’inscrira probablement en faux sur cette affirmation du docteur Gérard Porte. D’entrée lors de la 1re étape, le Franc-Comtois va, par deux fois, au sol. Cent trente-neuvième de l’étape, il perd 3 minutes 20 et ses illusions. Deux semaines plus tard, au cours de la première étape des Alpes, son visage frappera le bitume. Se croyant défiguré, il abandonnera avant une séance de larmes. Crevaison. Il est parfois des crevaisons... de copain, que le temps ne saura effacer. Ainsi, Laurent Jalabert se souviendra longtemps de celle de son coéquipier Michael Sandstod au moment où l’express CSC était en train, dans le contre-la-montre, de le porter vers un ultime maillot jaune. La consigne de départ (pas d’attente) avait été mal interprétée. « Jaja » mettra longtemps à digérer cette déconvenue. Jajamania. La « Jajamania » n’a jamais faibli lors des trois semaines, tant au bord des routes où le Mazamétain a détrôné son pote Richard Virenque qu’en coulisses où l’on vit la salle de presse saluer par des applaudissements la carrière de l’ancien n° 1 mondial venant d’annoncer sa retraite. Ou encore ses pairs lui faisant une haie d’honneur à la descente du TGV à Melun, avant ses ultimes coups de pédale vers les Champs-Élysées. Boyau. Un succès tient parfois a peu de chose. La largeur d’un boyau, celui de Thor Hushovd sur le Français Christophe Mengin, ne pouvant remonter complètement son rival norvégien. Ou, également, aux conséquences fâcheuses d’un coureur, Jacky Durand, s’accrochant à sa voiture dans la montagne. L’exclusion du populaire « Dudu » mais aussi de sa voiture a empêché Marc Madiot, resté derrière le peloton, de communiquer par l’oreillette les conseils appropriés dans le final. Produits. Avec une 3e place, Raimondas Rumsas avait étonné son monde, le patron du Tour, Jean-Marie Leblanc, en tête. Mais, l’épouse du Lituanien, Edita, connaît peut-être la réponse. Elle a été interpellée par les douanes, dimanche à Chamonix, porteuse de produits « pouvant être considérés comme dopants ». Mort d’enfant. La passage du Tour aura fait une victime. Un enfant de 7 ans. Melvin Pompele heurté, sous le regard de ses grands-parents, par une voiture de la caravane qui roulait à une allure raisonnable sur une route, droite et large, des Landes. Il y a deux ans, dans le Var, un enfant de 12 ans avait également trouvé la mort.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les coups de cœur ou de bambou mais, hélas aussi, du sort, ont jalonné la 89e édition du Tour de France cycliste qui s’inscrira dans l’histoire comme une boucle de bon niveau, colorée du jaune de Lance Armstrong, des pois rouges de Laurent Jalabert, mais aussi endeuillée par la mort d’un jeune enfant, écrasé sur la route par un véhicule de la caravane publicitaire. Superhuman. Lance Armstrong a fait preuve de qualités humaines qu’on ne lui connaissait guère au grand jour, méritant le surnom que lui a octroyé son ami l’acteur Robin Williams. Par deux fois, dans les Pyrénées, le Texan a porté un regard de désolation à Laurent Jalabert lorsque sa longue cavalcade s’est terminée. Enfin, dans les Alpes où, seigneur, il a laissé, d’un geste, la 2e place à l’Espagnol Carlos Sastre derrière le Néerlandais...