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L’Allemagne passe en demi par une courte victoire

L’Allemagne s’est qualifiée pour les demi-finales de la Coupe du monde de football hier grâce à sa courte victoire 1-0 contre les États-Unis. La Mannschaft, éliminée en quart de finale par la Croatie en 1998 et par la Bulgarie en 1994, affrontera mardi en demi-finale le vainqueur du match d’aujourd’hui entre l’Espagne et la Corée du Sud. Les Allemands se sont contentés d’un but inscrit de la tête par Michael Ballack en fin de première mi-temps puis ont laissé la direction du jeu aux Américains en deuxième période. Les États-Unis ne renouvelleront pas leur exploit réalisé en 1930, quand ils avaient atteint les demi-finales de la première Coupe du monde de l’histoire. Avec Sebastian Kehl préféré en défense à Carsten Ramelow, les Allemands contrôlent le ballon en début de partie. Mais les Américains, parfaitement organisés, privilégient les passes rapides en profondeur dès la récupération de la balle. Ils se créent ainsi la première occasion dangereuse juste après le premier quart d’heure. Immédiatement lancé dans le camp allemand après une récupération américaine, Landon Donovan, la jeune vedette de l’équipe des États-Unis, perce, dribble et frappe du gauche à l’entrée de la surface allemande, mais son tir à ras de terre est dévié du bout des gants par Oliver Kahn. L’Allemagne, bien bloquée sur les côtés par la tactique américaine, ne se montre alors guère dangereuse pour le gardien américain Brad Friedel. Main de Frings dans la surface À la 30e minute, sur une nouvelle récupération des États-Unis, Claudio Reyna lance une nouvelle fois Donovan vers le but allemand, sur la gauche cette fois. Mais le milieu de terrain américain, seul face à Kahn, bute encore sur le gardien allemand. Six minutes plus tard, Eddie Lewis expédie une puissante frappe sur Kahn et le gardien allemand sauve une troisième fois son équipe d’un arrêt réflexe. Les Américains ont laissé passer leur chance. Car la fin de la première mi-temps est totalement en faveur de l’Allemagne. Les Allemands ne sont pas parvenus à ouvrir le score dans le jeu, ils vont donc prendre l’avantage sur coup de pied arrêté. À la 39e minute, sur un coup franc tiré de la droite par le gaucher Christian Ziege, Michael Ballack ouvre le score d’une tête piquée et éloigne le spectre d’une nouvelle élimination en quart de finale pour les Allemands après celles de 1994 et 1998. Juste avant la pause, Miroslav Klose est tout près d’inscrire son sixième but de la compétition, mais sa reprise de la tête finit sur le poteau de Friedel après un centre de la gauche d’Oliver Neuville. Dès le retour des vestiaires, les États-Unis s’installent dans la moitié de terrain allemande et pensent même égaliser. Sur un corner de Reyna, Gregg Berhalter reprend du droit de manière acrobatique, Kahn freine difficilement la course du ballon que Torsten Frings, sur la ligne de but, arrête involontairement de la main gauche. Les joueurs américains protestent, mais l’arbitre écossais Hugh Dallas reste impassible (50e). Les Allemands se contentent de défendre devant leur but et sur une sortie de la tête de Kahn en dehors de sa surface, Reyna tente une reprise de volée lobée depuis le milieu de terrain, mais sa tentative audacieuse passe juste à côté du but allemand (64e). Malgré les entrées d’Earnie Stewart et de Clint Mathis côté américain puis une dernière tête de Tony Sanneh (89e), la meilleure défense du tournoi, qui n’a encaissé qu’un seul but face aux Irlandais au premier tour, ne va pas céder. L’Allemagne retrouve les demi-finales de la Coupe du monde 12 ans après son titre mondial acquis en Italie avec à la pointe de son attaque l’actuel sélectionneur Rudi Völler. L’équipe la plus régulière L’Allemagne a décroché hier face aux États-Unis sa dixième accession à une demi-finale en quinze participations à un Mondial de football, ce qui en fait l’équipe la plus régulière du monde dans ses performances. Le Brésil, également qualifié, disputera face à la Turquie ou à l’Espagne également sa dixième demi-finale mais en 17 participations, tandis que l’Italie restera bloquée à sept présences à ce niveau après son élimination face à la Corée du Sud en huitièmes de finale (2-1 a.p.). Aucun des autres demi-finalistes potentiels (Espagne, Sénégal, Turquie, Corée du Sud) n’a joué une demi-finale. Les Espagnols avaient cependant participé au tournoi triangulaire dont les deux premiers disputaient la finale en 1950. Les Allemands ont été battus en demi-finale à trois reprises : en 1934 par la Tchécoslovaquie 3 à 1, en 1958 par la Suède 3 à 1 et en 1970 par l’Italie 4 à 3 après prolongation. Ils se sont qualifiés six fois, s’inclinant en finale en 1966 contre l’Angleterre 4 à 2 après prolongation, en 1982 face à l’Italie 3 à 1 et en 1986 au bénéfice de l’Argentine (3-2). Ses trois sacres mondiaux ont été glanés en 1954, 1974 et 1990. L’Allemagne n’avait pas participé à la première Coupe du monde de l’histoire en 1930, disputée sur invitation. En 1950, juste après la guerre, la RFA n’avait pas pris part aux éliminatoires pour le Mondial au Brésil. Une seule fois, en 1938, elle était sortie du premier tour à cause d’une défaite face à la Suisse (4-2). La qualification obtenue hier est une renaissance pour le football allemand, balayé par la Croatie en quarts de finale en 1998 (0-3) et sorti au même stade aux États-Unis en 1994 par la Bulgarie (2-1). Kahn, l’homme qui a sauvé la Mannschaft Chacun a son mot pour définir Oliver Kahn, qui a une nouvelle fois sauvé son équipe du naufrage hier en quarts de finale face aux États-Unis (1-0), mais tous ne veulent dire qu’une chose, leur admiration pour le gardien allemand. Il y a la version brutale de la légende du football allemand, Franz Beckenbauer : « À l’exception de Kahn, il faudrait mettre tous les autres (joueurs allemands) dans un sac et taper dessus, on serait certain de toucher quelqu’un qui le mérite. » Ou la manière sobre et désabusée du sélectionneur du Cameroun Winfried Schaefer : « Battre Oliver Kahn c’est un grand problème. » L’entraîneur américain Bruce Arena se contente d’un constat – « Il les a gardés dans le match » – tandis que son équipier Michael Ballack se dit « heureux d’avoir un tel gardien ». Le sélectionneur allemand Rudi Vœller se fait lyrique, remerciant son « gardien de classe mondiale » d’avoir « sauvé les vies » des Allemands. Mais celui qui parle le mieux de Kahn, c’est peut-être son entraîneur et devancier dans les buts allemands, le légendaire Sepp Maier, champion du monde en 1974 : « Tant qu’il sera là, personne ne pourra le concurrencer. » Hier, à 33 ans depuis une semaine, le héros allemand n’en était qu’à sa 50e sélection, un compteur ouvert en juin 1995 contre la Suisse à Berne (2-1). Le talent de Kahn est pourtant apparu très tôt : à 18 ans, il gardait les buts du SC Karlsruhe et son transfert au Bayern Munich en 1994 pour 2,5 millions d’euros est alors le plus élevé pour un gardien. Mais à son grand dépit, et au regret de nombre d’observateurs, Kahn est longtemps resté l’éternel second de la Mannschaft, derrière Bodo Illgner puis Andreas Kœpke. « Grande gueule » La frustration de Kahn, qui a tout gagné en club, peut être d’autant plus grande qu’il est devenu le titulaire au moment où le football allemand s’est retrouvé dans le creux de la vague après une longue ère de gloire. Son seul pouvoir, comme face aux Américains, est d’essayer d’épargner la défaite aux siens. À l’Euro 2000, il n’avait pas suffi. Kahn, qui n’est pas un personnage spécialement aimable, a sans doute payé sa « grande gueule », celle qui est aujourd’hui louée comme signe de sa rage de vaincre et de sa position de général incontesté de la Mannschaft. Après s’être longtemps vu reprocher un ego surdimensionné, Kahn peut désormais fustiger sans crainte le « populisme idiot » de la vieille gloire Uli Hœness qui avait eu le tort de critiquer le Bayern. Ses équipiers ne sont pas épargnés par ses célèbres coups de gueule. Oliver Bierhoff s’est ainsi vu vertement reprocher l’égalisation irlandaise lors du premier tour, le seul but encaissé par Kahn au Mondial jusqu’à présent. Trentenaire, Kahn sait qu’il joue sans doute sa dernière chance d’être champion du monde : « Ce qui importe, c’est que nous soyons en demi-finale, ce qui signifie que nous sommes dans les quatre meilleures équipes du monde », répondait-il, interrogé sur la mauvaise prestation de son équipe. Du Brésil de Pelé à la France de Zidane en passant par l’Allemagne de Beckenbauer et l’Argentine de Maradona, les champions du monde doivent tous leur titre à un joueur d’exception, au moins pour partie. Seul Kahn peut prétendre à ce rôle dans la Mannschaft cuvée 2002.
L’Allemagne s’est qualifiée pour les demi-finales de la Coupe du monde de football hier grâce à sa courte victoire 1-0 contre les États-Unis. La Mannschaft, éliminée en quart de finale par la Croatie en 1998 et par la Bulgarie en 1994, affrontera mardi en demi-finale le vainqueur du match d’aujourd’hui entre l’Espagne et la Corée du Sud. Les Allemands se sont contentés d’un but inscrit de la tête par Michael Ballack en fin de première mi-temps puis ont laissé la direction du jeu aux Américains en deuxième période. Les États-Unis ne renouvelleront pas leur exploit réalisé en 1930, quand ils avaient atteint les demi-finales de la première Coupe du monde de l’histoire. Avec Sebastian Kehl préféré en défense à Carsten Ramelow, les Allemands contrôlent le ballon en début de partie. Mais les Américains,...