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Actualités - Chronologie

Les Territoires au bord de la paralysie économique(PHOTO)

Experts indépendants et responsables palestiniens sonnent l’alarme : près de quatre mois de réoccupations israéliennes des territoires autonomes en Cisjordanie ont laissé exsangue une économie palestinienne déjà asphyxiée. Les couvre-feux à répétition, le chômage et les restrictions à la circulation des biens et des personnes, corollaires de l’occupation militaire des principales villes de Cisjordanie, ont plongé une bonne partie de la population dans la pauvreté, soutient un expert, Moustapha Barghouthi. Pas moins de 75 % de la population palestinienne vit aujourd’hui sous le seuil de la pauvreté, a affirmé M. Barghouthi, qui dirige une fédération d’ONG médicales. « Ces Palestiniens survivent avec 2 dollars par jour alors que le seuil de pauvreté en Israël a été fixé à 20 dollars par jour », a-t-il affirmé. Selon cet expert, qui fait état d’une forte progression de cas de femmes et d’enfants atteints d’anémie, « on peut parler pour la première fois de malnutrition parmi la population palestinienne ». M. Barghouthi, également actif dans le domaine de la défense des droits de l’homme, a affirmé que les pertes directes des Palestiniens ont dépassé en deux mois d’occupation celles des 15 premiers mois de l’intifada, qui a débuté en septembre 2000. Les pertes provoquées par des destructions de l’armée israélienne au cours des mois de mars et d’avril ont atteint, selon lui, 361 millions de dollars (M USD) contre 305 M USD pour les 15 mois précédents. Dans un rapport, le ministère palestinien de l’Économie a évalué à 5 M USD par jour le manque à gagner des Palestiniens dans les secteurs des services et des salaires, Israël interdisant à 125 000 Palestiniens d’entrer sur son territoire pour venir y travailler. Depuis le début des opérations militaires de grande envergure en Cisjordanie, ceux qui parvenaient malgré tout à passer en Israël ne le peuvent plus en raison du renforcement des contrôles. L’agriculture est l’un des secteurs les plus durement touchés par l’occupation, selon les professionnels. « Nous sommes confrontés depuis trois mois à un grave problème d’écoulement de la production », a indiqué le président de l’Union des agriculteurs palestiniens Ibrahim Daïq. Selon lui, de nombreux producteurs ont vu leurs récoltes pourrir et des éleveurs se sont résolus à se défaire de troupeaux entiers, faute de marché et en raison d’une pénurie de produits destinés à l’alimentation. Les pertes de ce secteur depuis le début de l’intifada ont été estimées à plus de 700 millions de dollars par le ministère de l’Agriculture. Ces difficultés se reflètent sur le secteur commercial, qui tourne au ralenti depuis des mois, la population limitant sa consommation au strict nécessaire en raison des incertitudes sur l’avenir. Dans une récente étude, la Banque mondiale a estimé que l’économie palestinienne aurait besoin de deux ans pour se redresser, après un accord israélo-palestinien. Dans ce contexte, les 14 M USD qu’Israël a accepté de verser à l’Autorité palestinienne paraissent à ces experts et ces responsables une goutte d’eau dans l’océan.
Experts indépendants et responsables palestiniens sonnent l’alarme : près de quatre mois de réoccupations israéliennes des territoires autonomes en Cisjordanie ont laissé exsangue une économie palestinienne déjà asphyxiée. Les couvre-feux à répétition, le chômage et les restrictions à la circulation des biens et des personnes, corollaires de l’occupation militaire des principales villes de Cisjordanie, ont plongé une bonne partie de la population dans la pauvreté, soutient un expert, Moustapha Barghouthi. Pas moins de 75 % de la population palestinienne vit aujourd’hui sous le seuil de la pauvreté, a affirmé M. Barghouthi, qui dirige une fédération d’ONG médicales. « Ces Palestiniens survivent avec 2 dollars par jour alors que le seuil de pauvreté en Israël a été fixé à 20 dollars par jour », a-t-il...