TPI Milosevic tente de décrédibiliser Ratomir Tanic, un témoin-clé de l’accusation
le 16 mai 2002 à 00h00
Slobodan Milosevic a tenté hier de mettre en doute la crédibilité d’un des témoins-clés du procureur qui l’avait accusé d’avoir opté délibérément pour la violence au Kosovo et pour un affrontement avec l’Otan au détriment des civils yougoslaves. « Le premier Serbe appelé à témoigner ici est un faux témoin », a lancé l’ancien homme fort de Belgrade dès le début du contre-interrogatoire de Ratomir Tanic, un ancien conseiller de Nouvelle démocratie, un parti serbe associé entre 1994 et 1997 à la coalition au pouvoir avec M. Milosevic. M. Tanic appartient à la catégorie des témoins désignés sous le nom d’« initiés », ces personnes ayant connu le régime de Milosevic de l’intérieur et dont le témoignage pourrait se révéler crucial pour l’accusation. Il a raconté avoir participé « à un dialogue politique discret avec les Albanais du Kosovo » entre 1995 et 1999 sous l’égide des Services de sécurité serbes (SDB) et avec l’autorisation de Slobodan Milosevic. Lors de ses quatre heures et demie de déposition, M. Tanic a affirmé que Slobodan Milosevic avait préféré choisir la violence au Kosovo plutôt qu’un accord politique qui était à portée de main dès 1997. Il a accusé l’ancien homme fort de Belgrade d’avoir délibérément sacrifié des citoyens yougoslaves pour pouvoir décrédibiliser l’Otan lors des bombardements. « La principale stratégie était d’étendre la guerre avec l’Otan et le nombre de civils morts serait vu comme une victoire morale sur l’Otan », a-t-il estimé. M. Tanic a par ailleurs affirmé que l’ancien président yougoslave était au courant des intentions de l’Otan de bombarder le bâtiment de la Radio-télévision serbe (RTS). Ce bombardement le 23 avril 1999 avait fait 16 morts. « Je sais qu’il a été informé (...) mais le bâtiment n’a pas été évacué », a-t-il précisé. Visiblement énervé, le visage parfois rougi par la colère, M. Milosevic a accusé M. Tanic d’avoir menti sur ses attributions. Il a cité un communiqué du parti Nouvelle démocratie publié mardi et niant que M. Tanic ait été un de ses membres. Dans ce communiqué, le parti serbe du ministre de l’Intérieur Dusan Mihajlovic indique ne pas avoir été au courant des activités de M. Tanic. Ce dernier s’est défendu en maintenant avoir été conseiller de la présidence de Nouvelle démocratie et en soulignant que ce qu’il avait révélé était secret jusqu’à présent et échappait donc à la connaissance de beaucoup des membres du parti.
Slobodan Milosevic a tenté hier de mettre en doute la crédibilité d’un des témoins-clés du procureur qui l’avait accusé d’avoir opté délibérément pour la violence au Kosovo et pour un affrontement avec l’Otan au détriment des civils yougoslaves. « Le premier Serbe appelé à témoigner ici est un faux témoin », a lancé l’ancien homme fort de Belgrade dès le début du contre-interrogatoire de Ratomir Tanic, un ancien conseiller de Nouvelle démocratie, un parti serbe associé entre 1994 et 1997 à la coalition au pouvoir avec M. Milosevic. M. Tanic appartient à la catégorie des témoins désignés sous le nom d’« initiés », ces personnes ayant connu le régime de Milosevic de l’intérieur et dont le témoignage pourrait se révéler crucial pour l’accusation. Il a raconté avoir participé « à un...
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