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Un pays qualifié, deux autres déjà recalés(PHOTOS)

Impressionnante de sérénité et de réalisme, l’Espagne s’est, la première, qualifiée hier pour les huitièmes de finale du Mondial 2002 de football tandis que l’Argentine a dû laisser l’Angleterre déguster une vengeance qu’elle laissait refroidir depuis seize ans. Reine d’Europe par ses clubs, l’Espagne (groupe B) est peut-être en passe d’atteindre aussi les sommets grâce à sa sélection nationale. Sa victoire (3-1) sur le Paraguay, après celle contre la Slovénie, l’ont montrée sûre d’elle et de ses talents sous la conduite de ses deux meneurs naturels, Fernando Hierro l’ancien et Raul le nouveau. Première qualifiée pour les huitièmes de finale, l’Espagne s’est surtout imposée comme le premier favori confirmé. Les Argentins (groupe F), qui pensaient être aussi, dès hier, du convoi initial pour le deuxième tour, ont cédé (1-0) face à des Anglais transcendés. Comme pour un derby qu’ils ont enfin remporté après deux échecs jamais digérés en 1998 et, surtout, en 1986. Le sort d’une autre équipe s’est scellé hier, pour son malheur. Le Nigeria (groupe F), battu 2-1 par la Suède, a en effet rejoint l’Arabie saoudite sur le banc des recalés. Mondial 2002 - Les Argentins contraints à la victoire mercredi L’Angleterre efface le souvenir de 1998 L’Angleterre, victorieuse de l’Argentine 1-0, a effacé hier le souvenir de son élimination par les Sud-Américains de la Coupe du monde 1998 et s’est idéalement placée dans la perspective d’une qualification pour les huitièmes de finale du Mondial asiatique. C’est David Beckham, expulsé lors de la défaite aux tirs au but en huitième de finale à Saint-Étienne, qui a inscrit le seul but de la rencontre, sur penalty. Avec quatre points, les Anglais sont deuxièmes du groupe F à égalité de points avec la Suède, qui a battu et éliminé le Nigeria 2-1 plus tôt dans la journée. Les Argentins sont troisièmes à une longueur et doivent battre la Suède lors de la dernière journée de la première phase (mercredi 12 juin) pour se qualifier sans avoir à tenir compte du résultat du match entre l’Angleterre et le Nigeria. Il avait beaucoup été question de Saint-Étienne et de « main de Dieu » avant ce choc du premier tour. Le début de partie, truffé de fautes, venait ajouter à la tension ambiante. Gabriel Batistuta écopait d’un carton jaune et les Anglais se procuraient la première grosse occasion du match. Owen étincelant À la 24e, Juan Sebastian Veron perdait un ballon au milieu du terrain. Nicky Butt le récupérait et lançait Michael Owen en profondeur; le Ballon d’or 2001 passait en revue la défense argentine avant d’adresser une frappe croisée du pied droit qui allait percuter le poteau de Pablo Cavallero. Sur le contre, Gabriel Batistuta plaçait une tête à bout portant dans les bras de David Seaman. Puis Kily Gonzalez faisait passer un frisson dans le dos des supporters anglais quand il expédiait une reprise de volée juste au-dessus de la barre du portier londonien. Mais le joueur le plus en vue de cette première période devait être Michael Owen. Peu avant la mi-temps, l’attaquant de poche de Liverpool tentait un slalom dans la surface argentine. L’arbitre de la rencontre, Pierluigi Collina, jugeait l’intervention de Mauricio Pochettino illégale et indiquait le point de penalty. David Beckham, probablement soucieux d’effacer le souvenir de Geoffroy-Guichard, exécutait la sanction d’un tir en force à ras de terre. À la mi-temps, Marcelo Bielsa faisait rentrer Pablo Aimar à la place de son capitaine Veron, transparent en première période. Le milieu de terrain du FC Valence s’illustrait d’entrée d’une frappe enroulée du droit que Seaman captait sans problème. Pochettino a tout tenté À la 48e, Owen était à quelques centimètres de donner un avantage presque décisif à l’Angleterre. Après un contrôle orienté dos au but, il tentait sa chance, mais son tir passait de peu à côté de la cage de Cavallero. En l’espace de dix minutes, Paul Scholes puis Beckham et Teddy Sheringham manquaient la balle du 2-0. Bielsa décidait, presque coup sur coup, de faire rentrer Hernan Crespo à la place de Batistuta et de remplacer Kily Gonzalez par Claudio Lopez. Cela ne changeait rien au problème. Plus agressifs dans la récupération, les hommes de Sven-Göran Eriksson se créaient les plus belles occasions. Une tête de Sheringham sur un coup franc de Beckham rasait le but argentin, mais elle marquait aussi le début de la révolte des Sud-Américains, qui commençaient le siège de la cage de Seaman, âprement protégée par Rio Ferdinand et Sol Campbell. Par deux fois, Pochettino portait le danger dans la surface anglaise. Sur un corner, le défenseur du Paris-Saint-Germain plaçait une tête que Seaman détournait dans un réflexe étonnant sur sa ligne. Jusqu’au coup de sifflet final, les chants des supporters anglais couvraient les derniers râles d’une équipe argentine déterminée, mais à bout de souffle. L’Espagne en toute sérénité face au Paraguay L’Espagne est devenue la première équipe à se qualifier pour les huitièmes de finale en battant le Paraguay 3 buts à 1 (mi-temps : 0-1) hier à Jeonju lors de la deuxième journée du groupe B. Le sélectionneur José Antonio Camacho avait prévenu ses hommes du danger de concéder des coups de pied arrêtés aux Paraguayens : il ne se doutait sans doute pas que ceux-ci ouvriraient le score à la 10e minute sur un coup franc situé à... 70 mètres du but espagnol. Jose Luis Chilavert, le fantasque gardien paraguayen, tirait un énorme coup de pied jusqu’à la surface espagnole, la défense repoussait le ballon dans les pieds du défenseur Arce qui frappait en direction de la cage de Casillas. Le gardien du Real Madrid repoussait le ballon sur son défenseur Carles Puyol qui envoyait involontairement le ballon dans son propre but. Les Paraguayens, qui avaient dominé le début de rencontre, se repliaient en défense pour tenter de tenir le résultat. Les Espagnols répondaient par un lob de Raul (11e), mais Chilavert était à la parade. Les Espagnols se montraient peu inspirés à l’image d’un De Pedro complètement éteint et d’un Diego Tristan à des années lumière de ses prestations avec La Corogne. Luis Enrique et Raul (tir au-dessus à la 20e, retourné acrobatique à la 29e) tentaient de relancer leurs partenaires, mais c’étaient les Guaranis, vêtus de leur tenue « cuivre », qui s’offraient les dernières occasions de la première période. Raté de Chilavert À la pause, Camacho remplaçait Diego Tristan par Morientes et surtout Luis Enrique par Ivan Helguera afin d’exonérer son meneur Valeron des tâches défensives. Le jeu espagnol s’améliorait alors considérablement. Raul lançait un premier avertissement à la 49e minute, et à la 53e les Espagnols revenaient à la hauteur des Paraguayens : sur un corner de De Pedro, Morientes s’élevait plus haut que tout le monde et, pour son deuxième ballon du match, plaçait une tête dans la lucarne de Chilavert. Dix minutes plus tard, l’avant-centre paraguayen Roque Santa Cruz reprenait trois mètres à Hierro et se présentait seul face à Casillas qui sauvait les siens. Le contrôle du match était toutefois espagnol : à la 64e Morientes tentait de lober Chilavert, mais le ballon échouait sur la transversale. À la 69e, Morientes, décidément providentiel, concluait avec le ventre un centre de De Pedro et un énorme raté de Chilavert pour marquer son 16e but avec la sélection espagnole. Si Casillas stoppait quelques instants plus tard un beau coup franc de Chilavert, les Espagnols passaient une fin de match tranquille grâce à un penalty obtenu par Raul et transformé à la 83e par Hierro (29e but en sélection, record). Vainqueurs de la Slovénie (3-1) lors de leur premier match, les Espagnols pourront jouer avec leurs remplaçants mercredi contre l’Afrique du Sud. Les Paraguayens doivent, quant à eux, impérativement gagner contre la Slovénie. Henrik Larsson et la Suède envoient les Super Eagles en enfer Le Nigeria doit dire adieu au Mondial 2002, après avoir été battu (2-1) par la Suède et son attaquant Henrik Larsson, auteur des deux buts, dont un penalty, hier à Kobe en match comptant pour le premier tour de la compétition (groupe F). Le Nigeria avait atteint les huitièmes de finale lors des Coupes du monde de 1994 et de 1998. Les Africains joueront leur dernier match de poule le 12 juin contre l’Angleterre pour l’honneur. Le trio suédois Anders Svensson-Fredrik Ljungberg-Larsson profitait de la léthargie des Nigérians au coup d’envoi pour semer une belle panique devant le but de Ike Shorunmu. Puis, peu avant le premier quart d’heure de jeu, les Super Eagles se réveillaient enfin. « Jay-Jay » Okocha, qui s’était d’abord marché sur les pieds avec John Utaka sur le flanc droit, se replaçait dans le rond central pour mieux organiser le jeu. L’engagement physique montait alors d’un cran. Mais l’absence du buteur Nwankwo Kanu, convalescent et qui ne débutait pas le match, se faisait sentir côté nigérian. Ljungberg répondait alors à Okocha. Le « Gunner » à la crête rouge passait ainsi toute la défense africaine en revue avant de se heurter à Shorunmu (20). Sur le corner consécutif, Christopher Justice suppléait du pied sur sa ligne de but son gardien battu sur une tête de Johan Mjallby (21). Rentrée de Kanu Puis le Nigeria ouvrait le score grâce à un débordement de Joseph Yobo, qui servait Julius Aghahowa, s’élevant plus haut que le portier suédois Magnus Hedman pour marquer de la tête (27). La réponse nordique ne tardait pas. Ljungberg lançait Larsson, qui, malgré trois défenseurs sur le dos, s’infiltrait dans la surface de réparation et trompait Shorunmu (35). Les Suédois se causaient ensuite une grosse frayeur. Okocha, dans une série de dribbles félins, embarquait toute la défense jaune et bleu, avant d’envoyer une balle que Mjallby, gêné par son partenaire Teddy Lucic, était à deux doigts d’expédier dans son but sans un rebond heureux sur un poteau (37). Le ciel tombait sur la tête des Nigérians à l’heure de jeu. Shorunmu relançait directement sur Marcus Allback, qui s’appuyait sur Ljungberg, ce dernier servant Larsson, qui tombait dans la surface sur une faute – peu évidente – sifflée contre Ifeanyi Udeze. Larsson transformait le penalty (62). Une bonne frappe de Anders Svensson était ensuite bien parée par Shorunmu (69). La rentrée de Kanu (66) et le courage de West, jouant avec un bandage sur la tête après un choc, n’y changeaient rien. Hedman, chanceux, était sauvé par Mjallby face à Utaka (82) et par son poteau sur un tir de Yobo (83), avant d’arrêter un lob trop mou de Kanu dans les arrêts de jeu.
Impressionnante de sérénité et de réalisme, l’Espagne s’est, la première, qualifiée hier pour les huitièmes de finale du Mondial 2002 de football tandis que l’Argentine a dû laisser l’Angleterre déguster une vengeance qu’elle laissait refroidir depuis seize ans. Reine d’Europe par ses clubs, l’Espagne (groupe B) est peut-être en passe d’atteindre aussi les sommets grâce à sa sélection nationale. Sa victoire (3-1) sur le Paraguay, après celle contre la Slovénie, l’ont montrée sûre d’elle et de ses talents sous la conduite de ses deux meneurs naturels, Fernando Hierro l’ancien et Raul le nouveau. Première qualifiée pour les huitièmes de finale, l’Espagne s’est surtout imposée comme le premier favori confirmé. Les Argentins (groupe F), qui pensaient être aussi, dès hier, du convoi initial...