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L’Allemagne impressionne et s’impressionne(photo)

L’Allemagne, qui avait besoin d’une victoire pour se bâtir un moral après une série de forfaits, n’a pas manqué son baptême d’équipe en construction en rossant avec style l’Arabie saoudite 8 à 0, grâce à cinq buts de la tête dont trois de Miroslav Klose, samedi à Sapporo (Japon), pour le compte du groupe E du Mondial de football. C’est l’immense Carsten Jancker (1,93 m), pourtant cible favorite de la critique allemande, qui donnait le la sur la moquette du Sapporo Dome, par un tir rasant le poteau de Mohammed al-Deayea (4e) et une tête bien sentie sur un centre de Christian Ziege (9e). Michael Ballack, ce meneur de jeu espoir de tout un pays, prenait ensuite le relais. Dans l’ordre : centre sur la gauche que Jancker manque d’un souffle mais que Miroslav Klose, de la tête, transforme en but (20e), nouveau centre posé sur la tête du même Klose pour un doublé (25e) conclu par un salto, puis (décidément !) tête rageuse sur un service de Christian Ziege (40e, 3-0). Les dribbles chaloupés de la vedette saoudienne Sami al-Jaber n’entretenaient qu’une faible illusion. La Nationalmannschaft tenait ce match, physiquement et tactiquement, et son gardien Oliver Kahn n’avait rien à se mettre sous le gant pour se réchauffer de la climatisation de cette halle couverte essentiellement dédiée au base-ball. Triplé de Klose Le quatrième but, dans les arrêts de jeu de la première période, fut aussi œuvre collective : Torsten Frings, l’un de ces « jeunes communiants » à qui le sélectionneur Rudi Vœller a donné onction, alertait de la gauche Klose, qui prolongeait d’une talonnade dans les pieds de Jancker sous les vivats de la petite colonie allemande qui n’en espérait pas tant. Des tirs appuyés venus de loin, par Thomas Linke (50e) et Jens Jeremies (61e), entré en jeu après des problèmes musculaires de Carsen Ramelow, alimentaient encore le scénario de la domination allemande, malgré quelques débordements saoudiens bien vite endigués. Une tête de plus de Klose sur un cadeau de Bernd Schneider (69e) permettait à l’attaquant du Bayer Leverkusen de réussir un triplé et de corser une addition que l’arrière aérien Thomas Linke, toujours de la tête, pimentait encore sur un corner (6-0, 71e). Compatissant, le public japonais applaudissait à tout rompre un joli essai lointain de al-Hasan al-Yami (76e), qu’Oliver Bierhoff, fraîchement entré, faisait bien vite oublier d’un tir lointain bien placé (84e, 7-0). Asphyxiés, les Saoudiens étaient finalement laminés sur un coup franc de Schneider (90e) qui donnait à l’Allemagne sa plus large victoire en Coupe du monde depuis le 6-0 infligé au Mexique lors du Mondial argentin de 1978. Et entérine son statut d’outsider à l’affût des bons coups. Déclarations Michael Ballack : « C’est l’euphorie et les gens attendent beaucoup pour le prochain match. Mais c’était une rencontre où l’adversaire n’était pas très fort. Il nous faut recommencer de zéro. Les autres adversaires sont nettement plus forts. Il ne faut absolument pas nous relâcher. Si nous continuons à jouer comme aujourd’hui, nous avons nos chances. Je pense qu’après la défaite de la France, toutes les équipes étaient un peu effrayées. C’était un avertissement. » Miroslav Klose : « J’ai réussi à marquer trois buts, c’était important pour moi, pour ma confiance en moi. Je dois aussi des remerciement à l’équipe, car sans elle, je n’aurais pas réussi. Ce début était très important pour nous. Marquer 8 buts, personne ne l’aurait cru. Cela donne la confiance à l’équipe. Nous avons regardé le match Éire-Cameroun et nous savons ce qui nous attend. » La gazette l Jubilé. En Angleterre, David Beckham est souvent traité par les médias comme s’il était un membre de la famille royale, au point que son manoir du Hertfordshire a même été surnommé « Beckingham Palace ». Le capitaine de la sélection anglaise ayant, dit-on, le souci du détail, il ne lui a sûrement pas échappé que sa 50e sélection, hier contre la Suède à Saitama, tombait au même moment que le jubilé de la reine d’Angleterre, pour ses 50 ans de règne, célébré tout le week-end à Londres. l Stade ou théâtre. Le Sapporo Dome a vécu un drôle de baptême de Mondial samedi lors du match Allemagne-Arabie saoudite. Cette « halle multifonctionnelle » entièrement couverte, dédiée essentiellement au base-ball, faisait plus penser à un théâtre qu’à un stade de football. Ambiance feutrée, applaudissements polis du public japonais, que l’on sentait au demeurant ébahi devant de beaux gestes techniques, air conditionné frisquet... Bref, la fièvre n’y était pas. D’autant que cette salle de 42 000 places à l’apparence d’un coquillage n’était remplie qu’aux trois quarts. l Elles arrivent. Les femmes des joueurs allemands ont commencé à arriver au Japon et ont assisté à la démonstration de leurs joueurs de maris devant l’Arabie saoudite. Une petite dizaine d’entre elles sont attendues. Elles seront logées dans le même hôtel qu’une partie de la presse allemande, à moins d’un kilomètre de la « caserne » de leurs époux. l Vieux. Jan Heintze est le quatrième joueur de champ le plus âgé de l’histoire du Mondial. Trois fois seulement, à l’exception des gardiens de but, un joueur plus âgé que Jan Heintze a foulé la pelouse à l’occasion d’un match de phase finale de la Coupe du monde de football. Le Danois du PSV Eindhoven a disputé, samedi, le match du premier tour du Groupe À face à l’Uruguay alors qu’il était âgé de 38 ans, 9 mois et 16 jours. En 1994 aux États-Unis, le Camerounais Roger Milla avait joué alors qu’il était âgé de 42 ans, 1 mois et 8 jours. L’Argentin Angel Labruna en 1958 (39 ans, 8 mois et 18 jours) et l’Anglais Stanley Matthews en 1954 (39 ans, 4 mois et 25 jours) sont les deux autres aînés de Jan Heintze. l Mauvaise foi. La palme d’or de la mauvaise foi va incontestablement, en ce début de Mondial, au joueur japonais Junichi Inamoto, joueur-clé de la sélection nippone, mais certainement pas de son club, Arsenal : « J’ai construit ma confiance en jouant en Premier League pendant plus d’un an », a affirmé Inamoto vendredi, alors qu’il n’a pas joué un seul match de championnat, ou même de Coupe d’Angleterre cette saison. Confiné en équipe réserve, il s’est contenté de quelques minutes de jeu en Coupe de la Ligue, la seule compétition domestique qu’Arsenal n’a pas remportée. Une chose est sûre, il n’est pas fatigué. l Pronostic. Le manageur d’Arsenal, Arsène Wenger, connaît bien le football, et le Japon, alors il fait office de consultant pendant ce Mondial. Mais comme beaucoup d’autres, il s’est laissé prendre vendredi en annonçant que la France était favorite pour conserver son titre de championne du monde. C’était quelques heures avant la funeste rencontre contre le Sénégal, qui a semé le doute chez les bookmakers. Pronostiqueur, c’est comme consultant ou manageur, un métier. l Conseils. Le footballeur chilien Francisco Arrué, qui a joué à Lucerne (Suisse) dans le même club que le gardien du Nigeria Ike Shorunmu, est prêt à donner des conseils aux Argentins, Suédois et autres Anglais qui affrontent les Super Eagles pour le premier tour du Mondial dans le Groupe F. Pour tromper le goal nigérian, il faut tirer au sol « car, comme il pèse assez lourd (84 kg pour 1,86 m), il a du mal à plonger ». « Pour les penalties, faites des tirs croisés, on lui en a marqué plein à l’entraînement », poursuit le Chilien. En revanche, conclut Arrué, « il vous envoie un ballon de la main jusqu’au milieu du terrain et sort très bien sur les balles aériennes ». l Télé. Le lancement du Mondial 2002 n’a eu aucune influence sur la vente de téléviseurs au Chili, contrairement à ce qui se passe dans de nombreux pays latino-américains, selon la Chambre de commerce de ce pays. Le Chili ne participe pas au Mondial et ceci explique peut-être cela. l Toubib or not toubib. John Kenny, un supporteur irlandais, a cru sa dernière heure venue vendredi soir, lorsqu’il a été pris en pleine nuit de démangeaisons sur tout le corps, douleurs dans le bras gauche, signes inquiétants. Emmené d’urgence à l’hôpital, il tombe par chance sur un médecin japonais parlant anglais qui a diagnostiqué une crise allergique et l’a sorti d’affaires. Mais Kenny, en arrivant au stade de Niigata samedi, retrouve son sauveur habillé en volontaire du Mondial. Il se dit qu’il a eu de la chance de guérir et que le médecin de l’hôpital ne devait être qu’un interprète. Puis il a été rassuré : c’était un vrai docteur, mais qui profite du Mondial pour assouvir sa passion du foot en s’étant porté volontaire auprès du comité d’organisation. l Foi. L’entraîneur de la sélection brésilienne Luiz Felipe Scolari a enfreint les strictes consignes de sécurité imposées à la délégation brésilienne au Mondial. Il s’est éclipsé pendant une vingtaine de minutes hier pour aller prier dans une église catholique, à Ulsan en Corée, à la veille du premier match de la Seleçao, aujourd’hui contre la Turquie. Il a rencontré le curé de la paroisse Saint-Paul et discuté un moment avec lui. l Anniversaire. Le coach de l’équipe de Turquie a eu une surprise samedi quand ses joueurs lui ont fait souffler un gros gâteau d’anniversaire. Il fêtait ses 50 ans. Il a accepté le gâteau et suggéré que le plus beau cadeau que les footballeurs pourraient lui faire serait de gagner leur match d’ouverture du Mondial lundi contre le Brésil. Ils ont promis de faire leur possible. l Motivés. Arborant fièrement un vieux maillot des Bleus de 1986 floqué à son nom, Clément, 55 ans, suit l’équipe de France durant le premier tour du Mondial 2002 en Corée, avec son fils de 23 ans, Christophe, et Alain, un ami alsacien qu’il a rencontré à l’Euro 2000. Après 1982 en Espagne, 1990 en Italie et 1998 en France, cet agent hospitalier d’Antibes participe à sa quatrième Coupe du monde aux côtés des Bleus, qu’il a également suivis à l’Euro 2000. Systématiquement présents devant le camp d’entraînement, drapeau tricolore en mains et sifflet à la bouche, à la grande joie de la presse internationale, Clément et ses compères ont déboursé plus de 3 050 euros pour ce périple, billet pour les matchs inclus. Pour le logement, c’est système D : « On dort par terre chez un Coréen pour 4,5 euros la nuit ». Les trois hommes ont pensé à tout : ils ont même acheté un coq sur un marché local, qui leur a coûté environ 13,5 euros. Aucun d’entre eux ne sait en revanche ce que deviendra le volatile, baptisé Cocotac, après le premier tour et leur retour en France. l Somnambule. Le défenseur belge de l’Olympique de Marseille Daniel Van Buyten est le seul Diable rouge à dormir seul dans sa chambre. Légèrement somnambule, Van Buyten parle énormément dans son sommeil et a donc demandé, pour le repos des autres, à bénéficier d’un isolement. l Vieri si, del Piero no. Alessandro Nesta en défense (97,4 %) et Christian Vieri en attaque (93,9 %) font la quasi-unanimité chez les supporteurs italiens appelés par sondage à choisir la formation qui devrait débuter la Coupe du monde de football contre l’Équateur aujourd’hui. À l’inverse, Alessandro del Piero ne trouve grâce aux yeux des « tifosi » ni en attaque (32,6 %), et encore moins au poste de quatrième milieu de terrain (4,3 %). l Solidarité. Les Équatoriens, qui avaient toujours soutenu le Brésil dans les Coupes du monde précédentes, ont opté cette année pour les Argentins, qui devancent dans leurs pronostics la France, le Brésil et l’Équateur lui-même comme favoris pour une victoire finale. Le tiercé gagnant selon une enquête d’un institut privé équatorien est dans l’ordre : Argentine championne, devant la France et/ou le Brésil. l Grève de Mondial. Le foot comme enjeu de négociation sociale, c’est ce qu’ont trouvé de mieux les employés de la compagnie de télécom équatorienne Andinatel qui menacent de priver toute la zone andine du pays de retransmission de Mondial, à partir de lundi prochain, si la direction de l’entreprise persiste à vouloir licencier 800 employés de son personnel. l Sommeil. Le club du sommeil du Paraguay vient de mettre en garde les habitants de ce pays d’Amérique du Sud contre les méfaits du déphasage horaire. Pour cause de Mondial, de nombreux Paraguayens vont veiller pendant le mois qui commence, afin de suivre à la télévision les rencontres de Coupe du monde de football qui se disputeront en pleine nuit locale. Parmi les conséquences des veilles répétées, le club avertit ses compatriotes qu’ils risquent entre autres choses « d’être fatigués, de somnoler, d’être irritables, etc. » et suggère à tous de garder leur sang-froid, de « regarder les matchs dans le calme, baisser le son des téléviseurs pour les voisins et pour eux-mêmes, et de faire des siestes ». Élémentaire. l Paris. La France qui était cotée à 3 contre 1 chez les bookmakers anglais, comme favorite pour garder son titre de championne du monde de football à l’issue de la Coupe du monde asiatique, est tombée à 5-1 chez William Hill et 6-1 chez Ladbrokes, après la défaite contre le Sénégal en match d’ouverture vendredi soir de la Coupe du monde de football. l Zamorano pour l’Argentine. Le Chilien Ivan Zamorano a clairement désigné l’Argentine comme le pays qu’il aimerait voir champion du monde de football, même si « le Mexique peut surprendre et que la France, l’Angleterre et le Brésil sont favoris ». Pour Bam-Bam, comme on surnomme l’ex-canonnier de l’Inter de Milan, le champion doit être l’Argentine, parce que « ses joueurs sont mûrs et ont l’expérience des grands rendez-vous », mais aussi parce qu’un nouveau titre « donnerait tellement de plaisir à tout un peuple qui vit des moments difficiles ».
L’Allemagne, qui avait besoin d’une victoire pour se bâtir un moral après une série de forfaits, n’a pas manqué son baptême d’équipe en construction en rossant avec style l’Arabie saoudite 8 à 0, grâce à cinq buts de la tête dont trois de Miroslav Klose, samedi à Sapporo (Japon), pour le compte du groupe E du Mondial de football. C’est l’immense Carsten Jancker (1,93 m), pourtant cible favorite de la critique allemande, qui donnait le la sur la moquette du Sapporo Dome, par un tir rasant le poteau de Mohammed al-Deayea (4e) et une tête bien sentie sur un centre de Christian Ziege (9e). Michael Ballack, ce meneur de jeu espoir de tout un pays, prenait ensuite le relais. Dans l’ordre : centre sur la gauche que Jancker manque d’un souffle mais que Miroslav Klose, de la tête, transforme en but (20e), nouveau...