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Le Fateh divisé sur la poursuite des attentats-suicide

La multiplication des attentats-suicide par les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, un groupe armé issu du Fateh de Yasser Arafat, malgré les condamnations de celui-ci, illustre de profondes divergences tactiques au sein du Fateh. Les Brigades ont revendiqué quatre attentats sur le territoire israélien en huit jours, ignorant les appels répétés du président palestinien à l’arrêt des attaques contre les civils. Pour des analystes et des responsables palestiniens, ce phénomène illustre l’impuissance de M. Arafat à faire arrêter ces attaques, alors que, selon des responsables israéliens, il témoigne de son « double jeu ». « Les Brigades sont peut-être issues du Fateh, mais ce dernier ne les encadre et ne les contrôle pas totalement », a indiqué la députée palestinienne Hanane Achraoui. « Ce groupe s’est développé en réponse aux attaques meurtrières d’Israël. Il est lui-même divisé en plusieurs courants », a-t-elle ajouté. Les Brigades des martyrs d’al-Aqsa se sont formées après le début de l’intifada, fin septembre 2000, et ont pris un tournant beaucoup plus radical après l’assassinat attribué à Israël de l’un de leurs responsables, Raëd al-Karmi, en janvier à Tulkarem (nord de la Cisjordanie). Peu après cette liquidation, le groupe avait mené un attentat-suicide dans la ville de Hadéra (nord d’Israël), qui avait fait six tués israéliens. Avant cette opération, les Brigades avaient concentré leurs attaques sur des cibles israéliennes à l’intérieur des territoires palestiniens. Depuis, le groupe a revendiqué des dizaines d’attaques anti-israéliennes. Arafat opposé aux attentats Le Fateh, dont le chef Yasser Arafat a condamné solennellement le 9 mai à la télévision palestinienne les attentats « terroristes » et demandé à tous les groupes palestiniens d’arrêter les attaques contre les civils israéliens, est allé jusqu’à prendre ses distances du groupe armé. « Le Fateh n’a aucun lien avec les communiqués publiés par les Brigades des martyrs d’al-Aqsa ni avec des parties et individus s’en réclamant », a souligné vendredi le mouvement dans un communiqué. « Le Fateh n’est pas un parti, mais un mouvement », constate l’analyste politique Ghassan al-Khatib. « Ce n’est pas la première fois que l’on y voit des opinions discordantes », ajoute-t-il. Le communiqué de vendredi « découle d’une différence tranchée de points de vue entre les Brigades et le Fateh, il fallait donc que cette différence soit rendue publique, parce que le Fateh s’est engagé auprès des pays occidentaux à combattre le terrorisme », a-t-il ajouté. Mme Achraoui remarque qu’« un débat, public et en coulisses, est engagé », et espère que les Brigades finiront par se ranger aux demandes de M. Arafat. « Elles disent toujours qu’elles vont respecter les décisions de Arafat avec un “mais” (...). En ce moment, elles répliquent à la politique d’assassinats d’Israël », estime-t-elle. Les Brigades ont affirmé dans leurs revendications des dernières attaques qu’elles vengeaient de la sorte les assassinats de trois de leurs membres par Israël, le 22 mai près de Naplouse. « Arafat n’a pas le pouvoir d’arrêter (les membres des Brigades), dans le climat peu propice créé par la poursuite des opérations israéliennes », a estimé M. Khatib, affirmant que seule la reprise de négociations politiques entre Israël et les Palestiniens pourrait convaincre ce groupe de renoncer à sa stratégie actuelle.
La multiplication des attentats-suicide par les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, un groupe armé issu du Fateh de Yasser Arafat, malgré les condamnations de celui-ci, illustre de profondes divergences tactiques au sein du Fateh. Les Brigades ont revendiqué quatre attentats sur le territoire israélien en huit jours, ignorant les appels répétés du président palestinien à l’arrêt des attaques contre les civils. Pour des analystes et des responsables palestiniens, ce phénomène illustre l’impuissance de M. Arafat à faire arrêter ces attaques, alors que, selon des responsables israéliens, il témoigne de son « double jeu ». « Les Brigades sont peut-être issues du Fateh, mais ce dernier ne les encadre et ne les contrôle pas totalement », a indiqué la députée palestinienne Hanane Achraoui. « Ce groupe s’est...