Les demi-finales de la XVIIe édition de la Coupe du monde de football qui opposeront le Brésil à la Turquie et l’Allemagne à la Corée du Sud sont aussi inédites qu’exotiques. La Corée du Sud s’est en effet qualifiée samedi au détriment de l’Espagne aux tirs au but (0-0 et 5 t.a.b 3) alors que la Turquie a sorti le Sénégal grâce à un but en or inscrit par Ilhan, quatre minutes après le début de la prolongation, le temps réglementaire s’étant cette fois encore achevé sur un score vierge. La première demi-finale entre la Corée du Sud et l’Allemagne aura lieu mardi à Séoul alors que le Brésil et la Turquie, déjà adversaires lors d’un match de poule, se retrouveront mercredi à Saitama (Japon). Corée en folie Quatre jours après avoir sorti l’Italie au but en or, la Corée a ainsi réalisé un nouvel exploit en éliminant une autre équipe européenne, l’Espagne, qui avait pourtant eu 48 heures de repos supplémentaire. Visiblement émoussés, les Asiatiques n’ont pourtant pas évolué au niveau de leurs dernières sorties victorieuses contre la Pologne (2-0), le Portugal (1-0) et l’Italie. Mais, une nouvelle fois, le petit brin de réussite jouant souvent en faveur des pays organisateurs, comme la France en 1998 avec le but en or de Laurent Blanc, est venu leur donner un petit coup de pouce. Les équipiers de Fernando Hierro, qui ignoraient alors qu’il disputait son dernier match international, ont bien marqué à deux reprises, et même tiré sur le poteau. Mais ces buts ont été refusés par l’expérimenté arbitre égyptien Gamal Ghandour, international depuis 1993 et qui dirigeait son huitième match de Coupe du monde, après avoir également arbitré la finale de la Coupe d’Afrique des nations. Ces références n’ont pas empêché la polémique sur l’arbitrage d’éclater une nouvelle fois, l’Espagne rejoignant l’Italie dans la critique acerbe. Certains joueurs espagnols ont en effet immédiatement crié au hold-up affirmant que les buts étaient bien valables et qu’il était injuste de quitter le Mondial invaincu, dénonçant presque l’épreuve de tirs au but qui leur avait permis de se qualifier en huitième de finale contre l’Eire... Une épreuve pour laquelle ils partaient effectivement avec un petit handicap dans la mesure où les Coréens sont habitués à cet exercice, tous les matches nuls de leur championnat national étant départagés par les tirs au but. Les cinq Coréens ont accompli leur devoir sans coup férir alors que Joaquin, visiblement blessé, voyait son essai impeccablement détourné par Lee Woon-jae. Premier pays asiatique à se qualifier pour les demi-finales d’une coupe du monde, la Corée du Sud est en revanche parfaitement dans la ligne des performances réussies par les pays organisateurs qui ont remporté six fois le tournoi et sont arrivés au minimum au stade des quarts de finale, à l’exception des États-Unis en 1994 et du Japon, l’autre hôte de cette édition, en 2002. La revanche En revanche, la belle aventure du Sénégal, tombeur de la France championne du monde en match d’ouverture (1-0), s’est arrêtée à Osaka, stoppée net par une solide et expérimentée équipe de Turquie qui rêvait de retrouver le Brésil après son échec du 3 juin sur un penalty sévère sifflé à trois minutes de la fin (2-1). Le match a été beaucoup plus ouvert que l’indique le score vierge, les deux formations se créant de multiples occasions, sans parvenir toutefois à les concrétiser. Et paradoxalement, comme pour la Corée, c’est l’équipe qui a eu 48 heures de moins pour récupérer qui s’est finalement imposée en prolongation. Le but en or du remplaçant Ilhan, sur un centre de Umit Davala, récompensait finalement l’équipe la plus complète et la plus soudée. Ce n’est pourtant que la deuxième fois que la Turquie participe à la phase finale, 48 ans après son échec en Suisse. Mais le Brésil, qui sera privé de Ronaldinho suspendu et peut être de Ronaldo, qui connaît des problèmes musculaires, a des soucis à se faire. La Corée du Sud rêve de nouveaux exploits La Corée du Sud poursuit sa formidable aventure en Coupe du monde après sa victoire aux tirs au but (5-3) en quart de finale contre l’Espagne samedi. Après un match nul 0-0, le gardien Lee Woon-jae a arrêté le quatrième penalty espagnol tiré par Joaquin, touché aux adducteurs pendant la prolongation avant que Hing Myung-bo ne transforme sa tentative. Alors qu’elle n’avait jamais remporté un match de Mondial en cinq participations, la Corée du Sud devient la première équipe asiatique à atteindre les demi-finales d’une Coupe du monde. Elle affrontera l’Allemagne à Séoul mardi au prochain tour et, comme ses millions de supporteurs descendus dans les rues au coup de sifflet final, se prend à rêver d’exploits supplémentaires. « Je ne peux pas décrire ce que je ressens, s’est enthousiasmé Guus Hiddink, le sélectionneur néerlandais de l’équipe sud-coréenne. Je suis tellement heureux pour les gars. » « Les garçons ont réussi un énorme exploit » , a-t-il ajouté. Les Sud-Coréens ne bénéficient désormais que de trois jours pour récupérer d’un deuxième match consécutif conclu sur une prolongation après le huitième de finale victorieux contre l’Italie grâce à un but en or. « Nous n’avons rien à perdre » « Nous allons aborder le prochain match contre l’Allemagne avec, comme d’habitude, une bande de chiens enragés », a pourtant prévenu Hiddink. « Nous sommes allés si loin, nous n’avons rien à perdre et nous allons jouer comme nous aimons le faire. » Après l’Italie en huitième, la Corée du Sud a éliminé un nouveau favori au titre mondial. Si, lors des deux précédentes confrontations en Coupe du monde entre les deux pays, neuf buts avaient été marqués, avec une victoire 3-2 de l’Espagne en 1990 et un nul 2-2 en 1994, le crû 2002 n’a pas laissé les mêmes saveurs offensives. En l’absence de Raul, blessé aux adducteurs, le sélectionneur espagnol Camacho ne modifiait pas son 4-4-2. Avec la rentrée de Nadal associé en défense centrale à Fernando Hierro, Ivan Helguera montait au milieu de terrain et Juan Carlos Valeron soutenait Morientes en attaque. Dans la chaleur du milieu d’après-midi, les deux équipes livraient un début de match prudent. Les deux adversaires s’observaient, les Espagnols se méfiant visiblement des Sud-Coréens. « La Corée a eu plus de chance » Seuls un retourné acrobatique de Ruben Baraja sans danger pour le gardien sud-coréen Lee Woon-jae (18e) puis une tête de Morientes (27e) égayaient une première demi-heure sans grand relief. Dans les derniers instants de la première période, l’Espagne pressait devant le but sud-coréen. À la 42e minute, sur un centre de Joaquin titularisé à droite du milieu du terrain à la place de Luis Enrique, Morientes était trop court pour tromper Lee à bout portant. Puis une frappe de De Pedro à l’entrée de la surface passait au ras du poteau gauche sud-coréen. Une tête de Hierro sur corner juste au-dessus de la transversale inquiétait une dernière fois les Sud-Coréens avant la pause. « Nous nous sommes battus jusqu’au bout et avons été sortis parce que la Corée a eu plus de chance que nous », a regretté Camacho après le match. La deuxième mi-temps débutait sur le même rythme que la première. Les Sud-Coréens, incapables d’accélérer le jeu comme lors des matches précédents, n’inquiétaient pas Iker Casillas jusqu’à la 67e minute. Deux buts espagnols refusés Sur un corner de la droite, Park Ji-sung au deuxième poteau contrôlait de la poitrine et expédiait une puissante frappe du droit qu’Iker Casillas déviait d’une main très ferme. Dans les arrêts de jeu, le gardien espagnol bloquait une frappe du droit de Lee Chun-soo et envoyait les deux équipes en prolongation. Dès la deuxième minute de cette prolongation, l’arbitre refusait un but en or à Morientes, son juge de touche lui ayant signalé à tort que le ballon était sorti en six mètres avant le centre de Joaquin. Morientes était encore tout près d’envoyer les Espagnols en demi-finale à la 100e minute mais sa reprise du droit s’écrase sur le poteau gauche de Lee, battu. À la 110e minute, une contre-attaque sud-coréenne était contrée au dernier moment par la défense espagnole avant qu’un nouveau but ne soit refusé à Morientes pour un hors-jeu peu évident. « Je pensais que l’arbitre serait plus juste dans un quart de finale comme celui-ci », a commenté Camacho. L’Espagne tourne une page, les jeunes arrivent Éliminée aux tirs au but par la Corée du Sud en quart de finale, l’Espagne va tourner une page pour donner sa chance à une nouvelle génération de joueurs dont certains ont brillé en Asie. « Une étape se termine », expliquait Fernando Hierro en annonçant sa retraite internationale après le Mondial. Hierro, justement, et Miguel Angel Nadal, 69 ans à eux deux, composaient la charnière centrale contre la Corée. S’ils ont bien répondu aux attentes du sélectionneur lors du Mondial, les deux hommes vont désormais se consacrer à leurs clubs respectifs, le Real et Majorque, après des carrières internationales bien remplies. Hierro, « le capitaine », a ainsi participé à quatre Coupes du monde et deux Euros portant le maillot national à 89 reprises, le record espagnol pour un joueur de champ, et détenant pour quelques semaines encore le record de nombre de buts marqués par un international (29, devant Raul 28). Quant à Nadal, ancien du FC Barcelone, sa carrière internationale l’a mené à trois Coupes du monde pour 63 capes. Un troisième pilier devrait également prendre sa retraite internationale : Luis Enrique. Le milieu de terrain, âgé de 32 ans, qui a souvent incarné la « furia espagnole », devrait lui aussi tirer sa révérence avec 62 sélections (12 buts) et trois Coupes du monde. Cette génération qualifiée de « dorée » par les Espagnols après le titre olympique de 1992 de Barcelone (sans Hierro ni Nadal, mais avec Luis Enrique) quitte la scène sans finalement avoir pu confirmer au plus haut niveau. Son bâton de maréchal : les quarts de finale en Corée et aux Etats-Unis. Ses autres figures : Josep Guardiola, Ferrer, Alfonso, Kiko Narvaez, Toni. Classe biberon Qui va reprendre le flambeau ? Au premier rang : l’inévitable Raul, qui n’a finalement que 24 ans et devrait désormais porter le brassard de capitaine. Le joueur a réalisé un bon Mondial (3 buts), mais n’a pu participer au quart de finale en raison d’une blessure. Investi de nouvelles responsabilités, Raul représente à lui seul une garantie de résultats. Il sera de plus soutenu par des joueurs déjà expérimentés ayant entre 25 et 30 ans comme le meneur de jeu basque Gaizka Mendieta (Lazio Rome), qui promet de renaître les prochaines saisons, le polyvalent milieu du Real Madrid Ivan Helguera, qui devrait succéder à Hierro en défense, et le meneur de jeu Ruben Baraja, devenu le patron de Valence. L’éclosion de l’attaquant du Deportivo, Diego Tristan, qui a effectué ce Mondial sur une jambe, et celle du milieu Sergio (La Corogne) devraient aussi renforcer l’équipe. Mais, plus important, l’Espagne dispose d’une classe biberon de niveau international issue de la sélection olympique finaliste des Jeux olympiques de Sydney (défaite aux tirs au but contre le Cameroun). Carles Puyol, 23 ans, titulaire indéboulonnable du Barça et de la sélection, est parti pour une carrière similaire à celle du sélectionneur José Antonio Camacho. David Albelda, 24 ans, est le complément idéal de Baraja à Valence. Xavi (Barcelone), 22 ans, encore vert, s’annonce comme le meneur de jeu que l’Espagne attend depuis des années. Luque, 23 ans, a montré de réelles qualités et devrait partir de Majorque dans les prochains jours. À ces quatre vice-champions olympiques, il faut ajouter le gardien de but Iker Casillas, 21 ans, auteur d’un superbe Mondial, qui avait décliné la sélection olympique pour se consacrer à son club, le Real. Si Camacho n’a pas réussi à atteindre le dernier carré, il a toutefois su préparer son équipe à un changement de cadres. Cette nouvelle Espagne devrait être opérationnelle dès l’Euro 2004, au Portugal. La Turquie met fin à l’épopée du Sénégal La Turquie, pour sa deuxième participation à un Mondial de football, s’est qualifiée pour les demi-finales de l’édition 2002 en battant (1-0 but en or) le Sénégal, tombé avec les honneurs pour sa première Coupe du monde, samedi à Osaka. Mercredi, les Turcs, qui n’avaient jusque-là participé qu’au Mondial de 1954 (premier tour), rencontreront le Brésil en demi-finale à Saitama. Une rencontre que l’équipe de Senol Gunes attendait depuis sa défaite au premier tour face à la Seleçao (2-1), qu’elle estimait imméritée, avec deux exclus (Alpay et Hakan Unsal). Pour le Sénégal, qui avait notamment battu la France championne en titre lors du match d’ouverture (1-0), en revanche, c’est la fin du rêve. Il a fallu attendre la 94e minute, et la prolongation, pour voir le seul but du match, un but en or d’Ilhan, entré en cours de jeu et auteur d’une reprise instantanée du droit sur un centre d’Umit Davala de la droite. La rencontre avait démarré tambour battant, autant sur le terrain que dans les tribunes où les tams-tams sénégalais n’en finissaient pas de retentir. Les Turcs, très vifs, débordaient fréquemment les Sénégalais, par des combinaisons Hakan Sukur-Hasan Sas-Emre à gauche, et des jaillissements d’Umit Davala à droite. Le remuant Basturk, lui, était l’objet d’un marquage serré. Puis, passé le premier quart d’heure, la pression se faisait sénégalaise : Henri Camara (17, tir trop écrasé, 19, but refusé pour hors jeu après un premier tir de Fadiga) et Fadiga (23, tir dans le petit filet) mettaient Rustu sur le grill. Cosaque Enfin, aux alentours de la demi-heure de jeu, les Turcs, plus frais, reprenaient la main et se montraient efficaces à l’approche du but, bien que peu réalistes dans la surface, à l’image de trois tentatives de Hakan Sukur (26, puis 33, où il était trop court de la tête, et enfin 39, où il était devancé par Malick Diop sur un centre de la gauche d’Ergun) et d’une action mal conclue par Hasan Sas (40). Surtout, à la 44e, Daf était obligé de sauver sur sa ligne une tentative de la tête de Basturk, après un travail préparatoire de Hakan Sukur et Hasan Sas. Dans les arrêts de jeu, Diouf, lancé par Camara, butait sur l’arrière-garde turque. En début de deuxième période, les Turcs assiégeaient toujours un peu plus la cage de Sylva, jouant très haut et semblant plus à l’aise physiquement. Basturk, toujours aussi rapide, crochetait Diop à la 54 à l’entrée de la surface, mais son tir était contré au dernier moment (55), tandis que Hakan Sukur était trop court sur un centre de la droite de Fatih (57). Les Sénégalais, eux, visiblement « cuits » et repliés dans leur moitié de terrain, s’en remettaient aux coups de pied arrêtés, comme sur un beau coup franc de Diouf (53). La possession de balle était turque, et le rythme baissait. À la 67e, Sukur, qui n’a pas encore inscrit un seul but dans ce Mondial, était remplacé par le jeune joker de Besiktas à l’allure de cosaque, Ilhan. Il tentait d’emblée de lober Sylva, et sa vivacité faisait du bien aux Turcs côté gauche. Après des tentatives de Diao (80) puis Camara (arrêts de jeu) côté sénégalais et Umit Davala côté turc, on atteignait la prolongation. Elle était courte, et conclue à la 94e minute par Ilhan, qui empêchait le Sénégal de devenir le premier pays d’Afrique à se qualifier pour des demi-finales de Mondial. Déclarations Bruno Metsu (sélectionneur français du Sénégal) : « La Turquie est une très grande équipe, elle avait perdu contre le cours du jeu face au Brésil. Face à elle, on a peut-être baissé physiquement. Mais on a montré qu’un petit pays africain pouvait perturber la hiérarchie mondiale, avec peu de moyens. Quand on a vécu le Mondial, c’est difficile de se replonger dans les compétitions africaines. Mais les joueurs sont des battants, et remporter la prochaine CAN, c’est notre objectif désormais. » Senol Gunes (sélectionneur de la Turquie) : « Je félicite le Sénégal, issu d’un groupe très difficile. Ce match a été très fair-play. Ils ne doivent pas être tristes, ils ont fait un beau parcours. L’affiche de cette demi-finale (Brésil-Turquie) a montré la force du groupe C, et le Brésil est l’une des meilleures équipes du tournoi. Mais on ne méritait pas de perdre contre eux au premier tour, l’arbitre avait fait une erreur. Contre le Brésil, ce sera du 50-50 ! Nos joueurs s’améliorent match après match, et c’est très bon pour nous. J’espère que cette victoire fera du bien à la Turquie, et pas seulement sur le plan du football. » La gazette Arithmétique. Si 3 600 journalistes (chiffre Fifa) couvrent une Coupe du monde de 32 équipes de 23 joueurs chacune, soit 736 joueurs, combien cela fait-il de journalistes par joueur? Un peu plus que 4,8. Comment s’étonner alors que les équipes se barricadent dans des hôtels-bunkers. À Sydney, pour les JO 2000, il y avait 5 300 hommes de presse pour 10 200 athlètes : chaque reporter ou photographe avait donc droit arithmétiquement à deux athlètes. Bénin. Toujours selon la Fifa, parmi les 93 nations représentées dans les gens de presse qui couvrent le Mondial, il n’y a aucun journaliste du Bénin. Mais le Bénin est présent quand même sur les terrains de la Coupe du monde grâce à M. Coffi Codjia, arbitre. Danger. « L’excitation très forte, le plaisir et la tristesse sont mauvais pour le cœur », a fait savoir le quotidien turc Milliyet pour mettre en garde ses lecteurs avant le quart de finale Turquie-Sénégal de samedi. De quoi inquiéter tout le monde et dans tous les cas de figure, car quoi qu’il arrive, l’excitation était là, comme la Turquie, a gagné le plaisir était là, et si elle avait perdu, c’était la tristesse. Tarte. L’entraîneur néerlandais des Diables rouges avait dit après la victoire de son équipe sur l’Espagne : d’abord une coupe de champagne et après on pensera à se concentrer sur les prochains matchs, avant de finir sur une formule définitive : « Demain est demain ». Ses joueurs n’ont pas attendu le lendemain : à peine rentrés à leur hôtel, ils ont trouvé une pièce montée de pâtisserie et ont joué à s’entarter les uns les autres. Après avoir joué quatre-vingt-dix minutes de temps réglementaire puis trente minutes de prolongation et après une séance de tirs au but, il devait leur rester de l’énergie à dépenser. Explosif. L’entraîneur italien de la sélection du Paraguay Cesare Maldini, dont l’équipe a été sortie en huitièmes de finale par l’Allemagne, est devenu un sujet très explosif dans le pays. Pour les fêtes de la Saint-Jean, les poupées qu’on fabrique pour l’occasion truffées de pyrotechnies et qu’on appelle Judas avaient une tête de sélectionneur. Spectacle. La presse brésilienne se félicite de tomber sur la Turquie en demi-finale du Mondial asiatique. « Pour le spectacle, on aurait préféré le Sénégal, mais pour obtenir le titre, on préfère la Turquie », écrivent les gazettes. Un journal tempère quand même cet optimisme : « Les Turcs veulent gagner pour avoir l’Allemagne en finale. » Invaincu. Lee Woon-jae, le gardien de l’équipe de Corée du Sud, a des statistiques à faire pâlir un gardien de but italien. « Je suis invaincu dans les séries de tirs au but en match officiel depuis 1998, c’est pour cela que j’ai confiance, affirme-t-il. Mais si nous ne sommes pas champions du monde, je n’ai aucune chance d’obtenir le trophée Yachine récompensant le meilleur gardien », estime-t-il, pessimiste. Prudent. Les problèmes d’arbitrage ne sont pas l’apanage de ce Mondial. Ainsi, en 1930, avant de diriger à Montevideo la finale de la première Coupe du monde entre l’Uruguay et l’Argentine, l’arbitre belge John Langenus avait demandé et obtenu des organisateurs qu’ils prennent en charge le coût d’une assurance-vie. On n’est jamais assez prudent. Famille. La presse brésilienne ne fait pas de cadeau à Luiz Felipe Scolari, l’entraîneur le mieux payé de l’histoire du football brésilien. Un journal brésilien a même publié la liste de tous les coups de téléphone que Scolari a passés depuis l’hôtel Hyundai de Ulsan, avec le nom des destinataires. « Ce n’est pas la peine de publier cette liste pour savoir que ma famille me manque beaucoup et que je passe beaucoup de temps avec elle au téléphone », a-t-il commenté, résigné. La moyenne de buts en chute libre La moyenne des buteurs est en chute libre dans le Mondial 2002 de football après les quarts de finale les moins prolifiques de l’histoire de la Coupe du monde (cinq buts marqués) qui portent à 152 le nombre de buts inscrits depuis le début de la compétition. Avec une moyenne plutôt basse de 1,25 but marqué par match lors des quarts de finale, les buteurs sont au ralenti après un départ en trombe (130 buts lors des 48 matchs du premier tour, soit une moyenne de 2,70 buts par match). Les huitièmes de finale (17 buts marqués, 2,125 par match) avaient déjà laissé pressentir un fléchissement dans la verve offensive. Si les défenses ont pris le pas sur les attaquants depuis le début des matchs à élimination directe, ce n’est pas toujours dans les règles de l’art. En témoigne l’inflation des cartons jaunes. Ce sont désormais 261 avertissements qui ont été distribués (pour 17 rouges) selon les chiffres officiels de la Fédération internationale. Le chiffre global de 1998 (252 jaunes) est d’ores et déjà battu avant même les quatre derniers matchs. Parmi les équipes demi-finalistes, le Brésil est à la fois celle qui a inscrit le plus de buts (15 buts en 5 matchs) et pris le moins de cartons jaunes (5). Statistiques depuis le coup d’envoi du Mondial 2002 : 152 buts marqués (dont 3 csc + 13 penalties) 5 penalties manqués 261 jaunes, 17 rouges et 324 remplacements.
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