Le Portugal et la Pologne, tous deux favoris mais battus respectivement par les États-Unis (2-3) et la Corée du Sud (0-2), doivent vaincre aujourd’hui, lors de la deuxième journée du groupe D, pour éviter une élimination prématurée du Mondial 2002 de football. « C’est simple, celui qui perd rentre à la maison. Et de la même manière que nous sommes motivés, les Polonais le sont aussi. Ils seront moins coulants qu’avec les Coréens », estime le milieu de terrain portugais Rui Costa. Demi-finaliste de l’Euro 2000 en Belgique et aux Pays-Bas, le Portugal est tombé de haut contre les États-Unis mais l’entraîneur portugais Antonio Oliveira ne devrait pas opérer de changements de fond dans une équipe qui a déjà apporté d’énormes satisfactions par le passé. Le travail est surtout psychologique et les Portugais espèrent deux victoires contre la Pologne puis la Corée du Sud pour atteindre les huitièmes de finale. « Si je n’étais pas optimiste, j’aurais déjà fait mes valises », a notamment affirmé le Portugais Luis Figo, élu meilleur joueur Fifa la saison dernière mais qui traîne une blessure à la cheville droite depuis le mois de février et qui n’a toujours pas signé une performance convaincante depuis son retour. L’ailier du Real s’est toutefois montré un peu plus à l’aise qu’il y a quelques semaines et une belle performance pourrait faire pencher la balance en faveur des Portugais. Arbitre controversé Les Portugais ont péché par orgueil contre les États-Unis. Il serait étonnant que les joueurs mis en cause, comme le gardien de but Vitor Baia et les défenseurs Jorge Costa ou Fernando Couto, commettent les mêmes erreurs. De plus, l’équipe portugaise a montré un visage plus rassurant en seconde période. La situation est similaire du côté polonais. L’entraîneur Jerzy Engel, qui devra se priver des services du défenseur Jacek Bak, blessé au dos, est habitué aux baisses de forme de son équipe qu’il a conduite à sa première qualification pour un Mondial en 16 ans après un début de campagne raté. « Sans doute certains ont-ils pensé qu’ils avaient fait l’essentiel du travail en se qualifiant », a-t-il affirmé après la nette défaite contre la Corée du Sud (0-2). Le coach a recadré ses joueurs pendant la semaine. Et nul doute qu’ils seront moins apathiques contre les Portugais. Le gardien de but de Liverpool Jerzy Dudek rappelle d’ailleurs que les Polonais ont, malgré le faux pas de Busan, leurs chances de qualification en main : « C’est simple, il nous suffit de gagner nos deux matchs. » Par ailleurs, la rencontre entre les deux équipes est placée sous le signe de la controverse, les Portugais ayant protesté contre la désignation de l’Écossais Hugh Dallas pour arbitrer la rencontre. M. Dallas était le quatrième arbitre lors de la demi-finale de l’Euro 2000 France-Portugal (2-1, but en or) et avait rédigé le rapport sur les incidents qui avaient émaillé la fin du match marquée par un penalty contesté par les Portugais. Corée du Sud-États-Unis : entre peurs et passions Entre les peurs et les passions, le match qui oppose aujourd’hui à Daegu (centre) la Corée du Sud aux États-Unis a débordé du cadre du Mondial de football et libéré fantasmes et frustrations. L’enjeu sportif n’est pas décisif, même s’il est important : le vainqueur aura de bonnes chances de qualification, le vaincu beaucoup moins. Et pourtant. Le match a été classé à haut risque par les autorités sud-coréennes comme par la Fédération internationale de football (Fifa). Par crainte d’une action terroriste d’abord, une question de principe depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Avions et navires de guerre américains ainsi que l’armée de l’air coréenne ont été chargés de protéger Daegu. Des missiles antiaériens ont été installés jusque sur le toit du stade. Quelque 10 000 policiers et plus de 900 militaires sud-coréens sont mobilisés ainsi que des experts chargés d’analyser l’air en cas d’attaque chimique ou bactériologique. Par crainte de manifestations hostiles au « grand allié » américain ensuite. La ferveur populaire qui porte la sélection sud-coréenne depuis le début du tournoi s’est transformée pour la circonstance en fièvre nationaliste autorisant l’expression des fantasmes et des frustrations. Go home Alliée politique et militaire des États-Unis, la Corée héberge 37 000 GIs. Un héritage des liens noués en 1953, à l’issue du conflit armé qui a divisé la péninsule coréenne. « Yankee go hom » est l’un des plus neutres parmi les slogans, souvent injurieux, qui circulent sur les sites Internet, un mode, anonyme, de communication très prisé des Coréens. « Ils nous traitent comme une colonie », accuse un internaute. Beaucoup, sur et hors du web, ruminent encore « le scandale de Salt Lake City ». Lors des JO d’hiver de février, les Coréens avaient été outrés par le déclassement de leur champion de short-track Kim Dong-sung sur 1 500 m au profit d’un Américain, Apolo Anton Ohno. Le sport dans tout ça ? Les Coréens du Néerlandais Guus Hiddink s’efforcent de pratiquer un « football total » nécessitant une grande dépense d’énergie. Les Polonais, battus 2-0, en ont fait l’expérience. Les Américains de Bruce Arena ont également assommé les Portugais (3-2) grâce à une condition physique irréprochable peaufinée pendant plus d’un mois avant le début du Mondial. Hiddink comme Arena s’attendent tous deux à un match engagé entre deux équipes également déterminées à tout faire, à la fois pour gagner et pour ne pas perdre. Eux n’entendent compter les points que sur le terrain. Tunisie-Belgique : la parole à l’attaque Les attaquants de la Belgique et de la Tunisie, équipes réputées défensives, détiennent sans doute la clé de la rencontre entre ces deux formations du groupe H, aujourd’hui à Oita, un match que les Aigles de Carthage doivent gagner et que les Diables Rouges ne peuvent perdre pour entretenir l’espoir de figurer au deuxième tour du Mondial 2002 de football. « J’ai confiance. Nous avons marqué deux fois lors de notre match amical en France (2-1) et deux fois mardi face au Japon (2-2). Moralement, c’est important », répond le sélectionneur belge Robert Waseige à ceux qui lui reprochent de n’avoir aligné aucun attaquant spécifique lors de la première rencontre des Belges lors de ce Mondial. « La Tunisie va abattre contre nous sa dernière carte. Mais elle ne changera pas à mon sens son fusil d’épaule. Elle continuera à jouer massivement à l’arrière dans l’espoir de nous prendre en contre. À nous de ne pas foncer tête baissée dans le piège de l’attaque à tout crin », poursuit le sélectionneur qui pourrait toutefois aligner un véritable attaquant en la personne de Wesley Sonck. À moins qu’il ne lui préfère le rapide Mbo Mpenza. Compteur bloqué Si la confiance habite le camp belge, les Tunisiens doutent depuis leur défaite 2 à 0 mercredi face à la Russie. Équipe de très loin la plus prolifique d’Afrique en qualifications (23 buts inscrits), les hommes d’Ammar Souayah ne trouvent plus le chemin des filets. Lors de ses huit dernières sorties face à d’autres équipes nationales, la Tunisie n’a inscrit qu’un seul but. « Mais je garde espoir. En construisant mon équipe, j’ai voulu trouver un équilibre entre les joueurs à vocation créative et ceux qui peuvent récupérer le ballon. Et nous avons des attaquants talentueux », estime aujourd’hui Ammar Souayah qui devrait renoncer au défensif 5-4-1 utilisé face aux Russes au profit d’un plus équilibré 4-4-2. « Nous ne pourrons pas jouer avec retenue face aux Belges », annonce le sélectionneur alors que le président de la Fédération tunisienne a demandé hier à son équipe « de faire preuve d’audace ». « Certains disent que nous sommes l’équipe la moins forte du groupe H, mais nous allons tenter de leur donner tort », promet Ammar Souayah. L’attaquant de l’équipe de Tunisie Ziad Jaziri entend bien « profiter des brèches qui seront inévitablement laissées par les défenseurs belges ». « La pression est sur la Belgique qui a le statut de favori. La Belgique devra donc attaquer pour justifier ce statut et il y aura des brèches dans leur défense. Sans doute pas beaucoup. Mais je profiterai du moindre petit espace pour tenter de marquer », a promis le buteur de l’Étoile sportive du Sahel. Le programme d’aujourd’hui Voici le programme d’aujourd’hui des matchs du Mondial 2002 de football (heure de Beyrouth) : Premier tour : Date Groupe Lieu Heure 10 juin Corée du Sud-États-Unis (D) Daegu 9h30 10 juin Tunisie-Belgique (H) Oita 12h 10 juin Portugal-Pologne (D) Chonju 14h30 Les résultats du week-end Voici les résultats des rencontres du Mondial 2002 enregistrés durant le week-end : Samedi Groupe B Afrique du Sud-Slovénie 1-0 Groupe G Italie-Croatie 1-2 Groupe C Brésil-Chine 4-0 Dimanche Groupe G Mexique-Équateur 2-1 Groupe C Turquie-Costa Rica 1-1 Groupe H Japon-Russie 1-0.
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