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Maradona et Pak-Do Ik : héros d’un jour ou de toujours

L’Argentin, vainqueur en 1986, est entré à jamais dans la légende du football. La postérité du Nord-Coréen, buteur en 1966, est plus improbable. Il en va ainsi des héros du Mondial : leur étoile brille pour toujours ou ne fait que filer l’espace d’un match. Maradona, c’est le Mondial-86, le match-symbole contre l’Angleterre. Trois ans après la fin de la guerre des Malouines, les deux pays ne se battent plus pour un lopin de terre, mais pour bien plus que ça : une place en demi-finale. 22 juin. stade Aztèque de Mexico. En ce jour d’équinoxe d’été, le talent de Diego est au zénith. Il ouvre le score de la main. Une intervention divine, se justifie-t-il sur le coup. « Mais quelle main de Dieu finalement ? C’est la main de Diego. Comme pour voler le portefeuille des Anglais », écrit-il plus tard dans son autobiographie. Cerf-volant cosmique Trois minutes après le hold-up de l’année, c’est le but du siècle. En 50 mètres de course balle au pied, le Pibe de Oro met quatre Anglais dans le vent avant de tromper le gardien Peter Shilton... « Cerf-volant cosmique, de quelle planète viens-tu ? » s’enflamme le commentateur d’une radio argentine Victor Hugo Morales. L’Argentine gagne 2 à 1. À la différence de Maradona, le Nord-Coréen Pak-Do Ik n’a connu qu’un seul jour de gloire, en juillet 1966, en signant le but de la victoire (1-0) qui a permis d’éliminer l’Italie (1-0) en Angleterre. On n’a plus rien su de Pak-Do Ik quand il a regagné la Corée de Kim-Il Sung. Certains affirment même que ses coéquipiers auraient été internés à leur retour à Pyongyang. Gestes extraordinaires, surprises, renversement de situation, les exploits ont scandé le déroulement des 16 éditions du Mondial depuis 1930. Les finales peuvent apporter leur lot de sensations fortes quand elles ne sont pas soporifiques (comme en 1990 et 1994). En 1998, les deux coups de tête de Zinédine Zidane contre le Brésil ont d’autant plus marqué les esprits que l’idole des Français n’est pas un spécialiste du jeu aérien. En 1954, les Allemands ont réussi le coup du siècle en s’imposant (3-2) contre la Hongrie après avoir été menés 2 à 0 par une équipe qui passait pour la meilleure du monde avec Ferencz Puskas. Une surprise qui avait un précédent : la victoire de l’Uruguay au Brésil à Maracana, quatre ans auparavant (2-1). États-Unis, 1994. Russie-Cameroun est surprenant à triple titre : le score (6-1 pour les Russes), l’exploit (cinq buts du Russe Salenko) et l’anecdote (le Camerounais Roger Milla qui sauve l’honneur à... 42 ans !). Des exploits pour rien : les deux équipes étaient déjà éliminées. Le roi Pelé Pelé occupe évidemment une place à part dans l’histoire de la Coupe du monde, qu’il est le seul à avoir gagné trois fois (1958, à 17 ans, 1962 et 1970). Contrôle dos au but, reprise de volée, son premier but en 1958 en Suède contre le pays de Galles annonce son long règne. La Suède a aussi été le théâtre de l’exploit d’un Français, Just Fontaine, qui détient toujours le record du nombre de buts marqués en phase finale (13). À titre de comparaison, le Croate Davor Suker et le Bulgare Hristo Stoïchkov, les deux meilleurs buteurs des dernières éditions, n’ont marqué que six buts. Trop souvent l’histoire s’écrit au détriment des gardiens. Certains sont pourtant entrés dans l’histoire, comme le Russe Lev Yachine (1958 et 1962). En 1970, Pelé saluera un arrêt légendaire de l’Anglais Gordon Blanks d’un : « J’ai marqué un but qui a été arrêté ». Avant guerre, en 1934 et 1938, le gardien tchèque Planicka Frantisek opposera une résistance héroïque en finale à l’Italie, qui gagnera (2-1 a.p) chez elle en présence de Benito Mussolini.
L’Argentin, vainqueur en 1986, est entré à jamais dans la légende du football. La postérité du Nord-Coréen, buteur en 1966, est plus improbable. Il en va ainsi des héros du Mondial : leur étoile brille pour toujours ou ne fait que filer l’espace d’un match. Maradona, c’est le Mondial-86, le match-symbole contre l’Angleterre. Trois ans après la fin de la guerre des Malouines, les deux pays ne se battent plus pour un lopin de terre, mais pour bien plus que ça : une place en demi-finale. 22 juin. stade Aztèque de Mexico. En ce jour d’équinoxe d’été, le talent de Diego est au zénith. Il ouvre le score de la main. Une intervention divine, se justifie-t-il sur le coup. « Mais quelle main de Dieu finalement ? C’est la main de Diego. Comme pour voler le portefeuille des Anglais », écrit-il plus tard dans son...