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Actualités - Chronologie

État palestinien : le Likoud complique la tâche de l’Administration Bush

Le désaveu infligé au Premier ministre israélien Ariel Sharon par son parti sur la question de la création d’un État palestinien complique singulièrement la tâche de l’Administration Bush au Proche-Orient. « Cela va être plus difficile pour Washington de miser sur l’actuelle accalmie militaire et d’entamer des négociations politiques sérieuses en vue d’un règlement au Proche-Orient », résumait hier le New York Times. Car si le vote du comité central du Likoud, dimanche à Tel-Aviv, contre la création d’un État palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, n’a pas d’incidence sur la composition et le fonctionnement de la coalition au pouvoir en Israël, il crée, selon des experts américains, un climat défavorable à la paix. Le président américain George W. Bush, qui s’est refusé à commenter le vote, a en revanche fait savoir hier qu’il continuera à faire pression en faveur de la création d’un État palestinien. « Le président continue de croire que la meilleure voie pour la paix passe par la création d’un État de Palestine ainsi que par la sécurité d’Israël. C’est ce que le président croit, c’est ce qu’il continuera d’appuyer », a indiqué son porte-parole, Ari Fleischer. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon est toujours décidé à créer un État palestinien, a affirmé de son côté hier le secrétaire d’État américain, Colin Powell, qui réagissait au désavœu du dirigeant israélien par son parti. « Sharon m’a affirmé à nouveau, comme il l’a déjà fait publiquement, je pense, qu’il reste engagé à aller de l’avant pour réaliser cette vision ultime, partagée par la plupart d’un État palestinien », a déclaré M. Powell à des journalistes à Gander, au Canada. « Je pense qu’il faut se rendre compte que pour progresser (sur la voie de la paix), il faut reconnaître que l’existence d’un État palestinien est nécessaire. Nous ne pouvons continuer pour toujours avec ce peuple vivant dans un territoire occupé, privé du droit d’avoir son État », a-t-il ajouté. À plusieurs reprises, à l’instar de Washington, M. Sharon a admis publiquement que la création d’un État palestinien sera inévitable dans le cadre d’un accord de paix, une position historiquement à l’encontre de celle du Likoud. « Ce vote reflète l’état d’esprit des Israéliens pour lesquels il n’y a rien à tirer de (Yasser) Arafat, alors que pour Sharon, et pour la plupart des Israéliens, un État palestinien est inévitable », explique David Makovsky, du Washington Institute for Near East Policy. Selon lui, la diplomatie américaine va désormais devoir évoluer entre ce rejet du chef de l’Autorité palestinienne et la nécessité de permettre aux Palestiniens d’établir leurs frontières. « Le défi que la diplomatie américaine doit relever est de trouver un moyen de réconcilier l’opposition à Arafat et l’inévitabilité d’un État palestinien pour le peuple palestinien », poursuit M. Makovsky. Pour y parvenir, estime cet expert, une réforme de l’Autorité palestinienne doit s’engager, qui permettra de convaincre les Israéliens de la bonne volonté des Palestiniens. Les spécialistes craignent par ailleurs que les dirigeants arabes, y compris Yasser Arafat, n’exploitent le vote du Likoud pour faire valoir qu’Israël détient une plus grande part de responsabilité que les Palestiniens dans l’impasse du processus de paix. Le vote du Likoud pourrait en outre légèrement modifier l’opinion que les Américains se font des Israéliens. « Les Américains risquent désormais de percevoir les Israéliens comme des irréductibles, alors que le sentiment qui prévaut aujourd’hui au sein de l’Administration est qu’Israël a soif de paix, contrairement aux Palestiniens », observe le professeur Charles Butterworth, de l’Université du Maryland (est). Mais, selon ce spécialiste du Proche-Orient, « le principal problème, c’est le retour sur le devant de la scène de (Benyamin) Netanyahu », l’ancien Premier ministre israélien qui, durant son mandat, a parfois embarrassé, voire irrité l’Administration de Bill Clinton. « La question est de savoir si Netanyahu va être en mesure de vaincre Sharon la prochaine fois qu’il sera candidat à la direction de son parti et donc au poste de Premier ministre », estime Saul Newman, spécialiste de la politique israélienne à l’American University, à Washington. Et si, selon lui, le vote du Likoud ne va rien changer à un « processus de paix déjà sérieusement compromis », en revanche une arrivée de Netanyahu au pouvoir pourrait encore compliquer la laborieuse marche vers la paix dans cette région, que les États-Unis entendent mener à bien. Le Vatican « très préoccupé » par le vote Le ministre des Affaires étrangères du Vatican, Mgr Jean-Louis Tauran, a jugé hier « très préoccupant » le vote du comité central du Likoud, le parti du Premier ministre israélien Ariel Sharon, contre la création d’un État palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. « Le vote du Likoud est très préoccupant, parce que le processus de paix au Proche-Orient a comme objectif deux États indépendants à l’intérieur de frontières sûres », a-t-il déclaré. « Ce n’est pas un bon signal », a-t-il conclu.
Le désaveu infligé au Premier ministre israélien Ariel Sharon par son parti sur la question de la création d’un État palestinien complique singulièrement la tâche de l’Administration Bush au Proche-Orient. « Cela va être plus difficile pour Washington de miser sur l’actuelle accalmie militaire et d’entamer des négociations politiques sérieuses en vue d’un règlement au Proche-Orient », résumait hier le New York Times. Car si le vote du comité central du Likoud, dimanche à Tel-Aviv, contre la création d’un État palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, n’a pas d’incidence sur la composition et le fonctionnement de la coalition au pouvoir en Israël, il crée, selon des experts américains, un climat défavorable à la paix. Le président américain George W. Bush, qui s’est refusé à...