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Actualités - Reportage

TRIBUNE DU DISQUE La trompette de la renommée(photo)

De l’Apocalypse de Jean à Aïda de Verdi, de l’Antiquité à Miles Davis, la trompette appartient au rite musical qui marque les grandes cérémonies publiques, les démonstrations militaires et, plus généralement, les réjouissances de plein air. Son timbre éclatant et l’impact d’héroïsme que les musiciens lui ont donné en ont fait l’un des instruments les plus forts de l’Orient à l’Occident. Si la trompette primitive a été cantonnée dans un rôle signalétique, ses formes adventices ont été développées dans la direction d’une utilisation plus artistique qu’utilitaire. Au XVIe siècle déjà, la trompette s’intègre à l’orchestre naissant, offrant à des virtuoses l’exercice d’un art nouveau. Puis, sous l’effet de nouvelles exigences, elle devient le centre d’une véritable préoccupation esthétique, comme en témoignent les œuvres concertantes de J. S. Bach, Télemann, Haendel et Haydn en Allemagne, de Torelli, Vivaldi, Albinoni en Italie. Stimulés par cette vitalité créatrice et par les progrès constants de la facture de l’instrument, les trompettistes n’ont eu de cesse que d’étendre leur répertoire, d’où au XVIIIe notamment le libre choix de l’instrument soliste laissé aux interprètes pourvu que la tessiture et le caractère des œuvres soient respectés. La transcription — qui n’implique ni trahison, ni déformation — reste en vigueur aujourd’hui parce qu’elle assure la défense d’un patrimoine artistique qui, sans elle, aurait disparu. Qu’un virtuose de la stature de Maurice André s’empare de ces pages oubliées, et c’est à coup sûr la renaissance d’un style de musique devenu un peu obsolète de nos jours. Au travers de ce baroque de la trompette se dessinent l’évolution du style, le progrès formel et la réussite technique qui culminent peu avant les années 1800 avec le célèbre concerto de Joseph Haydn. Éclipsée pendant un siècle, la trompette va tout à coup bénéficier de l’invention du piston, révolution fondamentale qui a permis l’établissement définitif de l’instrument dans toutes les catégories de musiques, de la fanfare de mirliton au salon, du grand orchestre symphonique au modeste effectif de jazz. Ainsi libérée de ses contraintes acoustiques initiales, elle devient l’égale du violon et du hautbois autant par sa brillance que par sa vélocité. Son charme et la séduction de sa sonorité ont fait le reste, c’est-à-dire le bonheur des mélomanes. Sur ce double album EMI, on trouve des œuvres de Bach, Handel, Télemann, Stoelzel, Haydn, Torelli, Albinoni, Torelli, Vivaldi, Marcello et Cimarosa. Maurice André est unique dans ce répertoire auquel il est habitué. Il est accompagné par plusieurs et différents orchestres et chefs d’orchestre. À écouter avec plaisir. J.R.L.
De l’Apocalypse de Jean à Aïda de Verdi, de l’Antiquité à Miles Davis, la trompette appartient au rite musical qui marque les grandes cérémonies publiques, les démonstrations militaires et, plus généralement, les réjouissances de plein air. Son timbre éclatant et l’impact d’héroïsme que les musiciens lui ont donné en ont fait l’un des instruments les plus forts de l’Orient à l’Occident. Si la trompette primitive a été cantonnée dans un rôle signalétique, ses formes adventices ont été développées dans la direction d’une utilisation plus artistique qu’utilitaire. Au XVIe siècle déjà, la trompette s’intègre à l’orchestre naissant, offrant à des virtuoses l’exercice d’un art nouveau. Puis, sous l’effet de nouvelles exigences, elle devient le centre d’une véritable préoccupation...