Bien embarquée dans le Mondial du football après la correction infligée à l’Arabie saoudite samedi (8-0), l’Allemagne, au sein de laquelle paraît régner une saine ambiance loin du tumulte de l’Euro 2000, veut décrocher dès mercredi face à l’Eire son ticket pour les huitièmes de finale. Les Allemands sont toutefois bien conscients que l’Eire est « d’un tout autre calibre » que les Saoudiens, dixit le sélectionneur Rudi Voeller. Cela tombe bien : la formation irlandaise se sait aussi « d’un autre niveau » que ce bien faible compétiteur, affirme son coach Mick McCarthy. Préposé à refroidir les têtes, Voeller a donc fort logiquement mis en garde : « Il serait fatal de croire à une promenade » contre les Irlandais. Aucun des joueurs allemands ne se risquerait d’ailleurs, en public, à évoquer un tel scénario. « Nous avons donné quelques signes montrant qu’il faudra compter avec nous. Mais cela ne vaut que si nous confirmons. Et ce n’est que si nous atteignons les huitièmes de finale que nous pourrons commencer à nous estimer heureux », a ainsi affirmé le milieu de terrain de Liverpool Dietmar Hamann. « C’est une équipe très robuste, très forte dans les duels, qui aura la confiance après son bon résultat contre le Cameroun (1-1). Ils auront certes du respect pour nous, mais ils n’auront pas peur », a renchéri l’autre milieu, Bernd Schneider. « Pas de stars » C’est à croire que la vedette de Leverkusen a deviné les propos – certes prévisibles – de McCarthy : « Pourquoi devrions-nous avoir peur d’eux alors que nous nous sommes extraits d’un groupe de qualification où figuraient les Pays-Bas et le Portugal, qui sont plus forts que l’Allemagne en ce moment ? » L’Allemagne est bien loin en effet de retrouver son statut d’épouvantail, mais elle donne en tout cas l’image d’une équipe soudée. « Cette première victoire, nous la devons aux onze joueurs sur le terrain, mais aussi à tous les autres », a par exemple souligné Schneider. « Ici, contrairement au Mondial en France, où nous avions de surcroît un statut de favori, et à l’Euro 2000, il n’y a pas de stars », a aussi fait valoir le milieu défensif Jens Jeremies qui a tout à fait accepté son rôle de remplaçant. Le joueur du Bayern Munich sait quelque chose des errements de la Nationalmannschaft. Il en avait publiquement dénoncé l’état « pitoyable » avant le début de l’Euro 2000. Juste prophétie : l’équipe entraînée par le malheureux Erich Ribbeck ne franchissait pas le premier tour. C’est donc tout le mérite de Voeller que d’avoir rétabli « l’esprit d’équipe », vanté par tous, et né cet hiver entre Kiev et Dortmund, dans l’énorme pression des barrages contre l’Ukraine. Pour l’instant, il tient toujours.
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