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Actualités - Chronologie

La République fédérale de Yougoslavie fête son dixième anniversaire

La République fédérale de Yougoslavie (RFY) née le 27 avril 1992 fête samedi son dixième anniversaire, qui pourrait être le dernier sous ce nom, ses deux composantes ayant convenu de se constituer fin juin en État de Serbie-Monténégro. Depuis leur union au sein de la RFY sous la férule de l’homme fort de l’époque Slobodan Milosevic, la Serbie et le Monténégro ont eu des relations difficiles, au point que ce dernier a fini par préparer sa sécession, processus mis en veilleuse in extremis par l’Union européenne. Quand Slobodan Milosevic fait voter en 1992 la Constitution de la RFY, quatre républiques de l’ex-République socialiste fédérale de Yougoslavie, la Croatie, la Slovénie, la Bosnie et la Macédoine, ont déjà accédé à l’indépendance. La JNA, l’armée de l’ex-Yougoslavie, réduite aux Serbes et Monténégrins et qui obéit à Milosevic, fait déjà la guerre en Croatie et en Bosnie, prétextant le «danger de génocide contre la population serbe» dans ces deux pays. L’adoption de la Constitution le 27 avril 1992 n’a pas été suivie, comme elle aurait dû, de la proclamation du nouvel État. Milosevic avait insisté pour conserver le nom de Yougoslavie espérant – en vain – d’être reconnu par la communauté internationale comme l’unique héritier de l’État disloqué en juin 1991. La Constitution de 1992 accordait à la Serbie (10 millions d’habitants avec le Kosovo) et au Monténégro (650 000) les mêmes droits. Dans la pratique, les choses sont allées autrement. Maître incontesté, Milosevic place à la tête du Monténégro des hommes qui lui obéissent aveuglement. Les relations se dégraderont avec l’accession en janvier 1998 à la présidence du Monténégro de Milo Djukanovic, un économiste pro-occidental et critique de la politique de Milosevic, qui a valu à la RFY des années de sanctions, l’isolement international et onze semaines de bombardements de l’Otan au printemps 1999. Au fil du conflit avec Milosevic, M. Djukanovic a détaché sa république de la Serbie, remplaçant le dinar yougoslave par le deutsche mark, puis par l’euro, menant ses propres politiques économique et étrangère. Longtemps réticents, en raison des liens étroits avec les Serbes, dont ils partagent la langue et la religion orthodoxe, un peu plus de la moitié des Monténégrins, selon les sondages, se sont pris à rêver d’indépendance. Le président Djukanovic leur avait promis pour l’été 2002 la tenue d’un référendum qui rendrait au Monténégro sa souveraineté, qu’il a perdue en 1918, en intégrant la première Yougoslavie créée par les puissances occidentales. Redoutant qu’un divorce, fût-ce à l’amiable, de la Serbie et du Monténégro n’accélère les revendications d’indépendance des Albanais du Kosovo et ne trouble le fragile équilibre dans les Balkans, l’UE a fait pression sur M. Djukanovic pour qu’il accepte un moratoire de trois ans sur le référendum. Le 14 mars, le chef de la diplomatie de l’Union européenne, Javier Solana, a amené M. Djukanovic, le président yougoslave Vojislav Kostunica et le Premier ministre de Serbie Zoran Djindjic à signer un accord mettant fin à l’existence de la Yougoslavie créée par Milosevic. Avant la fin du mois de juin, un nouvel État appelé Serbie-Monténégro devrait voir le jour pour une durée d’au moins trois ans. Puis, à l’issue de cette période, le Monténégro pourra opter pour l’indépendance. La Constitution du futur État accuse déjà du retard sur le calendrier prévu en raison de conditions posées a posteriori par les rivaux de M. Djukanovic. Sans leurs voix, l’accord ne peut être voté au Parlement yougoslave fédéral. Le fondateur de la RFY appelée à disparaître une fois l’accord réalisé comparaît depuis le 12 février devant la Tribunal pénal international (TPI) de La Haye qui l’a inculpé de crimes de guerre et contre l’humanité au Kosovo et en Croatie, et de génocide en Bosnie.
La République fédérale de Yougoslavie (RFY) née le 27 avril 1992 fête samedi son dixième anniversaire, qui pourrait être le dernier sous ce nom, ses deux composantes ayant convenu de se constituer fin juin en État de Serbie-Monténégro. Depuis leur union au sein de la RFY sous la férule de l’homme fort de l’époque Slobodan Milosevic, la Serbie et le Monténégro ont eu des relations difficiles, au point que ce dernier a fini par préparer sa sécession, processus mis en veilleuse in extremis par l’Union européenne. Quand Slobodan Milosevic fait voter en 1992 la Constitution de la RFY, quatre républiques de l’ex-République socialiste fédérale de Yougoslavie, la Croatie, la Slovénie, la Bosnie et la Macédoine, ont déjà accédé à l’indépendance. La JNA, l’armée de l’ex-Yougoslavie, réduite aux Serbes...