Les nouvelles mesures d’Israël, un message à Arafat et à Bush
le 20 juin 2002 à 00h00
Les nouvelles mesures d’Israël constituent « un dernier avertissement » à Yasser Arafat, mais aussi un moyen de pression sur le président George W. Bush afin d’influencer le contenu de l’initiative qu’il devait annoncer prochainement mais qui a été repoussé, estimaient hier des analystes. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon « essaie de faire pression autant que possible » sur M. Bush, et les attentats-suicide « l’aident énormément à cet égard », a affirmé l’analyste palestinien Ali al-Jerbawi. « Nous voulons simplement envoyer un message » aux Palestiniens, a expliqué un responsable israélien, qui a requis l’anonymat. « C’est en fait comme un dernier avertissement », a-t-il déclaré, ajoutant que la suite des évènements dépendait de la réaction des Palestiniens. « Parfois, l’arbitre sort un carton rouge peu après avoir sorti un jaune », a-t-il lâché de manière sibylline. Il n’a pas voulu dire en quoi consisterait un éventuel « carton rouge ». L’expert israélien Gerald Steinberg n’a toutefois aucun doute à ce sujet. Contraint vis-à-vis de son opinion publique et de l’extrême droite de faire quelque chose après l’attentat, M. Sharon, estime-t-il, cherchait « désespérément des mesures restant en-deçà d’une destruction totale de l’Autorité palestinienne et de l’expulsion de Arafat ». Non pas que le Premier ministre israélien soit personnellement opposé à une déportation à l’étranger d’Arafat, son ennemi intime. Mais il sait que les États-Unis restent, pour l’heure, opposés à une telle mesure et que le débat continue de faire rage dans les milieux dirigeants israéliens sur les conséquences d’une expulsion de Arafat. « Arafat à l’étranger peut être plus dangereux qu’à l’intérieur », souligne M. Steinberg. Mais il s’empresse d’ajouter que « chaque attaque palestinienne accroît la possibilité ou la probabilité » de son expulsion et d’une réoccupation totale des Territoires, une issue qu’il considère comme très probable à plus ou moins long terme. Pour M. Jerbawi, professeur de sciences politiques à l’Université de Bir-Zeit, près de Ramallah, le but des nouvelles mesures israéliennes est de couper l’herbe sous le pied du président américain, au cas où le message de mardi de M. Sharon n’aurait pas été reçu à Washington. La réoccupation d’une partie des zones autonomes, assure-t-il, a pour objectif « d’empêcher le concept (de la création d’un État palestinien) d’être mis en pratique ». En créant un fait accompli sur le terrain, M. Sharon, selon cette interprétation, se prémunirait donc contre une prise de position de M. Bush en faveur d’un État palestinien intérimaire.
Les nouvelles mesures d’Israël constituent « un dernier avertissement » à Yasser Arafat, mais aussi un moyen de pression sur le président George W. Bush afin d’influencer le contenu de l’initiative qu’il devait annoncer prochainement mais qui a été repoussé, estimaient hier des analystes. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon « essaie de faire pression autant que possible » sur M. Bush, et les attentats-suicide « l’aident énormément à cet égard », a affirmé l’analyste palestinien Ali al-Jerbawi. « Nous voulons simplement envoyer un message » aux Palestiniens, a expliqué un responsable israélien, qui a requis l’anonymat. « C’est en fait comme un dernier avertissement », a-t-il déclaré, ajoutant que la suite des évènements dépendait de la réaction des Palestiniens. « Parfois, l’arbitre...
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