Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a évoqué dans des termes encore vagues une relance du processus politique soumise, selon des analystes, à des conditions qui laissent peu d’espoir de déblocage imminent. Des mesures sont discutées en haut lieu au gouvernement « pour promouvoir le processus politique », à la suite du discours du président américain George W. Bush sur le Proche-Orient le 24 juin appelant à la mise à l’écart du président palestinien Yasser Arafat, a indiqué lundi le porte-parole de M. Sharon, Ranaan Gissin. Mais « le temps n’est pas venu d’en détailler les étapes », a dit le chef du gouvernement devant le groupe parlementaire de son parti, le Likoud (droite). Interrogé par la presse, il s’emporte : « Vous, les journalistes, vous pensez généralement que je n’ai pas de programme, ou vous parlez de programmes que je n’ai pas. À la fin, vous verrez que j’ai bien un programme et que je travaille dessus, mais que je sais comment garder le secret. » Les observateurs, eux, ne croient pas en « une percée », selon l’expression du politologue Shmuel Sandler, de l’Université Bar-Ilan de Tel-Aviv : « Je ne pense pas que l’on puisse espérer grand-chose dans l’immédiat, vu l’équilibre des forces » du côté palestinien comme israélien. « À court terme, Sharon ne bougera pas avant un changement » à la tête de l’Autorité palestinienne, opine Yaacov Bar-Siman-Tov, professeur de relations internationales à l’Université hébraïque de Jérusalem. L’annonce de M. Sharon relèverait plutôt de la réponse nécessaire au discours de M. Bush, qui avait aussi demandé un soutien à la création d’un État palestinien « viable ». Le gouvernement « essaie de montrer un peu d’initiative. Tôt ou tard, les États-Unis le lui demanderont », explique M. Bar-Siman-Tov. Aux ministères de la Défense et des Affaires étrangères, tenus par deux dirigeants travaillistes, on préférait mardi ne pas faire de commentaire sur ces discussions politiques, auxquelles M. Sharon a précisé les avoir associés. « S’adresser directement aux Palestiniens » Dans l’immédiat, le bureau du Premier ministre a annoncé un allègement du fardeau sur le quotidien des Palestiniens, avec la levée partielle du couvre-feu sur les villes réoccupées de Cisjordanie. Israël veut aussi prendre en charge l’aide internationale à cette population, en contournant le régime de M. Arafat, qualifié de « corrompu ». Selon M. Gissin, Israël est en contact avec les agences humanitaires pour que l’aide soit transférée aux Palestiniens via les barrages routiers israéliens en Cisjordanie. « Sharon ne veut pas négocier avec Arafat. S’il est malin, il essaiera de s’adresser directement à son peuple », explique M. Bar-Siman-Tov. Dans cette même perspective, l’universitaire évoque les taxes qu’Israël doit reverser à l’Autorité palestinienne, d’un montant estimé à près d’un milliard USD, et qu’il retient dans ses coffres depuis le début de l’intifada. « Cet argent pourrait être versé aux maires palestiniens, ce serait un geste encourageant », suggère-t-il. En annonçant des initiatives politiques, Sharon suit en outre son propre calendrier politique. Alors que la campagne des élections d’octobre 2003 approche, il devra répondre aux critiques de son ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer et possible rival travailliste, sur la nécessité d’un « horizon politique ». Dans le même temps, il devra garder la confiance des faucons de son parti, qui doit investir son candidat, sans doute en octobre, analyse M. Sandler. « Nous y verrons peut-être plus clair cet automne », ajoute-t-il. « La meilleure chose que l’on pourra ensuite espérer, c’est un accord intérimaire », selon M. Sandler, pour qui M. Sharon « à la fin sera d’accord pour une forte autonomie ». Le Premier ministre « sait qu’il n’y a pas de solution militaire aux kamikazes, seulement une solution politique », estime M. Bar-Siman-Tov.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a évoqué dans des termes encore vagues une relance du processus politique soumise, selon des analystes, à des conditions qui laissent peu d’espoir de déblocage imminent. Des mesures sont discutées en haut lieu au gouvernement « pour promouvoir le processus politique », à la suite du discours du président américain George W. Bush sur le Proche-Orient le 24 juin appelant à la mise à l’écart du président palestinien Yasser Arafat, a indiqué lundi le porte-parole de M. Sharon, Ranaan Gissin. Mais « le temps n’est pas venu d’en détailler les étapes », a dit le chef du gouvernement devant le groupe parlementaire de son parti, le Likoud (droite). Interrogé par la presse, il s’emporte : « Vous, les journalistes, vous pensez généralement que je n’ai pas de programme,...