L’été 2002 vibre de toutes ses couleurs. Mais dans ce vaste arc-en-ciel après un hiver voué aux teintes sourdes et sombres, l’été déploie une opulente palette, vibrante et dynamique. La mode affiche de nouveaux noms et de nouveaux regards. Le début d’un siècle appelle au renouveau. Dans la mode beaucoup plus que dans tout autre domaine. «Esprit libre», prêchent les revues-bibles de la mode en soulignant que la création se doit de découvrir des voies et des visions neuves sous peine de disparition. Dans la course vers le renouveau naissent des griffes et des noms neufs. Marcus Mâm, Anne Menke, Laurence Streete, Tom Van Lingen. Étoiles neuves sur le firmament de la mode apportant des visions neuves pour les vêtements d’un siècle qui se veut et se doit rénovateur. Même les plus illustres des anciens virtuoses de l’art du vêtement s’efforcent de rincer leurs pupilles de tout «déjà-vu ou déjà fait» pour proposer du choc (parfois sans chic) à leurs clientes. Opération survie? Sans doute. Mais il faut être de son siècle si on ne veut pas être éjecté sans ménagement par la succession des modes folles, conçues pour faire scandale, avéré stimulateur des ventes... Tendances 2002 Sinueuse et décorative, en courbes subtiles et ceintures larges, la mode de cet été se rapproche beaucoup de l’Art Nouveau revu et corrigé par le regard créateur des années 70... On prend donc le tout, on mélange bien et on recommence. Artiste majeur dans ce remake, un nouveau nom : Christophe Kutner. Tansparences, broderies, volants, imprimés vaporeux et vêtements qui déshabillent avec raffinement et art... L’été 2002 est à la décontraction fixe et raffinée, au romantisme vaguement pervers, évaporé, à la Robert Hamilton, le photographe virtuose des «seventies»... Face à ce mouvement se dessine un été décontracté, déstructuré avec art, libre de tout cliché. La mode ethnique et le folklore de l’Europe centrale mélangent dans leur broyeuse couleurs, modèles et matières. Une nouvelle tendance émerge de cette nouvelle techno-culture. Le style urbain est à la décontraction sophistiquée, partisane de la multiculture. Au point où les accessoires (sacs, souliers et autres) donnent l’impression de reliques d’antan, sorties des armoires de quelque arrière-grand-mère, guindée et très anachronique... Une mode en fait qui cristallise l’époque. Riche des souvenirs du passé et soucieuse d’exploiter (faute de mieux) son vieil héritage... Référence mondiale majeure Le CPD de Düsseldorf s’ouvre à la mode masculine Le Salon de Düsseldorf couvrira du 4 au 6 août 2002 la totalité du secteur de l’habillement (CPD Woman-Man). Cela se justifie par le fait que toutes les grandes marques dans le monde suivent la tendance «amphi-sexes: une collection femme et une collection homme». Les rythmes de la création et de la présentation mais aussi des achats et des commandes sont parallèles et quasi identiques. Pour la promotion du secteur et des marques, les expositions-rencontres dites «Salons» sont un outil précieux et privilégié de la commercialisation, la promotion, la stimulation et l’évolution des marques. La présentation simultanée de la mode homme-femme dans un même lieu et à la même date correspond le mieux à cette évolution. Selon les évaluations financières, cette «synergie», lire présentation simultanée (masculine-féminine vestimentaire), paraît comme un outil unique pour développer la promotion des marques et la promotion de l’image de marque des différents labels. Sans compter le fait que la présentation des volets de la mode constitue un attrait supplémentaire bien apprécié par les détaillants étrangers, justifiant en même temps les frais de déplacement et la mise au courant sur la totalité du «ton» et de la mode d’une saison, en aperçu général. Pour les visiteurs d’Australie, des États-Unis ou du Canada, l’argument ne manque pas de force! En résumé, la création «d’une plate-forme commune» permet d’intéresser un nombre élevé d’acheteurs. Une évolution déterminante permettant une évolution réfléchie et bien calculée. Souhaitons qu’elle puisse se refléter sur le terrain par une dynamisation des achats, bénéfique à tous... Un Salon consacré à l’ensemble de l’habillement Pour la première fois en Europe, un grand Salon professionnel international se consacre à l’ensemble du secteur de l’habillement: les cpd woman.man. Créé à Düsserldorf en 1949, ce Salon de mode réunit aujourd’hui plus de 1700 exposants à chaque édition. Considéré à juste titre comme le plus grand Salon de mode du monde, il était consacré à la mode féminine. À partir de l’édition d’août 2002, il s’appellera cpd woman.man et proposera au visiteur professionnel de découvrir également toute la palette de la mode masculine. Faut-il souligner les motifs de cette décision? Presque toutes les grandes marques de mode dans le monde proposent aujourd’hui une collection femme et une collection homme. Les Salons sont un outil de marketing essentiel pour développer la notoriété des labels et leur image de marque. La présentation simultanée de lignes féminines et masculines générera à coup sûr des effets de synergie et réduira les coûts à terme. La présentation de la mode homme et femme sur un seul et même Salon ne manque pas d’attrait pour les détaillants. Les visiteurs étrangers n’auront plus l’ombre d’une hésitation: les cpd woman.man c’est le foyer à ne pas rater. Les détaillants y gagnent en multipliant leurs chances de créer des collaborations intéressantes. Ils peuvent balayer l’ensemble de l’offre en ne se déplaçant qu’une fois, réduisant ainsi leurs coûts de voyages. À l’instar des grandes verticales, de nombreux détaillants spécialisés vendent déjà du prêt-à-porter masculin et féminin. Un atout qui leur permet d’atteindre une cible plus large et de voir augmenter sensiblement leurs ventes. Cette plate-forme commune permet de toucher un nombre beaucoup plus élevé d’acheteurs. Ces derniers auront désormais le loisir de s’informer en même temps sur les tendances de la mode masculine. Une évolution déterminante qui permettra à l’industrie d’investir de nouveaux points de ventes. Le plan de marketing de l’exposition fut auprès des visiteurs le plan qui couvre les principaux marchés à l’exportation. La base de données a été considérablement élargie, et des présentations ont été effectuées dans les principales métropoles européennes de la mode, l’objectif étant d’informer dès que possible le public intéressé. L’élargissement de l’offre proposée au Salon cpd woman.man se traduit par des exigences en termes d’organisation et d’infrastructures. Le parc des expositions Düsseldorf possède l’un des parcs des expositions les plus efficaces d’Europe. cpd woman.man dispose d’une surface d’exposition brute de 200000 m2. Huit cents mètres plus loin, un espace supplémentaire d’environ 50000 m2 est également disponible. cpd woman.man segmente l’offre en trois: un secteur sera consacré au prêt-à-porter féminin, un autre à la mode masculine et un pour les marques proposant des lignes hommes et femmes. Chaque secteur sera subdivisé en fonction des univers stylistiques connus et de certains groupes (Body & Beach, White & Night, Accessoires et Fabrics). Un code couleurs facilite l’orientation: rouge pour le PAPF, bleu pour les collections masculines. Le parc des expositions est très bien desservi par tous les moyens de transport. Les parkings (plus de 20000 places) sont directement reliés à la rocade de Düsseldorf: pas de carrefours, pas de bouchons... d’où que le visiteur vienne. De la gare centrale de Düsseldorf, on accède directement à l’entrée principale du parc des expositions par une ligne de tramway (10 minutes de trajet environ). Tous les visiteurs munis d’un billet d’entrée peuvent emprunter gratuitement les transports publics dans un rayon de plus de 100 kilomètres. À trois kilomètres du parc des expositions, l’aéroport international où on y accède rapidement en empruntant une navette ou un taxi. Düsseldorf (500000 habitants) est la capitale allemande de la Rhénanie-Westphalie et rayonne sur une région qui compte une population de plus de 10 millions de personnes. Königsallee est l’une des belles artères du monde pour le shopping. Les grandes marques internationales y cohabitent avec des magasins multimarques de haute qualité. Le dos à nu Cet été on tourne le dos... Un dos soigné, hydraté, hâlé au point... Les belles poitrines, pour une fois, n’ont pas le beau rôle. La mode soigne la version verso autant, sinon plus que la recto... Les années tous-seins-dehors ont alimenté des obsessions et des phantasmes, mais elles ont trop servi... Par opposition, inspiration et promotion tournent la page... À nous les chutes de rein profondes jusqu’à l’extrême limite du visible. Les omoplates ne se couvrent éventuellement que par la chevelure. Chloé, Vuitton, Lanvin, Versace ou Saint-Laurent ne couvrent les épaules que d’un lien de rien du tout... Mais pour se permettre cette mise en valeur d’un corps obligatoirement parfait dans sa très grande minceur, il faut que la silhouette soit bien plus que parfaite. L’aveu complet qu’implique cette vogue ne s’adresse qu’aux colonnes vertébrales rectilignes, aux tailles de guêpe et aux seins bien placés, ignorant toute pesanteur. C’est la revanche des généreuses poitrines que la mode actuelle, pour une fois, marginalise au profit des dos droits et bien en vue... Il va de soi que cela ne convient qu’aux corps de lianes aux pas ailés... Autrement, il constitue des aveux que personne ne réclame. Dos voûtés, omoplates pointues, vertèbres saillantes et éruptions cutanées diverses, s’abstenir de pareille confrontation. Vogues Le retour des pastilles Les petits pois avaient disparu depuis quelques saisons... Les revoilà cet été qui émergent pour afficher l’attrait des contrastes. Ces pastilles qui parsèment un fond d’une couleur contrastante c’est un peu une transgression raciale. Mais vive les mulâtres et le mélange des races et des cultures. Dans le domaine de la mode, le régime des petits pois ménage toutes les susceptibilités. Il suffit de choisir la prépondérance: blanc sur noir ou l’inverse... Un peu d’histoire? Le régime petites pastilles (ou petits pois, selon qu’on aime le sucré ou le salé) doit sa naissance aux anglo-saxons. On l’appelait alors (en 1880) les «Polca Dots», en référence à la danse, à la mode de l’époque... Une fois entré dans la mode vestimentaire, le régime des pastilles ne la quitte plus... On le retrouve à la Belle Époque et, un peu plus tard, sur les volants des danseuses de flamenco. La vague pastilles traversera le temps et l’océan. Le cinéma s’en inspirera pour la garde-robe de Minnie, la compagne de Mickey Mouse. Roy Lichenstein, artiste américain, et Kusama, créatrice de structures gonflables, en font une obsession créatrice. Dans la mode, comme dans la vie, tout lasse, tout passe... Il en est de même pour les pois et les pastilles... Au début du millénaire, les voilà venant ne serait-ce que pour fêter le centenaire de Walt Disney. Dans l’univers du vêtement, Ungaro les associe aux imprimés... On a déjà vu dans le passé d’autres créateurs les associer aux rayures. Les émanations (tardives) du pop’art, qui marque son retour dans la mode de cet été, les jette par poignets sur les créations. Qui s’en plaindrait? Les pastilles laissent toujours sous la langue un goût de fraîcheur et d’impertinence...
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