Les collections du prêt-à-porter Dior pour l’hiver prochain sont directement inspirées de la civilisation inca, au Pérou. Durant le défilé, les mannequins en bonnets des Andes, qu’une crête de fils de laine transformait en casques de centurion, paradaient bottés de peaux de bête retenues par des lanières de cuir. Flanquées de sacs multipoches, elles défilaient telles des conquérantes à peine débarquées de la cordillère des Andes. On imagine facilement la surprise provoquée par l’arrivée de ce bataillon de conquérantes, habillées par Galliano de jupons à godets ourlés de pompons ou brodés de soie. De la laque or ou des broderies pour les pulls relookés aux couleurs et au goût aztèques. Des blouses de mousseline aux impressions toujours aztèques et, comble du snobisme, de la zibeline travaillée à l’envers, tous poils rentrés, peinte de motifs cachemire... John Galliano a broyé dans son robot mélangeur siècles et continents, vogues et époques, mœurs, goûts et coutumes. Amusant et spectaculaire, l’ensemble réjouit et divertit même s’il n’habille pas, du moins, le commun des mortels. Mais les clientes Dior ne sont ni de braves mères de famille ni de laborieuses abeilles ouvrières. L’extravagance créative de Galliano s’adresse à des femmes à l’affût de l’inédit et de l’unique, du choc sans nécessairement du chic. Des robes en velours ou en jean sont recouvertes de housses tricotées au crochet, drapées sur les hanches. De la créativité, de l’art, de l’imagination et de l’audace. Mais pareil défilé, qui constitue un régal pour les yeux et un marathon d’audaces sur le plan de la créativité, ne s’adresse qu’aux happy few privilégiés, assez héroïques pour étrenner ces géniales extravagances. Mais il est certain qu’avant de descendre dans la rue, cette mode surréaliste subira maintes adaptations qui ne garderont de ces hallucinantes audaces que quelques références. Ce n’est pas demain qu’on verra au centre-ville des Incas à casque de centurion attablés aux cafés-trottoirs... Commerce du luxe Tendances, vogues et lubies De New York à Los Angeles et de Paris à Rome, les «branchés» se reconnaissent par leur vocabulaire. NBT, par exemple, remplace le poussiéreux terme «trouvaille» qui fait penser à vieux collectionneur... N (pour new), B (pour big), T (pour thing). «New Big Thing» est donc le terme qui consacre une découverte: une mode, un lieu, un événement, une œuvre ou une nouvelle venue. Classé NBT égale à une popularité immédiate. Aux États-Unis, ces trois mots sont devenus la formule de consécration de la tendance «nouveau cri». Dans les cercles «intello» USA, on vient d’inspirer un magazine expérimental, The New Big Thing, qui concrétise le mouvement dans le monde des idées et des images. La mode y trouve sa place à côté de l’anticonformisme, l’antipub et le pouvoir des hommes... «La mode actuelle devient intelligente», précise la rédaction de la nouvelle revue branchée qui se veut le porte-parole de la modernité en général et de la tendance NBT. Libéré de son label «futilité», le vêtement devient «scientifiquement avancé»... Des habits qui non seulement couvrent la nudité mais surveillent aussi les rythmes du corps et en particulier ceux du cœur. Vestes, robes, manteaux veilleront sur l’équilibre, la bonne marche, le confort de l’organisme et du corps de ceux qui les portent, annoncent les initiés. Le progrès ne s’arrête pas là... Serviables et intelligents, «les éléments vestimentaires» permettent déjà des équipements de haute technicité. Les téléphones portables sont camouflés, dûment miniaturisés, dans l’épingle à cravate ou les boîtiers des montres. Les lunettes sont connectées à l’Internet, permettant de faire son jogging en suivant les cours de la Bourse. Un nouveau terme franco-anglais désigne déjà la nouvelle «crème humaine» bénéficiaire de ces miracles techno: la «tastelite», dérivé de taste, mot anglais désignant le bon goût de cette élite détentrice d’un raffinement onéreux. Ce précieux édifice social serait basé sur la loi du secret, la confidentialité totale. En d’autres termes: l’antipub. Une nouvelle orientation du marketing futur: la mise en place d’une culture basée sur l’exclusif. Selon les penseurs de la profession, c’est là «un dynamiseur irremplaçable de la densité du désir d’acquisition». En termes courants, «un promoteur drôlement efficace!». D’après l’Américaine Faith Poperu, la prophétesse économique la plus écoutée aux États-Unis, le pouvoir économique appartient déjà aux femmes. Selon ses évaluations, elles achètent 50% des appareils informatiques (ordinateurs). Quatre-vingt pour cent des achats auto sont effectués par elles et 75% des médicaments vendus sous ordonnance sont destinés (et achetés) par elles. Parallèlement, le «Pink Marketing», le si juteux marché de la cosmétique, alimenté substantiellement sinon exclusivement par le «pouvoir gay», annonce de mirobolantes perspectives pour les temps à venir... Mais d’ici là, on aura peut être supprimé les sexes... Été 2002 Le rose en tête L’été se voit en rose... Qui s’en plaindrait? Teinte flatteuse, rien qu’à l’idée de voir les rues se remplir de dames habillées à la Barbara Cartland on éclate de rire. Et pourtant... Couturiers et créateurs ont à l’unanimité adopté cette teinte tendre pour matérialiser leur vision de la mode estivale. N’en déplaise aux élégantes guindées, c’est bien en Barbie(s) qu’elles vont se déguiser cet été. Du maquillage à la lingerie, de la robe du soir à la tenue de plage, de la jupe à volants au deux-pièces, la gamme des roses déroule ses nuances. Tendre et joyeuse, la couleur fêtée n’est pas ingrate. Au teint le plus terne, elle prête sa douceur, à l’humeur en berne son doux optimisme. Aux personnes âgées, elle dispense de la tendresse et s’accommode en souriant avec le blanc d’une chevelure... Discrète et maternelle pour les teints fatigués, elle souligne l’éclat des jeunes pommettes enfiévrées d’amour ou d’impatience... Mais attention, le rose est une teinte exclusive. Joyeuse et tendre en solo, elle hurle en camaïeu et jure servie en overdose... Tout doux aussi avec ses tons... Car en bonne musicienne, Madame la rose aime la mesure et l’harmonie discrète. En marge d’une exposition Le style Carven au musée Galliera Quatre mois durant, le musée Galliera de Paris a proposé une rétrospective consacrée à Carmen Carven, devenue une des grandes griffes de la haute couture. Cet hommage «à la plus petite des grands couturiers» ne se réfère nullement à son art mais à sa taille. Mince et menue, désespérée de ne pas trouver des habits à sa taille, elle se mit à les dessiner elle-même... Cinquante-deux ans plus tard, une vaste exposition relate l’extraordinaire parcours de ce bout de femme qui a réussi à imposer sa griffe et son talent parmi les grands de la mode du XXe siècle. Quatre-vingt de ses créations viennent de faire l’objet d’une donation au musée Galliera. Chaque modèle est accompagné d’une foule de documents, croquis et photographies prises par Jacques Henri Lartigue, le célèbre photographe du XXe siècle. Une carrière de pionnière de la mode, due à quelques centimètres de taille en moins, illustrée aujourd’hui par cette rétrospective. «Carven est la créatrice d’une mode à son image, jeune, désinvolte, proche et amicale envers les femmes qu’elle habille», commente Olivier Saillard, commissaire de l’exposition. La rétrospective organisée par le musée Galliera intègre l’œuvre à la vie de la créatrice, durant la période 1945-1960. «Quinze ans qui ont posé les bases de son style. Pour moi, il s’agit d’un maillon entre la haute couture, un peu trop haute, des années 50, et le «prêt-à-porter des années 60...». On doit à Carven l’introduction des tissus «peu nobles» pour des robes couture. Les cotonnades de Vichy à petits carreaux ainsi que les fameuses rayures vertes et blanches qui deviendront l’emblème de sa maison de couture. Ses robes sont conçues pour «aider à vivre» et non plus à parader. «Des robes, comme elle disait alors, sans souci et sans histoire. Construites pour prendre quelques centimètres de taille aux femmes qui en ont besoin...». Carven serait en fait la première «haute» couturière sortie de la tour d’ivoire de sa profession. La première à avoir «pensé» une garde-robe pour «femmes actives», des vêtements faciles à porter et à plier dans une valise. Pour Olivier Saillard, «elle annonce les collections croisière des maisons de couture». Femme de tête, Carven a été la première à avoir l’idée de vendre ses parfums dans les aéroports et d’habiller les hôtesses de plus d’une quarantaine de compagnies d’aviation. Quatre-vingt modèles, dont un fourreau noir commandé par Helena Rubinstein, la fameuse robe «Ma griffe», la robe de mariée d’Anne-Aymone Giscard d’Estaing et d’autres tenues mémorables, sont exposés dans des armoires hautes de cinq mètres et larges de plus de deux mètres, conçues par le scénographe Stéphane Maupin. Heureux les peuples qui vénèrent leur mémoire... Lèvres pulpeuses à tout prix? Voilà deux ans déjà que la bouche se porte pulpeuse... Tant qu’il s’agit d’une mise en valeur sans autre recours que le maquillage, la vogue ne présente aucun risque. Mais si le recours à la chirurgie s’avère nécessaire, la prudence est de mise. Les spécialistes conseillent le recours aux antirides biodégradables, à base d’acide hyaluronique, même s’ils nécessitent des retouches, car ils ne présentent pas de risques de séquelles cutanées, tout en laissant la possibilité de changer d’avis, ce qui n’est pas le cas avec les implants dont les résultats sont définitifs. La réussite de l’intervention se mesure à l’amélioration de l’aspect général du visage sans qu’une personne non avertie repère le facteur de cet embellissement. Plusieurs étapes En médecine esthétique, la demande la plus fréquente est celle du comblement des ridules du pourtour de la bouche qui vieillissent le sourire. L’intervention se fait en plusieurs étapes: comblement des ridules de la lèvre supérieure, remodelage, si nécessaire, de la partie où s’applique le rouge à lèvres. Le tout progressivement afin que le résultat soit très naturel. Plusieurs séances sont nécessaires à la réalisation de cette étape. Fait idéalement avec des substances résorbables, le remodelage de la bouche nécessite plusieurs séances. Il peut être renouvelé trois ou quatre fois par an. Un léger hématome et un gonflement sont à prévoir durant les 24 heures qui suivent l’intervention.
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