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Paris et Washington ont évité les sujets qui fâchent

Paris et Washington ont affiché une belle unité de vues à l’occasion du premier séjour en France du président américain George W. Bush, mais en évitant les sujets qui fâchent. Le président américain, arrivé dimanche à Paris pour une visite de 24 heures dans le cadre d’une tournée européenne, a célébré à plusieurs reprises la solidarité et l’identité de vues entre les deux pays, aux côtés de son homologue français Jacques Chirac. Les deux hommes ont rendu hommage ensemble hier en Normandie (nord-ouest) aux soldats américains tombés pendant la Seconde Guerre mondiale, à l’occasion d’une cérémonie qui leur a surtout permis de célébrer la guerre commune contre le terrorisme. M. Bush avait déjà promu la France, la veille à Paris, principal allié des États-Unis dans la lutte antiterroriste. Cet accord sur l’essentiel a été le temps fort des entretiens entre les deux présidents, qui s’estiment et se sont déjà rencontrés à plusieurs reprises. Rivalisant d’amabilités, s’appelant par leurs prénoms, MM. Bush et Chirac ont chacun de leur côté minimisé les divergences, pourtant nombreuses, à l’occasion d’une conférence de presse commune. Le président américain s’est notamment efforcé de se montrer rassurant, tout comme il l’avait fait quelques jours plus tôt en Allemagne, sur ses intentions vis-à-vis de l’Irak. Il a ainsi réitéré ne pas avoir de plan d’attaque contre le régime de Saddam Hussein. M. Chirac a minimisé de son côté les manifestations antiaméricaines qui se sont déroulées dimanche à Paris et à Caen en Normandie, qu’il a qualifiées de « tout à fait marginales ». Jacques Chirac a certes reconnu l’existence de divergences qui, au-delà de la France, séparent les États-Unis de l’Europe, notamment le rejet par Washington de la convention de Kyoto sur le changement climatique ou les récentes subventions décidées en faveur des agriculteurs américains. « Nous avons des divergences de vues sur tel ou tel point, c’est normal, ne serait-ce que parce que nous avons des intérêts qui ne sont pas toujours convergents », a déclaré le chef de l’État français. Mais il a aussi indiqué qu’il y avait peut-être eu un malentendu sur les subventions agricoles : « Le président américain m’a indiqué que peut-être l’objectif voulu par les États-Unis avait été mal apprécié en France ». M. Chirac a également tenu à relativiser l’ampleur de ces désaccords, soulignant qu’ils portaient sur moins de cinq pour cent des échanges commerciaux transatlantiques. Les deux pays ont clairement décidé de « mettre entre parenthèses tout ce qui pouvait fâcher », a indiqué hier le directeur adjoint de l’Institut français des relations internationales (IFRI), Dominique Moïsi, interrogé par la chaîne de télévision LCI. De toute façon, l’étape française dans la tournée européenne de M. Bush revêtait une importance moindre à ses yeux, que celle de Moscou, théâtre de la signature d’un accord majeur de désarmement, ou de Berlin où le président américain a prononcé un important discours devant le Parlement allemand, font également valoir certains commentateurs.
Paris et Washington ont affiché une belle unité de vues à l’occasion du premier séjour en France du président américain George W. Bush, mais en évitant les sujets qui fâchent. Le président américain, arrivé dimanche à Paris pour une visite de 24 heures dans le cadre d’une tournée européenne, a célébré à plusieurs reprises la solidarité et l’identité de vues entre les deux pays, aux côtés de son homologue français Jacques Chirac. Les deux hommes ont rendu hommage ensemble hier en Normandie (nord-ouest) aux soldats américains tombés pendant la Seconde Guerre mondiale, à l’occasion d’une cérémonie qui leur a surtout permis de célébrer la guerre commune contre le terrorisme. M. Bush avait déjà promu la France, la veille à Paris, principal allié des États-Unis dans la lutte antiterroriste. Cet...