Le Français Bruno Metsu suivait un chemin bien balisé lorsqu’il a rejoint la liste des entraîneurs de football européens partis en Afrique en quête de nouveaux talents. Au Sénégal, il semble en avoir déniché une équipe complète. Sous le regard détendu de leur gourou aux longues boucles, les Lions de la Teranga ont d’ores et déjà ébloui le Mondial 2002 avec une série de résultats stupéfiants. Sans trembler lors du match d’ouverture face à la France tenante du titre, l’équipe de Metsu, entreprenante mais disciplinée, a créé la première surprise d’un tournoi qui en sera riche en battant les champions du monde 1-0. Depuis, les novices sénégalais ont prouvé que ce résultat n’était pas volé en tenant en échec le Danemark et l’Uruguay, deux sélections expérimentées, puis en éliminant en huitième de finale la Suède. À présent, le sélectionneur aux yeux bleus du Sénégal peut espérer décrocher sa place au panthéon du football africain en battant la Turquie, samedi en quart de finale. « La Turquie peut être un adversaire très difficile, mais nous nous battons pour l’Afrique, affirme Metsu. Nous ferons tout pour devenir la première équipe africaine à atteindre les demi-finales d’une Coupe du monde. » Aboutissement logique Aujourd’hui âgé de 48 ans, Metsu a eu, avant de commencer à entraîner en 1988, une carrière de joueur notamment dans les rangs du club belge d’Anderlecht et à Lille. Après de courts passages à la tête de Beauvais, de Lille et de Sedan, il est devenu le sélectionneur du Sénégal en octobre 2000. Metsu est alors parti à la recherche de joueurs d’origine sénégalaise dans les championnats français et, depuis, ce qu’il a touché est devenu de l’or. Le Sénégal s’est qualifié pour sa première phase finale d’un Mondial et a accédé cette année à la finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can), qu’il a perdue aux tirs au but contre le Cameroun. Au bout du compte, son arrivée en quart du Mondial apparaît presque comme un aboutissement logique de ce chemin parcouru grâce à un savant dosage de savoir-faire européen et de style africain. Pour l’instant, 22 des 23 joueurs de la sélection évoluent dans des clubs français. Cela ne saurait durer : les meilleures équipes europénnes ont déjà commencé à assiéger le Sénégal pour en débaucher les talents. Le buteur El-Hadji Diouf, tout comme le milieu de terrain Salif Diao, sont en route pour Liverpool, tandis qu’Henri Camara, auteur des deux buts de la victoire face à la Suède, ne devrait pas rester longtemps à Sedan. Quant à Metsu, il doit maintenant s’employer à démentir les bruits qui le donnent partant, après le Mondial, vers la Turquie. Les entraîneurs européens en Afrique sont souvent accusés de tenter de profiter des talents locaux pour se faire un nom avant de décrocher des postes plus lucratifs. « Ce n’est pas vrai », dit le Français, qui a épousé une Sénégalaise et qui est lié par contrat aux Lions de la Teranga jusqu’en novembre 2003. « Je reste au Sénégal pour l’instant. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Français Bruno Metsu suivait un chemin bien balisé lorsqu’il a rejoint la liste des entraîneurs de football européens partis en Afrique en quête de nouveaux talents. Au Sénégal, il semble en avoir déniché une équipe complète. Sous le regard détendu de leur gourou aux longues boucles, les Lions de la Teranga ont d’ores et déjà ébloui le Mondial 2002 avec une série de résultats stupéfiants. Sans trembler lors du match d’ouverture face à la France tenante du titre, l’équipe de Metsu, entreprenante mais disciplinée, a créé la première surprise d’un tournoi qui en sera riche en battant les champions du monde 1-0. Depuis, les novices sénégalais ont prouvé que ce résultat n’était pas volé en tenant en échec le Danemark et l’Uruguay, deux sélections expérimentées, puis en éliminant en huitième...