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Actualités - Chronologie

Chirac soutenu par ses ennemis pour faire rempart aux frontistes

Affaibli par cinq ans de cohabitation avec un gouvernement de gauche, mis en cause dans des affaires de corruption et candidat à sa propre succession, le président français sortant Jacques Chirac bénéficie désormais du soutien de ses alliés comme de ses ennemis pour triompher dimanche du dirigeant d’extrême droite Jean-Marie Le Pen. «Chirac face à son destin», «Chirac face à l’histoire», titrent certains journaux français depuis son succès au premier tour de la présidentielle, le 21 avril, qui fait de lui le rempart de la démocratie face à l’extrême droite. Totalement inattendue, la présence de M. Le Pen, 73 ans, au second tour a galvanisé M. Chirac. À 69 ans, il affronte avec pragmatisme et détermination, selon son entourage, son ennemi personnel depuis plusieurs décennies dont il a toujours stigmatisé les thèses xénophobes. «Ce combat est le combat de toute ma vie. C’est un combat moral», avait-il déclaré le soir du premier tour après l’annonce de la qualification de M. Le Pen. Dans une carrière politique riche en rebondissements, il porte désormais le poids du rejet de l’extrême droite, manifesté par plus d’un million de Français dans tout le pays à l’occasion de la fête du 1er mai. Il avait déjà symboliquement refusé de participer contre M. Le Pen à la traditionnelle joute télévisée opposant les deux finalistes entre les deux tours, estimant qu’il n’y avait «pas de débat possible» face à «l’intolérance et la haine». Refusant ainsi de donner une légitimité démocratique à son adversaire, il a aussi pris soin, tout en rappelant son rejet viscéral des thèses d’extrême droite, notamment le rétablissement de la peine de mort, de limiter ses interventions sur les médias audiovisuels pour réduire d’autant le temps de parole du chef du Front national (FN). M. Chirac a surtout participé à des rencontres de terrain avec des élus et des représentants de la société civile. Ironie de la politique, après quelques hésitations chez certains, ses pires détracteurs appellent désormais à voter pour lui le 5 mai. «Voter Chirac», a sobrement titré jeudi le quotidien de gauche Le Monde après avoir souvent dénoncé, ces dernières années, le rôle éventuel de M. Chirac dans des affaires politico-financières alors qu’il était maire de Paris, jusqu’en 1995. «Oui, enfouir Le Pen sous des bulletins Chirac», écrit Le Monde, estimant que ce vote pour le président sortant doit «prendre le relais des manifestants de mercredi (1er mai) pour que le vote Chirac soit aussi un vote d’espoir». Pour la gauche, il s’agit en limitant le plus possible le score de M. Le Pen de prendre date pour les élections législatives de juin où, s’appuyant notamment sur la vaste mobilisation du 1er mai, elle tentera de conserver la majorité parlementaire. La nomination par M. Chirac après le 6 mai d’un nouveau Premier ministre, chargé de conduire le centre et la droite à la bataille des législatives, puis d’un nouveau gouvernement, permettront d’évaluer les chances d’apaiser le malaise né du scrutin présidentiel et de répondre au vote protestataire.
Affaibli par cinq ans de cohabitation avec un gouvernement de gauche, mis en cause dans des affaires de corruption et candidat à sa propre succession, le président français sortant Jacques Chirac bénéficie désormais du soutien de ses alliés comme de ses ennemis pour triompher dimanche du dirigeant d’extrême droite Jean-Marie Le Pen. «Chirac face à son destin», «Chirac face à l’histoire», titrent certains journaux français depuis son succès au premier tour de la présidentielle, le 21 avril, qui fait de lui le rempart de la démocratie face à l’extrême droite. Totalement inattendue, la présence de M. Le Pen, 73 ans, au second tour a galvanisé M. Chirac. À 69 ans, il affronte avec pragmatisme et détermination, selon son entourage, son ennemi personnel depuis plusieurs décennies dont il a toujours stigmatisé...