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Actualités - Chronologie

Terrorisme Les ramifications du réseau el-Qaëda s’étendent de l’Arabie au Maroc

Les révélations des autorités saoudiennes et de la justice marocaine sur la présence d’activistes d’el-Qaëda sur leur sol ont donné la mesure de l’implantation du réseau terroriste d’Oussama Ben Laden, ennemi public numéro un des États-Unis, à travers le monde arabe. Les autorités saoudiennes ont annoncé mardi que sept membres du réseau terroriste, accusé par les États-Unis d’avoir planifié et exécuté les attentats du 11 septembre 2001, avaient été appréhendés dans le royaume où ils préparaient des attentats contre des cibles américaines. Quinze des 19 pirates de l’air du 11 septembre étaient saoudiens, Oussama Ben Laden avait été déchu de sa nationalité saoudienne en 1994, mais c’est la première fois que Ryad, allié des États-Unis, reconnaît la présence de membres du réseau sur son territoire. Ces sept personnes, six Saoudiens et un Soudanais, récemment extradé par Khartoum aux termes des accords de sécurité existant entre les deux pays, « planifiaient des actes de terrorisme à l’explosif et aux missiles contre certaines installations vitales » dans le royaume, selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur. Le Soudanais, « un des principaux instigateurs des attentats planifiés en Arabie, est lié étroitement au réseau d’el-Qaëda et avait participé aux combats en Afghanistan avec cette organisation », a précisé ce porte-parole. Mais un opposant au régime saoudien basé à Londres a affirmé que des dizaines de Saoudiens liés à el-Qaëda, « si pas des centaines », sont en fait détenus en Arabie saoudite. « Les Saoudiens ont fermement augmenté leur coopération contre le financement du terrorisme, mais il y a encore à faire, en particulier en ce qui concerne les flux d’argent privé vers le Jihad islamique, le Hamas et certains autres groupes », a déclaré le secrétaire d’État adjoint américain chargé du Proche-Orient, William Burns, réagissant aux arrestations. En dépit de ces dernières, le royaume s’est défendu d’abriter des terroristes. Ces arrestations « confirment que la guerre contre le terrorisme menée par Ryad se poursuit (et) ceux en Occident qui s’empressent de pointer du doigt le royaume après les attentats du 11 septembre doivent présenter leurs excuses à ce pays pacifique », écrivait hier le quotidien al-Madina. Au Maroc, la justice a présenté mardi à la presse ses accusations à l’encontre de sept membres présumés d’el-Qaëda, trois Saoudiens et quatre complices marocains arrêtés à la mi-mai. Ces sept personnes sont accusées d’avoir préparé des attentats contre des navires de guerre occidentaux dans le détroit de Gibraltar, mais aussi contre des autocars de voyageurs au Maroc et un café de la place Jemaâ el Fna à Marrakech, fréquentée par des milliers de touristes. Les prévenus auraient suivi notamment de multiples entraînements militaires en Afghanistan et appris diverses techniques de repérage, d’orientation, de fabrication et d’utilisation d’explosifs pour préparer leurs opérations, selon un communiqué du ministère de la Justice. Le communiqué donne également des précisions parfois surprenantes sur les conditions dans lesquelles certaines opérations ont été préparées. Un membre du groupe se serait par exemple opposé au projet d’attentat de la place Jemaâ el Fna en expliquant qu’il devait s’occuper des opérations de Gibraltar, mais aussi parce que l’opération « engendrera la mort de musulmans ». Un autre membre aurait fini par le convaincre en lui expliquant que « la mort de musulmans est justifiée par la noblesse de cette opération ». Un haut responsable d’el-Qaëda, Abou Zoubair el-Haili, saoudien de naissance, figure parmi les personnes en détention au Maroc, selon le ministère américain de la Justice, cité par la chaîne de télévision américaine ABC. Des informations en provenance de Syrie auraient sauvé des vies Des signes de la présence d’el-Qaëda se sont fait jour dans d’autres pays arabes. Le secrétaire d’État adjoint chargé du Proche-Orient William Burns a affirmé mardi que des informations en provenance de Syrie sur el-Qaëda avaient permis de « sauver des vies américaines ». Selon la télévision allemande ZDF, un Allemand d’origine syrienne, Mohammed Haydar Zammar, soupçonné d’avoir recruté les pirates de l’air du 11 septembre, est actuellement détenu en Syrie. Berlin aurait d’ailleurs demandé à Damas l’autorisation d’entrer en contact avec ce ressortissant allemand, comme l’y autorise le droit international, a-t-on appris hier de source officielle. Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh a fait état en février de la détention de 84 personnes soupçonnées d’implication dans l’attentat contre l’USS Cole à Aden (sud), en octobre 2000, et d’appartenance notamment à el-Qaëda. Enfin, en Tunisie, un Tunisien soupçonné d’activités terroristes en liaison avec el-Qaëda a comparu hier devant le justice militaire tunisienne qui rendra son verdict le 26 juin, a-t-on appris auprès d’un de ses avocats. Jaber Trabelsi, résidant en Italie et condamné par défaut en janvier à 20 ans de prison avec 33 de ses compatriotes, avait fait opposition de ce jugement du tribunal militaire de Tunis et s’était livré à l’ambassade de Tunisie à Rome. Il a comparu hier matin devant ce tribunal diminué physiquement en raison d’une grève de la faim entamée il y a dix jours, a indiqué Me Samir Ben Amor, l’un de ses deux avocats. Ceux-ci ont demandé pour cette raison le report de l’audience, mais le tribunal a refusé. Le procureur a lu l’acte d’accusation qu’il a placé dans le contexte des attentats terroristes du 11 septembre 2001, réclamant la sévérité du tribunal : « La Tunisie ne peut pas se transformer en un Afghanistan II », a-t-il notamment déclaré.
Les révélations des autorités saoudiennes et de la justice marocaine sur la présence d’activistes d’el-Qaëda sur leur sol ont donné la mesure de l’implantation du réseau terroriste d’Oussama Ben Laden, ennemi public numéro un des États-Unis, à travers le monde arabe. Les autorités saoudiennes ont annoncé mardi que sept membres du réseau terroriste, accusé par les États-Unis d’avoir planifié et exécuté les attentats du 11 septembre 2001, avaient été appréhendés dans le royaume où ils préparaient des attentats contre des cibles américaines. Quinze des 19 pirates de l’air du 11 septembre étaient saoudiens, Oussama Ben Laden avait été déchu de sa nationalité saoudienne en 1994, mais c’est la première fois que Ryad, allié des États-Unis, reconnaît la présence de membres du réseau sur son...