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Actualités - Chronologie

Jordanie Peine de prison maximale pour la première femme députée

L’ex-députée jordanienne Toujane Fayçal, première femme à avoir siégé au Parlement, a été condamnée jeudi par la Cour de sûreté de l’État à un an et demi de prison pour atteinte à l’image de son pays. Mme Fayçal a vivement protesté contre sa condamnation, lançant que « si la Cour avait été juste et indépendante, elle n’aurait pas prononcé un verdict qui lui a été dicté par Ali Abou Ragheb », le Premier ministre, avant d’être emmenée par les gardes. Les verdicts de la cour, une juridiction militaire, sont sans appel mais la Constitution donne au roi Abdallah II la possibilité de commuer les peines qu’elle prononce ou de gracier les condamnés. « Une femme comme moi leur fait peur plus que les hommes, et un aveugle est plus clairvoyant que le pouvoir », a ajouté Mme Fayçal, connue pour ses virulentes critiques des gouvernements jordaniens successifs. À sa fille Diana qui s’est mise à pleurer, Toujane Fayçal, en uniforme de prison, a dit sur un ton confiant : « Ne crains rien, je serai libre très prochainement ». Jugée depuis le 16 avril, Mme Fayçal a été condamnée à la peine maximale prévue pour propagation « à l’étranger d’informations portant atteinte à la réputation de l’État et à ses responsables », soit un an et demi de prison et 20 dinars (29 dollars) d’amende. Le tribunal lui reproche d’avoir déclaré en mars à Bagdad que la position d’Amman sur une éventuelle attaque américaine contre l’Irak variait selon « ses propres intérêts comme un indice boursier ». « La cour a constaté que l’accusée a fait des déclarations et publié des articles (...) visant à déformer l’image de la Jordanie et à inciter à des troubles dans le royaume », a déclaré le président de la Cour, le colonel Tayel Raqad, avant de prononcer le verdict. Il a accusé l’ex-députée d’avoir « porté atteinte à sa majesté le roi », en lui adressant une lettre par un site Internet connu critique de la Jordanie. Dans un communiqué distribué par ses proches, Mme Fayçal a appelé le Premier ministre à « un face-à-face télévisé » et affirmé que sa lettre au roi visait « à mettre au jour la corruption », dans le pays. L’ex-députée avait elle-même assuré sa défense, après le retrait de ses avocats pour protester contre le refus de la cour de faire témoigner le Premier ministre. Mme Fayçal a en outre été reconnue coupable de « propagation en Jordanie des informations portant atteinte à l’État et à ses responsables », en référence à cette lettre dans laquelle elle a accusé M. Abou Ragheb d’avoir profité d’une décision de doublement des tarifs d’assurance. Ce dernier, qui est actionnaire dans une société d’assurances, avait affirmé en mars que sa part dans cette société « n’a pas de valeur significative ». L’ex-députée a enfin été reconnue coupable d’avoir diffamé l’autorité judiciaire en l’accusant de « corruption » en mars sur la chaîne al-Jazira du Qatar et d’avoir prononcé à l’adresse des gardes de la prison des « propos susceptibles d’offenser le sentiment religieux ».
L’ex-députée jordanienne Toujane Fayçal, première femme à avoir siégé au Parlement, a été condamnée jeudi par la Cour de sûreté de l’État à un an et demi de prison pour atteinte à l’image de son pays. Mme Fayçal a vivement protesté contre sa condamnation, lançant que « si la Cour avait été juste et indépendante, elle n’aurait pas prononcé un verdict qui lui a été dicté par Ali Abou Ragheb », le Premier ministre, avant d’être emmenée par les gardes. Les verdicts de la cour, une juridiction militaire, sont sans appel mais la Constitution donne au roi Abdallah II la possibilité de commuer les peines qu’elle prononce ou de gracier les condamnés. « Une femme comme moi leur fait peur plus que les hommes, et un aveugle est plus clairvoyant que le pouvoir », a ajouté Mme Fayçal, connue pour ses...