Malgré 11 participations en 16 Coupes du monde, l’équipe du Mexique reste l’une des grandes énigmes du football international. Sa meilleure performance, à ce jour, a été d’atteindre les quarts de finale dans les deux Coupes du monde qu’elle a disputées à domicile, en 1970 et 1986. L’équipe mexicaine peut pourtant se vanter d’avoir une population acquise à sa cause, près de 100 millions de supporters, et l’un des championnats les plus spectaculaires d’Amérique latine. Cette année, l’enjeu pour le Mexique sera donc d’exprimer enfin son formidable potentiel. Signes d’encouragement, les Mexicains ont atteint deux fois la finale de la Copa America depuis leur première participation en 1993. Les clubs mexicains ne sont pas en reste, et se comportent de mieux en mieux dans la Copa Libertadores. L’équipe de Nexaca a fini troisième du premier championnat du monde des clubs organisé au Brésil en 2000, juste derrière le Real Madrid et Manchester United. Mais lors de la dernière Coupe du monde en France, ce sont les nerfs des Mexicains qui ont lâché juste avant d’accéder aux quarts de finale. Après s’être extraits d’un groupe difficile face aux Pays-Bas et à la Belgique, ils avaient perdu d’un cheveu contre l’Allemagne (2-1) en huitièmes de finale. Mais cette fois, le Mexique semble aborder la compétition au mieux de sa forme, malgré des défaites incompréhensibles ces derniers mois. Défaites humiliantes Au centre de l’attaque se trouve toujours Cuauhtemoc Blanco, meilleur buteur du groupe de qualification avec neuf réalisations. Blanco est revenu en grande forme malgré une blessure au genou qui l’a éloigné des terrains durant plus d’un an. Son absence a coïncidé avec une période désastreuse pour le Mexique qui, après avoir subi un revers humiliant face à l’Angleterre en match amical (4-0), a enchaîné trois défaites en Coupe des confédérations l’an dernier. Le calvaire a continué au début des qualifications pour la Coupe du monde 2002 : le Mexique s’est incliné à trois reprises contre les États-Unis, le Honduras et le Costa Rica. Le sursaut d’orgueil est finalement intervenu avec le limogeage de l’entraîneur Enrique Menza, remplacé par Javier Aguirre après la déconvenue contre le Honduras. Les Mexicains ont ensuite battu les États-Unis en match retour, avant de s’imposer 2-1 en Jamaïque grâce à un doublé de Blanco dont on n’espérait plus le retour. Un match nul contre le Costa Rica et une dernière victoire 3-0 sur le Honduras (deux autres buts de Blanco) ont suffi pour envoyer l’équipe en Corée du Sud et au Japon. Quoi qu’il arrive au mois de juin, le Mexique veut absolument éviter une séance de tirs au but, un exercice qui les avait conduits deux fois à l’élimination en 1986 et 1994. Lutte contre la simulation : France-Sénégal en exemple Les 36 arbitres du Mondial 2002 de football ont reçu instruction formelle de la Fédération internationale de football (Fifa) de sanctionner les simulateurs, et l’Émirien Ali Bujsaim, qui officiera lors du match d’ouverture entre la France et le Sénégal le 31 mai à Séoul, se devra de donner le ton. Seul des hommes en noir retenus pour cette phase finale à avoir opéré lors de trois Coupes du monde d’affilée (1994, 1998 et 2002), Bujsaim a confirmé hier, lors d’une rencontre avec la presse dans la capitale sud-coréenne, qu’il devrait être intraitable dans ce domaine. « C’est un grand honneur d’arbitrer le match d’ouverture. Mais ce sera aussi une grosse responsabilité de faire passer le message de la Fifa à toutes les équipes », a-t-il déclaré. Les instructions sont claires. Cette forme de tricherie sera passible au minimum d’un carton jaune (avertissement). Le directeur du développement de la Fifa, George Cumming, qui a coordonné l’entraînement des arbitres, a insisté sur l’importance de cette lutte. Il a estimé que ce n’était pas les directeurs de jeu qui en étaient les véritables victimes, mais le jeu lui-même. Comportement déplorable Star des hommes en noir, l’Italien Pierluigi Collina aura l’occasion de se montrer particulièrement vigilant sur ce point lors du match entre l’Argentine et l’Angleterre (groupe F) qu’il dirigera le 7 juin à Sapporo (Japon). Lors du Mondial 98 en France, en 8es de finale, le milieu de terrain argentin Diego Simeone avait largement exagéré la conséquence d’un coup que lui avait porté l’Anglais David Beckham. Ce dernier avait été exclu et l’Argentine l’avait emporté (2-2, tirs au but). Pour Collina, les instructions de la Fifa devraient être fructueuses. « La Fifa entend profiter de l’événement pour en finir avec les trucages des joueurs de la même façon que, lors du Mondial 98, elle avait lancé une campagne pour lutter contre les tacles par derrière et, selon moi, cela avait porté ses fruits », a-t-il expliqué. « Il faut en terminer avec la simulation et nous devons tous faire quelque chose pour y parvenir. Les tricheries des joueurs sont le signe d’un comportement déplorable », a-t-il ajouté. Quant au choc entre Anglais et Argentins, présenté comme le match-phare du premier tour, le « grand chauve » affecte de ne pas en faire une montagne. « Il n’y a pas de rencontre plus importante que d’autres, j’en suis convaincu et je préfère mettre en exergue l’esprit de solidarité qui anime les arbitres de ce Mondial. Nous sommes la 33e équipe de l’événement. À la fin de la compétition, ce n’est pas un arbitre ou un match qui sera jugé mais l’ensemble. Que ce soit une grande fête et nous en serons tous », a-t-il espéré. Lucien Laurent, premier buteur de l’histoire du Mondial À 94 ans et quatre mois, le Français Lucien Laurent, auteur du premier but de l’histoire de la Coupe du monde de football, le 13 juillet 1930 à Montevideo, en Uruguay, lors du match France-Mexique (4-1), savoure une gloire tardive. Pendant 60 ans, sa reprise de volée à la 19e minute, sur un centre de Liberati, trompant le gardien Oscar Bonfiglio, était tombée dans l’oubli. Dans sa brasserie, achetée après la fin de sa carrière comme entraîneur-joueur à Besançon (est), Lucien Laurent, sélectionné onze fois en équipe nationale, ne parlait pas de cet exploit passé. Peu avant la Coupe du monde en Italie en 1990, les Italiens l’ont invité lors d’un gala, dénichant la « légende vivante ». Puis, en 1998, l’épreuve disputée sur le sol français a rangé l’ancien joueur du FC Sochaux au rang de « trésor national ». Employé chez Peugeot Depuis, l’« intérieur » droit des Tricolores de 1930, amateurs à l’époque, n’en finit plus de raconter aux journalistes ses souvenirs, de sa sélection par la Fédération au match contre le Mexique, en passant par la traversée de l’Atlantique sur un paquebot italien. « Quinze jours aller, quinze jours retour », se souvient-il. « Tous les joueurs qui éventuellement avaient joué en équipe de France étaient sollicités par la fédération, mais pas mal n’ont pas pu répondre positivement, puisque leurs patrons ne leur ont pas donné l’autorisation », raconte Lucien Laurent. Ce dernier, employé par le constructeur automobile Peugeot, a été plus chanceux, comme trois coéquipiers du FC Sochaux-Montbéliard, son frère, Jean, André Maschinot et Étienne Mattler. Sur le bateau, l’équipe « faisait des footings sur le pont et on a fêté le passage de l’Équateur, comme de coutume en marine ». Il y eut ensuite la découverte de l’Amérique du Sud et le premier match au stade du club uruguayen Penarol, Pocitos. Le souvenir de son fameux but lui permet d’établir un parallèle avec le football moderne. « Ce premier but, ce n’est pas pour autant qu’on s’est sauté dessus, que tout le monde a plongé, dit-il. Le football maintenant ce n’est pas très heureux, il y a trop d’incorrection, trop de trucage, pas assez de respect de l’adversaire et de l’arbitre. » Bébés La comparaison entre l’équipe de France actuelle, championne du monde en titre, et la sienne semble impossible : « Ce sont des bébés maintenant, on s’occupe de tout pour eux, nous on devait tout faire. » Des noms, comme celui de l’entraîneur, ne viennent plus. « J’ai la mémoire qui s’en va, ce n’est pas tellement facile, cela fait 70 ans, mais à force de répéter, c’est toujours pareil », plaisante-t-il. Ainsi, sur le nombre de spectateurs ayant assisté à ce France-Mexique, il hésite. « Entre 4 et 5 000 personnes, je ne sais pas, c’est difficile à dire, n’importe comment personne ne me contredira... », répond-il, malicieux. Blessé à une cheville lors du deuxième match contre l’Argentine, il a fini la compétition sur l’aile gauche, exilé. Faute de remplaçant, il était impossible de sortir. Pour la suite de la compétition, les Bleus ont perdu contre l’Argentine et le Chili sur le même score de 1 à 0. Séoul veut réussir son Mondial De la nourriture épicée, une population accueillante et des magasins bon marché : bienvenue en Corée du Sud, pays qui coorganisera la première Coupe du monde sur le continent asiatique à partir du 31 mai. Pour leur sixième participation au Mondial, les Coréens ont tout fait pour que cet événement soit une réussite totale aux yeux du monde. Ils ont par exemple dépensé deux milliards de dollars pour construire dix stades flambant neufs, dont sept seront consacrés exclusivement au football. Les organisateurs espèrent d’ailleurs que l’équipe de Corée atteindra au moins le second tour de la compétition afin de donner un coup d’accélérateur à un sport déjà très populaire dans la péninsule. En dehors des terrains, l’excitation a également gagné les villes et leurs habitants qui veulent montrer qu’ils sont prêts à accueillir les touristes étrangers partout dans le pays, et pas seulement à Séoul ou Pusan, les deux plus grandes villes. Trafic chargé Des campagnes télévisées lancées par le gouvernement ont incité les conducteurs à rouler moins vite, dans un plus grand respect des règles. Quant aux mairies, elles ont fait beaucoup d’efforts pour donner un coup de neuf aux toilettes publiques. Les chanceux qui se baladeront entre la Corée du Sud et le Japon trouveront certainement la Corée moins chère pour la nourriture, le logement et les transports. Les taxis sont pratiques et sûrs, bien que le trafic soit souvent très chargé. Les bus, y compris ceux mis à disposition par les grands hôtels, peuvent cependant contourner les embouteillages grâce à des couloirs spéciaux. Les trains et les avions sont assez bon marché, mais un minimum de préparation est nécessaire quand on sait que des centaines de milliers de supporteurs vont sillonner le pays durant un mois. Les tickets de train sont disponibles auprès de la Korea National Railways qui fait des réductions sur les trains express en Corée mais aussi au Japon. Pour de nombreux touristes, la nourriture coréenne s’arrêtera au barbecue, mais la cuisine locale offre bien d’autres plats comme le tofu, le poulpe, le crabe, le poisson, le poulet et les délicieuses préparations de canard. Il faut savoir que les restaurants ont tendance à se spécialiser ; ceux qui servent du bon poulet ne serviront pas grand-chose d’autre. Certains visiteurs pourront même goûter de la viande de chien, qui fut l’objet d’une polémique internationale avant la Coupe du monde. La gazette du Mondial Dispense. Les élèves du Sénégal seront autorisés à s’absenter le jour où leur équipe jouera. Les matches et leur retransmission ayant lieu le matin en heure locale sénégalaise (GMT), le ministère de l’Éducation a demandé aux inspections d’académie de libérer les enfants et d’organiser plus tard des cours de rattrapage. Lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN-2002) au Mali, en janvier-février, les horaires des écoles avaient également été aménagés en fonction des matches des Lions. Secret d’État. L’attaquant sénégalais, Amara Traoré, qui évolue en France à Gueugnon (D2), a confié depuis le Japon ses impressions à l’approche de France-Sénégal au journal local, Le Journal de Saône-et-Loire. Il a affirmé que son équipe avait « étudié toutes les éventualités, notamment sur le plan défensif », pour battre la France. « C’est un véritable secret d’État que nous ne devons dévoiler en aucun cas », a-t-il ajouté. Avant de conclure : « Nous sommes dans la position de l’outsider, celle qui nous convient le mieux. Nous n’avons rien à perdre et je sens qu’au fil des jours nous montons en puissance ». Vice-champion. Le milieu de terrain de l’équipe d’Allemagne et du Bayer Leverkusen (D1 allemande) Bernd Schneider s’est laissé aller à la plaisanterie sur le statut « d’éternel deuxième » qui colle désormais aux crampons du club rhénan après ses échecs en finale de la Ligue des champions, de la Coupe d’Allemagne et sa deuxième place derrière le Borussia Dortmund en championnat : « Après tout, nous serons peut-être aussi vice-champions du monde ! Pour être champion, en revanche, il faudra que les joueurs des autres clubs se démènent vraiment, car avec nous... ». Comme à la maison. Le Japon n’est pas si dépaysant pour les joueurs allemands. Depuis leur chambre d’hôtel, ils captent en effet ARD et ZDF, les deux chaînes de télévision publiques allemandes. « C’est la tradition lors des grands tournois », assure un responsable de production de ZDF, précisant que le signal de réception a été établi à la demande de la Fédération allemande de football (DFB), qui aurait payé pour cela 9 000 euros. Les journalistes allemands en profitent aussi : toute la zone de Miyazaki, où est installée la « Mannschaft », est desservie. Cadences infernales. Patrick Vieira et Sylvain Wiltord, les canonniers français d’Arsenal, ont été les joueurs français les plus sollicités cette saison. Ils ont disputé 61 matches chacun, Coupe nationale, Coupe d’Europe, équipe de France et championnat compris. Youri Djorkaeff (Kaiserslautern et Bolton) a lui disputé le moins de rencontres (20), juste derrière Johan Micoud (Parme, 24 matches). Les joueurs évoluant dans le championnat de France, Dugarry (Bordeaux), Lebœuf (Marseille) et Cissé (Auxerre) font partie du bas de classement avec respectivement 30, 34 et 39 matches disputés.
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