Pièce maîtresse des victoires de l’équipe de France de football au Mondial-98 et à l’Euro-2000, Didier Deschamps a trouvé en Patrick Vieira un successeur naturel, vite devenu indispensable, qui a permis aux Bleus de conserver, avec Emmanuel Petit, une redoutable paire de milieux récupérateurs pour le Mondial-2002. Au moment même où l’équipe, subitement privée de Deschamps en septembre 2000, se demandait si elle allait pouvoir rebondir sans son emblématique capitaine, Vieira, qui a grandi en bleu dans l’ombre du Basque, a définitivement pris son envol. Au point d’être aujourd’hui considéré comme le meilleur du monde à son poste, et d’être courtisé par les plus grands clubs, tel le Real Madrid (D1 espagnole). Un chiffre désormais suffit à résumer l’omniprésence de Vieira : avec 36 sélections d’affilée (27 fois titulaire, 9 fois remplaçant, 3 buts) depuis le France-Islande (3-2) du 9 octobre 1999, il a établi un nouveau record en équipe de France. Et avec 52 sélections à 25 ans seulement, il semble bien parti pour en battre d’autres. « Il peut encore être à ce niveau pendant 10 ans », déclarait il y a peu Zinedine Zidane. Très sollicité (61 matches cette saison), le longiligne (1,91 m) ratisseur du milieu de terrain d’Arsenal (D1 anglaise) n’a pourtant pas l’air de fléchir en cette fin de saison. Il forme ainsi un duo récupérateur impressionnant – rodé à Arsenal entre 1997 et 2000 – avec Emmanuel Petit, 31 ans et 57 sélections, lui aussi transfiguré par les hostilités mondiales qui approchent. Meilleur joueur français lors du dernier match des Bleus, le 18 mai face à la Belgique, il « resplendit d’activité », selon Roger Lemerre. Makelele le Titan Le Normand, après un Euro-2000 en demi-teinte à cause d’une blessure, a depuis repris sa place au milieu sans que personne ne la lui conteste, même pas Claude Makelele. À 29 ans, le récupérateur du Real Madrid (14 sélections), qui fournit un travail de Titan à chaque match des Madrilènes tant ses coéquipiers se portent irrésistiblement vers l’avant, est en effet victime de son manque de vécu en sélection. Tout proche des titulaires à son poste, ses absences au Mondial-98 et à l’Euro deux ans plus tard jouent probablement en sa défaveur. Mais, parfaitement intégré au groupe, il est mieux qu’un remplaçant. Sa position serait encore renforcée si le sélectionneur revenait à un milieu avec trois défensifs, une configuration qu’il n’a jamais complètement écartée. Quatrième larron de la récupération tricolore, Alain Boghossian est l’invité de dernière minute. Champion du monde, mais éloigné ensuite des Bleus en raison de graves blessures, il n’a pas joué en sélection du 13 novembre 1999 au 11 novembre 2001. Mais « l’âme des Bleus », selon Roger Lemerre, est revenue à temps, à force de volonté. Son caractère « aboyeur », qui plaît tant au sélectionneur, sera sans doute utile.
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