Le part d’extrême droite, le Front national, a subi un sérieux revers dimanche au premier tour des législatives en France, en obtenant environ 11 % des voix, et ne sera pas en mesure d’être l’arbitre du second tour puisque ses candidats ne pourraient se maintenir que dans une trentaine de circonscriptions, contre 132 en 1997. Selon les projections, le FN ne pourrait envoyer à l’Assemblée que, au mieux, deux députés. Contrairement aux prévisions des sondeurs et aux propres prédictions de son président Jean-Marie Le Pen, le FN enregistre un net recul par rapport à son excellent score du premier tour de la présidentielle. Le 21 avril, M. Le Pen avait recueilli 16,86 % des voix, se qualifiant ainsi pour le second tour face au président sortant Jacques Chirac. Si les législatives, avec leur mode de scrutin majoritaire à deux tours, sont traditionnellement une élection qui lui est moins favorable, le FN baisse également fortement par rapport aux législatives de 1997, lors desquelles il avait obtenu 14,94 % des voix. Même en additionnant le 1 % obtenu par les candidats du MNR de Bruno Mégret, qui avait quitté le FN début 1999, l’extrême droite fait trois points de moins qu’il y a cinq ans. En 1997, les candidats frontistes avaient été en mesure de se maintenir dans 56 duels et 76 triangulaires. Le FN n’avait obtenu qu’un seul député au second tour, en la personne de Jean-Marie Le Chevallier, alors maire de Toulon, dans la première circonscription du Var, dont l’élection avait ensuite été invalidée. « Je pense que le Front national sera en mesure de se maintenir dans plus de 300 circonscriptions », affirmait encore en début de semaine M. Le Pen, en prévoyant beaucoup plus de duels que de triangulaires. La performance de M. Le Pen, le 21 avril, le plaçait en effet, dans 237 circonscriptions, au-dessus de la barre fatidique des 12,5 % d’inscrits, nécessaire pour un maintien au second tour. Mais, dans un contexte de forte abstention (36 %), ce seuil des 12,5 % est devenu plus difficile à franchir. Dans certaines régions, comme en Alsace, où M. Le Pen était arrivé en tête à la présidentielle, loin devant M. Chirac, les candidats FN sont loin de rééditer le score de leur chef et ne parviennent même pas à empêcher l’élection au premier tour de députés UMP sortants. Dans le Pas-de-Calais, le FN sera toutefois présent dans des duels avec la gauche, au détriment de l’UMP, tandis que, dans le Vaucluse, des duels mettront aux prises UMP et FN. Au siège du FN à Saint-Cloud, dimanche soir, l’ambiance était à la grande morosité, contrastant très nettement avec l’atmosphère d’euphorie du 21 avril. Réagissant dès 20h00 à la télévision, M. Le Pen, qui n’était pas lui-même candidat à ce scrutin, a dénoncé un système électoral « antidémocratique » défavorable à son parti et reconnu que le FN remporterait sans doute « très peu de députés ». Éric Iorio, responsable des études au FN, se voulait plus optimiste, en affirmant que certains candidats frontistes avaient de « bonnes chances » d’être élus en Moselle, dans l’Hérault et dans le Vaucluse. Le numéro deux du FN, Bruno Gollnisch, a, lui, regretté qu’un « certain nombre » des électeurs de son parti se soient « malheureusement réfugiés dans l’abstention ». « Ce n’est pas Jean-Marie Le Pen qui était candidat, ce sont des candidats qui n’ont pas sa notoriété », a-t-il ajouté en guise d’explication. Bruno Mégret, l’ennemi juré de M. Le Pen, après avoir enregistré un très médiocre 2,34 % à la présidentielle, est lui aussi l’un des grands perdants du premier tour, subissant un sérieux revers dans son bastion des Bouches-du-Rhône (Sud). Pour sa troisième législative, et alors qu’il comptait sur son enracinement à Vitrolles, il se classerait en troisième position, avec 20,4 % des voix, derrière les candidats PS et UMP.
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