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Opération « grand pardon » de l’Allemagne

Opération « grand pardon » : après sa catastrophique dernière apparition en compétition internationale, à l’Euro 2000, où elle n’avait même pas franchi le cap du premier tour, l’équipe d’Allemagne a promis au pays une réhabilitation lors de cette Coupe du monde de football, qu’elle aborde en outsider. En juin 2000, le football allemand vivait des heures sombres. C’était l’époque où le quotidien populaire Bild titrait pleine page : « Nous ne voulons plus vous voir ! ». Et de biffer rageusement d’une croix rouge la photo de chacun des malheureux acteurs de cette campagne affligeante, au cours de laquelle la « Mannschaft » n’avait inscrit qu’un misérable but en trois matches. Ce pays de 6,2 millions de licenciés, champion d’Europe en 1996 et possédant dans ses rangs deux sénateurs champions du monde 90 comme Lothar Matthaeus ou Thomas Haessler, était traumatisé. Aujourd’hui, assure le gardien Oliver Kahn, « il y a beaucoup de joueurs qui veulent absolument faire oublier ce championnat d’Europe. » Lui-même en était, ainsi que 12 autres compagnons d’infortune pour qui le grand pardon commencera le 1er juin face à l’Arabie saoudite. Comment le sélectionneur Rudi Voeller a-t-il pu de nouveau embarquer ces 13 acteurs ayant à ce point déjoué et laissé croire qu’ils feront cette fois bonne figure ? C’est que, a-t-il répété, reconnaissant par là le retard pris par le pays dans la formation, « il n’y a pas d’alternative à ces joueurs .» Huit d’entre eux devraient ainsi émarger au onze de départ : Kahn, Rehmer, Hamann, Ballack, Ziege, Linke, Ramelow et Jancker ou Bierhoff. Deux « jeunots », Klose et Metzelder et un « oublié », Schneider, complétant l’affaire. « Pas de prima donna » « Contrairement à l’Euro, il n’y a pas ici de prima donna », souligne aussi Kahn, dans une allusion indirecte à l’ambiance assez détestable qui régnait à l’Euro 2000, notamment provoquée par la présence de Matthaeus que le sélectionneur Erich Ribbeck avait « réactivé » à 39 ans. « Il y avait le feu à la maison dès avant le tournoi » , a également confirmé le milieu de terrain Dietmar Hamann, l’un des acteurs présumés de la cabale orchestré contre le pauvre Ribbeck, jeté par-dessus bord par la Fédération allemande (DFB) en juillet 2000. Jugé incompétent tactiquement par l’équipe, Ribbeck avait, en relançant Matthaeus, misé sur une défense avec libéro qui fit long feu. Voeller a changé la donne et table sur un bloc à trois défenseurs, déjà pratiqué en club. Le parcours de l’ex-avant centre de l’AS Rome (D1 italienne) et de Marseille (D1 française) lui confère aussi cet indispensable respect auprès des joueurs, que n’avait pas Ribbeck. « Rudi national », champion du monde 1990, finaliste en 1986, est... le plus expérimenté de la « Mannschaft ». Et ne risque pas grand-chose en affirmant : « Nous ne pouvons que surprendre positivement. »
Opération « grand pardon » : après sa catastrophique dernière apparition en compétition internationale, à l’Euro 2000, où elle n’avait même pas franchi le cap du premier tour, l’équipe d’Allemagne a promis au pays une réhabilitation lors de cette Coupe du monde de football, qu’elle aborde en outsider. En juin 2000, le football allemand vivait des heures sombres. C’était l’époque où le quotidien populaire Bild titrait pleine page : « Nous ne voulons plus vous voir ! ». Et de biffer rageusement d’une croix rouge la photo de chacun des malheureux acteurs de cette campagne affligeante, au cours de laquelle la « Mannschaft » n’avait inscrit qu’un misérable but en trois matches. Ce pays de 6,2 millions de licenciés, champion d’Europe en 1996 et possédant dans ses rangs deux sénateurs champions du...