Dans l’univers de la recherche, de nouveaux signaux alarmants sont lancés à propos du clonage. Dans la revue scientifique «Nature Medicine» (mars 2002), des chercheurs de deux universités, celle de Cincinnati et celle de Honolulu, font état des résultats de leurs travaux, en appelant à la prudence sur le clonage, qu’il soit reproductif ou thérapeutique. Dans un article paru dans la presse française («Le Figaro» du 5 mars 2002), le généticien Andraï Pati signale que les embryons issus des clonages ne sont pas normaux, en assurant que plus on manipule l’embryon, plus les malformations et les anomalies sont graves. La liste des anomalies du clonage chez les mammifères ne cesse de s’allonger. Le taux de réussite, par ailleurs, de la technique reproductive reste extrêmement bas : entre 1 % et 5 %. La majorité des clones ont une espérance de vie extrêmement limitée et, durant leur vie embryonnaire, ils sont si gros que les chercheurs sont forcés d’interrompre la gestation bien avant leur naissance. Ces cas sont particulièrement fréquents chez les bovins. Il est aussi à signaler que, selon certaines fuites, la célèbre brebis clonée Dolly (1997) est atteinte d’arthritisme avancé... Le clonage des souris Toutes ces indications démontrent que l’implantation d’un noyau de cellule adulte dans un ovocyte dont le noyau est préalablement retiré (méthode suivie jusqu’à présent) est une opération à hauts risques pour le produit qui en résulte. Néanmoins, les scrupules n’empêchent pas certains laboratoires privés de poursuivre les expériences, annonçant triomphalement la naissance d’êtres dont ils ne sont pas encore en mesure de garantir la survie ou la parfaite condition physique. Face à ces réserves, le clonage des souris marque une étape décisive. Ce mammifère, qui a un cycle de reproduction très bref, est le plus étudié du monde. La souris est, en fait, le cobaye idéal pour étudier les conséquences du clonage, à court et à long terme, sur la santé du clone et son évolution. Y compris les risques de la technique. Ainsi, les chercheurs ont comparé le développement de trois groupes de souris : des animaux dont l’embryon avait été manipulé, les clones et des souris témoins. Selon le Pr Andraï Pati, directeur du laboratoire de biologie moléculaire à l’Institut Jacques-Monod (CNRS, Universités de Paris VI et VII), «toute manipulation embryonnaire provoque des modifications comparables au clonage». Effectivement, les souris clonées et les souris manipulées pesaient sensiblement plus que les autres. Au bout de dix semaines, toutefois, les clones étaient devenus tous obèses, quoique mangeant moins que les deux groupes restant, mais aussi par rapport à leur poids respectif. À savoir : les clones avaient des taux anormalement élevés en insuline dans le sang. Ce qui représente un signe caractéristique de l’obésité, alors que leurs parents ne souffraient pas de cette pathologie. Obésité non génétique Afin de s’assurer que cette obésité n’était pas due à l’ADN, donc à des phénomènes génétiques, l’équipe a fait se reproduire «normalement», c’est-à-dire sexuellement, deux souris clonées. La descendance ne fut pas obèse. On est arrivé ainsi à la conclusion que c’est l’opération du clonage elle-même qui était la cause de cette perturbation. Ce qui induit à la conclusion que les gènes ne gouvernent pas totalement le développement de l’embryon. D’autres opérations, encore inconnues, se déroulent dans le cytoplasme de la cellule dont l’importance est primordiale.
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