Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

Infarctus : une discrimination dans les soins ?(photos)

Les personnes âgées, victimes d’infarctus du myocarde, sont-elles moins bien soignées que les jeunes ? Cette aberrante constatation est rapportée par la revue scientifique «The Lancet» du 2 février 2002 au terme d’une grande enquête internationale auprès d’un nombre d’hôpitaux européens. Il semble que ses résultats viennent confirmer et illustrer une désolante réalité contre laquelle il serait temps de réagir avec la vigueur qui s’impose. Il serait, en fait, révoltant que la prise en charge en urgence de l’infarctus du myocarde soit objet de discrimination relative à l’âge de la victime. Or, il semble que la tendance est déjà de mise... Au milieu du XXe siècle, l’infarctus du myocarde constituait une redoutable menace pour la survie de ses victimes. Par la suite, les importantes avancées thérapeutiques ont permis de réduire de façon spectaculaire le taux de mortalité de ce redoutable incident et d’améliorer le pronostic de cette atteinte. De nos jours, après l’obstruction brutale de l’irrigation sanguine d’une partie du muscle cardiaque due à un caillot, un traitement efficace permet d’éviter ses redoutables séquelles. Non irrigué, en effet, le muscle cardiaque se détériore et dégénère en moins de 12 heures, se transformant en tissu fibreux, totalement non fonctionnel. Forte de cette constatation, la médecine, dans les années 70-80, a mis au point des moyens d’action très rapides destinés à désobstruer l’artère atteinte avant la survenue des lésions irréversibles. Ces moyens étaient soit médicaux (injections intraveineuses des thrombolytiques afin de dissoudre l’obstacle entravant la circulation du sang), soit mécaniques (dilatation de l’artère obstruée avec un ballonnet). Ces techniques avérées efficaces étaient complétées par des moyens médicamenteux, tels que les injections de thrombolytiques qui contribuaient à la dissolution du caillot obstructeur. Grâce à ces moyens, 95 % des jeunes victimes de pareil accident survivaient, ce qui n’était pas toutefois le cas pour les plus âgées, dont la mortalité atteignait 20 %. Une prise en charge moins efficace L’examen approfondi et l’analyse de ces différences de réussite du traitement entre tranches d’âge ont conduit à des données inattendues. Publiés dans le Lancet, les résultats de cet examen révèlent que la surmortalité des personnes âgées s’explique (ou pourrait s’expliquer) par une prise en charge en urgence moins bonne. Basée sur le registre Grace (Global Registry of Acute Coronary Events), qui constitue un observatoire international continu des personnes hospitalisées pour infarctus aigu du myocarde, l’analyse des données portant sur 9 251 patients et 94 hôpitaux répartis dans 14 pays (y compris l’Amérique du Nord, l’Australie, la France et de nombreux autres pays européens) a révélé : sur 9 251 patients, seuls 1 763 ont été examinés dans les 12 premières heures de leur attaque cardiaque. Ce qui aurait permis une désobstruction à temps de l’artère atteinte, évitant ainsi ou minimisant les séquelles. 30 % des malades n’ont pas bénéficié d’une perfusion alors qu’ils étaient dans les limites du temps où cette démarche contribue à la dissolution du caillot. L’analyse des données a révélé que 30 % des malades n’ayant pas reçu de traitement désobstructeur étaient avant tout des personnes âgées ou ayant des antécédents de diabète, d’insuffisance cardiaque ou d’infarctus... Les investigations entreprises en France, à l’annonce de ces résultats, ont révélé que 75 % des patients âgés de moins de 70 ans souffrant d’un infarctus et examinés à temps ont eu une seconde perfusion, en urgence, contre 51 % pour ceux ayant plus de 70 ans. Ce qui a incité le Pr Gabriel Steg de reconnaître : «Nous sommes en face d’une situation paradoxale, alors que les personnes âgées souffrent souvent d’infarctus plus graves, elles sont moins bien traitées que d’autres... Cela peut s’expliquer par la plus grande difficulté de diagnostic ou encore la présence d’autres pathologies associées...». En s’éloignant un peu du langage scientifique, une approche plus pragmatique risquerait de trouver des causes sensiblement moins scientifiques à cette attitude inacceptable par des institutions hospitalières du monde dit «civilisé»...
Les personnes âgées, victimes d’infarctus du myocarde, sont-elles moins bien soignées que les jeunes ? Cette aberrante constatation est rapportée par la revue scientifique «The Lancet» du 2 février 2002 au terme d’une grande enquête internationale auprès d’un nombre d’hôpitaux européens. Il semble que ses résultats viennent confirmer et illustrer une désolante réalité contre laquelle il serait temps de réagir avec la vigueur qui s’impose. Il serait, en fait, révoltant que la prise en charge en urgence de l’infarctus du myocarde soit objet de discrimination relative à l’âge de la victime. Or, il semble que la tendance est déjà de mise... Au milieu du XXe siècle, l’infarctus du myocarde constituait une redoutable menace pour la survie de ses victimes. Par la suite, les importantes avancées...