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Actualités - Chronologie

COLLECTION Le musée Thyssen : un fabuleux répertoire de l’art occidental

Digne d’un grand musée national, les peintures et autres objets ayant appartenu au baron Hans Heinrich von Thyssen Bornemisza, décédé samedi 27 avril, forment un extraordinaire répertoire de toutes les époques de l’art occidental. Entamée par le magnat de la sidérurgie allemande August Thyssen (1842-1926), poursuivie par son fils Heinrich von Thyssen Bornemisza (1875-1947), la collection a d’abord été répartie à la mort de ce dernier entre divers héritiers. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Hans Heinrich von Thyssen, petit-fils du fondateur, écume l’Europe pour reconstituer l’empire industriel familial dévasté par le conflit ainsi que le patrimoine artistique, rachetant un par un les tableaux à leurs nouveaux propriétaires. Apport de l’art contemporain Alors que son père et son grand-père avaient dédaigné l’art contemporain, Hans Heinrich von Thyssen enrichit considérablement la collection avec l’apport des grands mouvements des XIXe et XXe siècles, tout en continuant à acquérir des tableaux de maîtres anciens (des Duccio, des Kalf et des Goya notamment). Des chefs-d’œuvre de l’impressionnisme, du post-impressionnisme, du fauvisme, de l’expressionnisme allemand, du cubisme, du dadaïsme, de la peinture américaine et européenne de l’après-guerre et du pop art rejoignent ainsi les peintres primitifs flamands et italiens, gothiques ou de la renaissance allemande, pour former un fonds d’environ, en tout, 1 500 tableaux dont la valeur est inestimable. Regroupé à partir de 1937 à la Villa Favorita de Lugano (Suisse), le gros de l’ensemble déménage en 1992 en Espagne, où le baron Thyssen s’est installé après avoir épousé en cinquième noces en 1985 l’Espagnole Carmen Cervera. Après six ans de négociations, les 575 œuvres les plus importantes sont cédées à l’État espagnol pour 338 millions de dollars. Si une partie de la collection Thyssen est encore exposée à Lugano, ainsi qu’à Barcelone et dans le Gloucestershire (Grande-Bretagne), les œuvres les plus emblématiques sont aujourd’hui rassemblées au musée Thyssen Bornemisza de Madrid, qui a ouvert ses portes au public en 1993. Chefs-d’œuvre de toutes les époques Situé dans le palais de Villahermosa, en face de la célèbre pinacothèque du Prado, ce musée offre un fabuleux parcours à travers six siècles d’art : primitifs italiens (Le Christ et la Samaritaine de Duccio di Buoninsegna) et hollandais (Diptyque de l’Annonciation de Jon van Eyck), art du Moyen Âge et de la Renaissance, peinture baroque (Sainte Catherine d’Alexandrie du Caravage), peinture flamande du XVIIe siècle (Vénus et Cupidon de Rubens), peinture américaine du XIXe siècle, etc. Le musée conserve aussi des chefs-d’œuvre de l’impressionnisme (Amazone de face de Manet, Le dégel à Vétheuil de Monet), du post-impressionnisme (Gauguin, Degas, Van Gogh, Toulouse-Lautrec), du cubisme (L’homme à la clarinette de Picasso) et du surréalisme, avec notamment le magistral Rêve provoqué par le vol d’une abeille autour d’une grenade une seconde avant le réveil de Salvador Dali. Le musée Thyssen doit prochainement s’agrandir pour accueillir, selon les vœux des époux Thyssen, la collection particulière de Carmen Cervera, riche de quelque 700 œuvres.
Digne d’un grand musée national, les peintures et autres objets ayant appartenu au baron Hans Heinrich von Thyssen Bornemisza, décédé samedi 27 avril, forment un extraordinaire répertoire de toutes les époques de l’art occidental. Entamée par le magnat de la sidérurgie allemande August Thyssen (1842-1926), poursuivie par son fils Heinrich von Thyssen Bornemisza (1875-1947), la collection a d’abord été répartie à la mort de ce dernier entre divers héritiers. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Hans Heinrich von Thyssen, petit-fils du fondateur, écume l’Europe pour reconstituer l’empire industriel familial dévasté par le conflit ainsi que le patrimoine artistique, rachetant un par un les tableaux à leurs nouveaux propriétaires. Apport de l’art contemporain Alors que son père et son grand-père...