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États-Unis : vaincre l’Allemagne et conquérir leurs compatriotes

Les États-Unis, qualifiés pour les quarts de finale du Mondial de football après leur victoire face au Mexique (2-0) lundi à Jeonju, ont désormais l’ambition de relever un double défi : battre l’Allemagne vendredi à Ulsan (14h30 heure de Beyrouth) et vaincre du même coup les réticences de leurs compatriotes vis-à-vis du « soccer ». « L’Allemagne sera incontestablement favorite contre nous. Sur le papier, c’est même comme s’il n’y avait pas de match », avoue le sélectionneur US Bruce Arena. Entre une sélection trois fois vainqueur du Mondial (1954, 1974, 1990), trois fois finaliste (1966, 1982, 1986), et les USA qui n’ont plus fait grand-chose depuis leur demi-finale... en 1930, le fossé est en effet abyssal. « Globalisation » « Mais nous ne jouerons pas sur le papier, ajoute-t-il. Nous allons réfléchir et tenter de mettre au point une stratégie pour les battre ». La nette victoire face au Mexique, habilement construite grâce à une défense bien regroupée et de rapides contre-attaques, a ainsi donné des ailes. D’autant qu’elle s’inscrit dans le droit fil des performances étonnantes et rafraîchissantes du Sénégal, également qualifié pour les quarts, de la Corée du Sud et du Japon. « C’est la globalisation du jeu. Les écarts entre les nations se réduisent ». « Notre victoire engendre davantage de respect à notre égard », poursuit-il, savourant sans doute sa revanche sur des Mexicains, éternels rivaux, manifestement un peu trop sûrs d’eux avant le 8e de finale. Et si le Mexique a encore pour longtemps les chiffres à son avantage dans l’histoire de ses confrontations face aux USA (28 victoires pour 9 défaites), il a assurément perdu le match le plus important. « La condition physique, qui a été déterminante face au Mexique, le sera encore face aux Allemands, qui sont dotés d’une présence impressionnante à ce niveau, explique par ailleurs le sélectionneur américain. En plus, ils possèdent l’un des meilleurs gardiens du monde (Oliver Kahn), ainsi que le meilleur buteur de la compétition (Miroslav Klose) ». À ce jeu-là, les Allemands auront un avantage certain puisqu’ayant disputé leur 8e face au Paraguay (1-0) samedi, ils auront eu deux jours de récupération de plus que les USA. Mais pour les Américains, au-delà de ce quart de finale inattendu, l’occasion est belle de vaincre le scepticisme de leurs compatriotes. Vaste ambition, car si la victoire face aux Mexicains a eu un certain retentissement dans la mère patrie, c’est tout au plus un frétillement à défaut d’une explosion de joie. Bien davantage considéré comme un sport pour les enfants et les femmes, le « soccer » ennuie toujours autant les Américains. Pas assez de buts, de statistiques, trop long, trop lent... Les griefs ne manquent pas. « Une victoire face à l’Allemagne aiderait les Américains à ouvrir les yeux », espère pourtant Landon Donovan, auteur du deuxième but lundi, car, c’est bien connu, les Américains raffolent des « winners » arborant la bannière étoilée. « Nous voulons que le football américain grandisse avec une victoire face à l’Allemagne et que les gens puissent être fiers de nous », renchérit Claudio Reyna. « C’est vraiment gratifiant d’être le capitaine d’une équipe qui va si loin. Nous avons battu le Mexique 2-0 en Coupe du monde. Cela signifie beaucoup », conclut-il. Le capitaine Hierro tire sa révérence Le dernier maillot espagnol de Fernando Hierro (n° 6) sera une des pièces du musée de la Fédération espagnole dès le mois de juillet : le capitaine et défenseur espagnol a en effet annoncé à Ulsan qu’il prendrait sa retraite internationale à la fin du Mondial, après une carrière bien remplie. « Je garde en tête les 88 moments et j’espère atteindre les 91 », a affirmé Hierro, joueur de champ le plus capé de l’histoire de la sélection avec 88 sélections, et qui espère donc atteindre et gagner la finale du Mondial au cours de laquelle il disputerait un hypothétique 91e match avec le maillot rouge. L’Espagne doit affronter en quarts de finale la Corée. « Je m’en vais heureux. J’ai tout donné pour les couleurs de mon pays, chaque sélection a été un bonheur. Ce n’est pas l’âge : une étape se termine », a affirmé, larmes aux yeux et voix chevrotante, Hierro, précisant que « c’était une décision difficile à annoncer », même si elle avait été prise en décembre dernier. Âgé de 34 ans, Hierro, qui est devancé au nombre de capes par le gardien Andoni Zubizarreta, a effectué ses débuts internationaux il y a 13 ans contre la Pologne (1-0) le 20 septembre 1989 et a participé à quatre Coupes du monde. Remplaçant en Italie, il peut se targuer d’avoir joué aux États-Unis, en France et en Corée. Il a également participé à deux Euros. « C’est un triste jour pour la sélection nationale, l’Espagne perd un de ses meilleurs joueurs de tous les temps, qui a de grandes qualités humaines, qui est un travailleur idéal et qui a toujours contribué à générer une bonne ambiance au sein de la sélection », a commenté le président de la Fédération espagnole Angel Maria Villar, dans un communiqué. Soif de buts Élu meilleur joueur andalou du siècle, Fernando Hierro a commencé sa carrière professionnelle à Valladolid avec l’entraîneur Vicente Cantatore au poste de milieu défensif. « Moi, j’aimais aller vers l’avant et je voulais attaquer. J’aurais rêvé d’être un attaquant. Lui, à l’époque, il me disait déjà que je terminerais comme défenseur, c’est lui qui avait raison », racontait Hierro avant le Mondial. Sa soif de buts, Hierro l’a étanchée en club (plus de 100 buts en Liga) comme en sélection où, tireur attitré de penalties, il occupe la première place du classement des buteurs avec 29 buts, devant Raul (28 buts) et Emilio Butragueno. « Raul va me rattraper », précise-t-il. Le parcours avec la sélection n’a toutefois pas été un chemin de roses : Hierro a connu la désillusion de 1994 et la défaite contre l’Italie (2-1) en quarts de finale, le désastre de 1998 avec l’élimination au premier tour avec une défaite contre le Nigeria (3-2) et un match nul contre le Paraguay (0-0) (et victoire inutile contre la Bulgarie 6-1). Critiqué à ses débuts internationaux pour sa dureté, Hierro, élégant défenseur à la vision du jeu incomparable, a été ces derniers mois critiqué pour sa lenteur en défense. Il a toutefois gardé la confiance des entraîneurs espagnol José Antonio Camacho comme du Real Vicente del Bosque. « C’est le moment de me consacrer à mon club : le Real Madrid », a estimé Hierro qui a tout gagné avec le club madrilène, une Coupe intercontinentale (1998), trois Ligues des champions (1998, 2000, 2002), quatre Ligas, une Coupe d’Espagne. Une Coupe du monde ne dépareillerait pas dans un tel palmarès. Programme des quarts de finale Voici le programme des quarts de finale de la Coupe du monde : 21 juin : Angleterre - Brésil (Shizuoka à 9h30 heure de Beyrouth) 21 juin : Allemagne - États-Unis (Ulsan à 14h30 heure de Beyrouth) 22 juin : Espagne - Corée du Sud (Kwangju à 9h30 heure de Beyrouth) 22 juin : Sénégal - Turquie (Osaka à 14h30 heure de Beyrouth). Brad Friedel, ce géant, ce héros L’Amérique n’aime jamais rien tant que les héros et les vainqueurs, et elle s’en est trouvé un avec le géant Brad Friedel, un gardien à qui les États-Unis doivent énormément leur qualification en quarts de finale vendredi contre l’Allemagne. Au premier tour, ce solide gaillard (1,93 m pour 92 kg) de 31 ans s’était déjà illustré, particulièrement lors du match nul contre la Corée du Sud (1-1), le 10 juin. Il s’était multiplié pour endiguer la furia rouge, absolument déchaînée mais finalement incapable de mettre plus d’un but à celui qui sera élu homme du match. Une rencontre pendant laquelle il arrêtera également un penalty. Contre le Mexique en huitièmes, lundi à Jeonju, le gardien des Blackburn Rovers (D1 anglaise), autrefois passé par Galatasaray (D1 turque) et Liverpool, a brillamment honoré sa 80e sélection, permettant aux siens de ne pas encaisser de but et assurant leur nette victoire (2-0). « Notre défaite face à la Pologne (1-3) lors du dernier match du groupe s’est finalement transformée en électrochoc. Vous devez toujours être professionnel et donner votre meilleur, sinon vous n’avez plus rien à faire ici », expliquait-il à l’issue de la rencontre. Une sévère contreperformance – que Friedel avait quelque peu minorée en arrêtant un nouveau penalty – qui avait failli coûter la qualification aux Américains. Heureusement pour eux, dans le même temps, le Portugal s’était incliné face à la Corée (1-0). « Mondial étrange » Lundi, c’est l’attaquant vedette des « Aztèques », Cuauhtémoc Blanco qui a particulièrement donné du grain à moudre à Friedel. Tout d’abord sur un puissant tir à ras de terre détourné d’une belle détente sur la droite (26e), ensuite sur un tir enlevé, envoyé in extremis au-dessus d’une ferme claquette (35e). « Cette victoire face au Mexique, je crois que c’est la plus belle chose qu’ait jamais réalisé une équipe américaine... à ceci près que l’équipe féminine a déjà été championne du monde », se réjouissait-il après coup, près de dix ans après sa première sélection, le 3 septembre 1992. « Cette Coupe du monde est vraiment étrange, poursuivait-il. La France a les meilleurs joueurs du monde, mais elle a été éliminée. Quant à nous, nous avons maintenant beaucoup de joueurs évoluant en Europe, et nous savons ce que cela nous apporte au haut niveau. » S’il s’est affirmé comme l’un des meilleurs gardiens du tournoi, Brad Friedel n’a pourtant pas toujours connu la réussite en Coupe du monde. En 1994, lorsque les États-Unis avaient atteint les 8es de finale à domicile, il avait rongé son frein sur le banc, suppléant de Tony Meola. Il fit de même en 1998 en France où, second choix derrière Kasey Keller, il disputa tout de même un match, une défaite face à la Yougoslavie (0-1). Un Mondial cauchemar que l’équipe américaine terminera bonne dernière avec trois défaites (5 buts encaissés, 1 marqué). Cette année, Friedel – dont, ironie de l’histoire, les deux suppléants sont... Keller et Meola – a enfin pris sa revanche, et espère à nouveau être décisif face à l’Allemagne. « Celui qui commettra le moins d’erreurs l’emportera », conclut-il.
Les États-Unis, qualifiés pour les quarts de finale du Mondial de football après leur victoire face au Mexique (2-0) lundi à Jeonju, ont désormais l’ambition de relever un double défi : battre l’Allemagne vendredi à Ulsan (14h30 heure de Beyrouth) et vaincre du même coup les réticences de leurs compatriotes vis-à-vis du « soccer ». « L’Allemagne sera incontestablement favorite contre nous. Sur le papier, c’est même comme s’il n’y avait pas de match », avoue le sélectionneur US Bruce Arena. Entre une sélection trois fois vainqueur du Mondial (1954, 1974, 1990), trois fois finaliste (1966, 1982, 1986), et les USA qui n’ont plus fait grand-chose depuis leur demi-finale... en 1930, le fossé est en effet abyssal. « Globalisation » « Mais nous ne jouerons pas sur le papier, ajoute-t-il. Nous allons...