Le dollar s’est effrité face aux autres grandes monnaies en ce début de semaine sur des marchés très inquiets à la suite de nouvelles manipulations comptables de grands groupes américains. Certes, les investisseurs ont été très choqués hier par les nouvelles du Wall Street Journal selon lesquelles le conglomérat pharmaceutique américain Merck aurait comptabilisé 12,4 milliards $ de chiffre d’affaires sur trois ans (1999-2001) que sa filiale pharmacie Medco n’a en fait jamais enregistré. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre que le groupe énergétique américain Reliant Resources a reçu de la Commission des opérations de Bourse (SEC) un avis d’enquête sur des pratiques comptables consistant à gonfler ses chiffres d’affaires à l’instar de WorldCom. Cela étant et compte tenu aussi des propos attribués au ministre japonais des Finances, Masajuro Shiokawa, selon lesquels le billet vert pourrait tomber en dessous des 115 yens, le dollar devait faire l’objet d’attaques à la baisse, surtout après que des sénateurs américains eurent réclamé hier la démission du président de la SEC, Harvey Pitt. Celui-ci est accusé d’être « lent et timide pour affronter les abus comptables alors qu’il n’a pas su se distancer suffisamment de ses anciens clients ». Allusion au fait qu’avant d’être nommé par le président George W. Bush à ce poste, M. Pitt était un avocat qui avait notamment pour clients les grands cabinets d’audit comptable aux États-Unis. C’est dans ce contexte que le dollar devait renouer avec la baisse, se négociant à New York à 0,9875 pour un euro contre 0,9735 vendredi dernier, à 1,5390 pour un sterling contre 1,5230, à 1,4880 FS contre 1,5065 et à 118,55 yens contre 120,35. En Bourse, les marchés américains des valeurs mobilières ont reviré à la baisse hier, Wall Street perdant 1,12 % et Nasdaq 2,95 % en clôture, les investisseurs ayant pris leurs bénéfices après l’envolée de vendredi dernier qui a eu lieu sur un marché très étroit au lendemain de la fête de l’indépendance. Des informations dans la presse américaine sur les méthodes comptables de Merck et de Reliant Resources ont offert un prétexte supplémentaire pour vendre, ainsi que les accusations lancées par des sénateurs contre le chef de la SEC. Le déclin de la cote s’est accéléré en fonction aussi des déclarations de responsables de WorldCom au Congrès. Dans le sillage des places américaines, les marchés d’actions européens ont également terminé en baisse, après avoir réduit leurs pertes initiales, les investisseurs ayant décidé de minimiser les nouvelles craintes sur la comptabilité des entreprises soulevées par Merck. Pourtant, toutes les valeurs européennes de la santé ont souffert particulièrement de cette information. À Beyrouth, la livre libanaise continuait à être recherchée contre le dollar sous le rapport de la rentabilité. Mais après le maintien par la BDL de sa fourchette d’intervention entre 1 501 et 1 514 LL, le billet vert devait être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL et négocié sur le marché interbancaire entre 1 513,25 et 1 513,50 LL. À la Bourse de Beyrouth, c’est le statu quo avec le maintien de 18 869 actions A de Solidere à 4 1/4 $, de 50 000 actions C de la Banque Audi à 14 1/2 $ et de 6 000 actions de Holcim-Liban à 19/32 $. Élie KAHWAGI
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