Il serait absurde de discuter les immenses avantages des pesticides que tirent l’agriculture et l’économie de tout pays. Mais des voix s’élèvent dans certains pays évolués pour signaler, preuves à l’appui, le risque des pesticides pour l’environnement, y compris la terre et l’eau. Selon de récentes études entreprises dans certains pays de la Communauté européenne, les désherbants seuls sont responsables d’un taux élevé de la pollution des eaux et de larges surfaces du sol. «Pour ces surfaces, avertissent les associations qui luttent pour la qualité de l’environnement, le risque environnemental est beaucoup plus élevé, même s’il est difficile de différencier la part de responsabilité entre zones agricoles et zones non agricoles». Or les fabricants et les distributeurs n’informent pas le public, et en particulier les amateurs jardiniers, sur les conséquences des pesticides dans les jardins et les diverses cultures. Quand, comme le signale le rapport des associations européennes qui luttent pour la qualité de vie, fabricants et distributeurs n’incitent pas plutôt à la surconsommation, comme le démontre une enquête récente. «Les pesticides sont vendus comme des fruits et légumes», accusent les spécialistes en problèmes de l’environnement. Négligence ou ignorence volontaires, demandent-ils. Autre ambiguïté suspecte: celle du danger des pesticides pour la santé des usagers. Les particuliers amateurs de jardinage ou de culture végétale ne sont pas incités à se protéger convenablement par des équipements protecteurs adéquats: lunettes, gants spéciaux, combinaisons, bottes ou chaussures appropriées. Seule une petite minorité de revendeurs de tels équipements transmettent messages, conseils de prévention et avertissements. Or, selon un rapport du Comité français de prévention et de précaution publié en mars 2002, il existe un risque accru de cancers et de malformations génitales relevés chez des nourrissons suspecté lié aux pesticides. Ainsi que des liens «suspects» avec la maladie de Parkinson. Quant aux mentions commerciales «biodégradables» stipulant la décomposition du produit par des micro-organismes naturels, elles induisent les consommateurs en erreur, selon les écologistes. Car ces produits sont, en principe, biodégradables en fonction des sols qui les accueillent. Utilisé tel produit sur une terrasse n’a pas une répercussion similaire sur un sol composé de micro-organismes. Il s’agit, en conséquence, selon les rapports des associations protectrices de l’environnement, de publicité mensongère lorsque le produit n’indique pas cette différence. Toutes ces observations incitent à la prudence. La pollution des eaux est un problème grave pour être ignoré ou négligé, même si l’usage des pesticides pour des raisons évidentes est une nécessité absolue. Il est toutefois bon que le public en soit averti, compte tenu de la banalisation des pesticides. Maintenir les usagers dans un état de sous-information à propos des risques de ces miraculeux produits serait un abus grave. Dans le doute, le mieux serait d’avertir le public et en particulier les amateurs de terrasses fleuries des risques des pesticides en modérant leur usage. Tout en les avertissant du caractère trompeur de certains textes publicitaires portés sur les emballages. Le diabète de la maturité Mal sournois, le diabète gras est caractérisé par une augmentation du taux de sucre dans le sang, situé normalement à 1,26 g/l. Des années durant, cette sournoise maladie évolue subrepticement pour apparaître après la quarantaine chez les individus génétiquement prédisposés. L’excès pondéral important, surtout s’il est localisé sur le ventre, et l’existence d’une hypertension sont des facteurs désignant un sujet susceptible de développer un diabète «de la maturité». Cette anomalie est généralement découverte lors d’un contrôle de routine ou d’une complication. Elle est précédée toujours d’une période de prédiabète au cours de laquelle le muscle surchargé de graisse résiste à l’action de l’insuline. Celle-ci est une hormone sécrétée par le pancréas, dont le rôle consiste à permettre l’utilisation du glucose par le foie, les muscles et le tissu adipeux. De ce fait, toute «consommation» de sucre est annulée. Le taux de graisse dans le sang s’élève, tandis que le pancréas s’épuise à produire de l’insuline en quantité afin d’éliminer le sucre inutile. La glycémie (taux du glucose sanguin) hausse rapidement dans le sang. Lorsqu’elle dépasse 1,80 g par litre, le sucre se fixe sur les protéines organiques qu’il solidifie («caramélise»). Le résultat se traduit par un ensemble de matières indésirables déposées sur les parois artérielles; un engorgement néphrétique et une agression grave des petits vaisseaux irriguant la rétine oculaire. Le tout, sans que le sujet ressente le moindre signe ou dérangement de ce morbide processus. La maladie évolue silencieusement jusqu’au jour où une complication signale la gravité. Un dépistage précoce et l’adoption d’une hygiène de vie adéquate suffisent, pourtant, à barrer le processus de graves complications. Qu’il s’agisse de prédisposition génétique ou de mauvaise hygiène de vie, les programmes médicamenteux adaptés à chaque cas ainsi qu’une surveillance alimentaire permettent de faire face à cet état sans risques imprévisibles. En résumé, les principes diététiques visent à réduire les apports de sucre, surtout de sucre rapide, afin de combattre la hausse de la glycémie sanguine. L’alimentation doit donc être allégée en graisse afin de favoriser la perte de poids pour soulager le pancréas. Alcoolisme Le rôle de la dopamine D2 Une étude de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale en France) a établi un constat complet du rôle négatif joué par l’alcoolisme. L’originalité de ce document consiste dans le fait qu’il étend le champ de ses recherches sur le domaine social et non plus uniquement sur celui de la santé. Selon cette étude, l’alcoolisme constitue une importante cause de mortalité. Cette incidence est plus fréquente chez les employés et les ouvriers que chez les cadres supérieurs, semble-t-il. Les veufs et les divorcés totalisent par ailleurs trois fois plus de victimes que les personnes mariées, tandis que les hommes seraient quatre fois plus nombreux que les femmes à être atteints d’alcoolisme. Parmi ces cas, 50% des alcooliques disparaissent à la suite de cancers liés à l’abus d’alcool et les autres de cirrhose. Il semble que l’alcoolisme chronique est plus meurtrier dans les régions du Nord que dans le Sud sans qu’on puisse pour l’instant expliquer cette disparité. La thérapie génique, un remède possible? Des chercheurs ont eu récemment l’idée d’utiliser la thérapie génique dans le traitement de la dépendance à l’alcool. On sait, en effet, que l’abus de l’alcool accroît la production de dopamine D2, neurotransmetteur du plaisir, par le cerveau. Il détruit, toutefois, simultanément bon nombre de récepteurs cérébraux, ce qui incite le consommateur à augmenter les apports pour atteindre la même sensation. Des chercheurs ont eu l’idée d’utiliser la thérapie génique pour tenter de guérir la dépendance de rats alcooliques. Après avoir inoculé un virus inactif, véhiculant le gène du récepteur à la dopamine, ils ont réussi à obtenir des résultats plus que prometteurs. Trois jours après l’inoculation, les rats qui préféraient l’alcool à l’eau ont enregistré une baisse de 80% à 20% de leur consommation alcoolique. Parallèlement, ceux qui n’avaient pas de préférence entre eau et alcool ont développé une préférence unanime pour l’eau, devenant totalement abstinents. Une nouvelle voie vient ainsi de s’ouvrir dans le traitement futur de l’alcoolisme. Alimentation La réforme des régimes La conception des régimes alimentaires dans le traitement des maladies a évolué considérablement. Aujourd’hui, il n’est plus question de supprimer totalement des catégories d’aliments dits «défendus». Il s’agit plutôt de réduire ceux qui sont en excès... Les lipides, pour ceux qui souffrent d’un excès de cholestérol, ou bien les glucides, pour les diabétiques, ne sont plus diabolisés mais réduits. Et il en est de même pour le gras concernant les candidats à l’amaigrissement. Ces substances, bannies de certains régimes, sont indispensables pourtant pour l’organisme. Mais tout est question de quantité. Ainsi, pour lutter contre le froid, améliorer la souplesse des membres, assurer le transport des vitamines liposolubles et contribuer positivement au fonctionnement cérébral, le gras est indispensable. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue qu’il existe des composants génétiques qui favorisent l’apparition de certaines déficiences et bon nombre de maladies. L’équilibre alimentaire, par ailleurs, n’est pas calculé sur 24 heures, ni sur sept jours mais sur un mois ou quarante jours. La fausse réputation de la margarine Malgré la réputation bien ancrée de la margarine en tant que produit de régime, cet aliment contient la même quantité de matières grasses que le beurre! Il ne s’agit donc nullement d’un produit de régime. Comparable aux matières grasses de l’huile, la margarine apporte 750 calories aux 100 grammes. À savoir, l’appellation «margarine» indique toute substance autre que le beurre, mais dont l’aspect et l’usage lui ressemblent. Beurre et margarine sont des émulsions qui contiennent au maximum 16% d’eau, ou de lait ayant subi une fermentation lactique pour développer un arôme. La phase grasse (environ 82%) est composée de graisses différentes, selon le produit. Les bienfaits de la margarine sont liés à la composition de sa masse grasse, plus riche en acides gras polyinsaturés, donc utiles pour lutter contre l’hypercholestérolémie. Les margarines et beurres allégés sont des émulsions plus riches en eau, plus pauvres en arôme et donc en calories, ce qui est toujours intéressant dans le cadre d’un régime restrictif en matière de calories.
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