La fermeté à l’encontre des prêtres auteurs de violences sexuelles sur des enfants l’emporte dans l’Église catholique en Europe, au lendemain de la présentation du «plan de lutte» des cardinaux américains, convoqués au Vatican par Jean-Paul II en début de semaine pour un sommet de crise. L’idée d’une «tolérance zéro», qui aux États-Unis en particulier pourrait avoir des conséquences financières catastrophiques pour l’Église avec la possible multiplication de procès en réparation, explique en partie l’absence de commentaires officiels. Les responsables ecclésiastiques européens estiment toutefois qu’il faut éradiquer le fléau et, dans plusieurs pays, des mesures ont été prises plus ou moins récemment. Des commissions d’experts chargés d’aider les évêques ont également été mises en place. En France, qui a connu ces dernières années une trentaine d’affaires dans le clergé, l’épiscopat a condamné solennellement fin 2000 la pédophilie, un crime relevant de la justice. Aux Pays-Bas, le porte-parole de l’Église catholique, Peter van Zoest, a rappelé qu’elle avait été la première à fonder une commission interne. Depuis 1995, quarante sanctions ont été prises sur 200 plaintes de victimes. Même son de cloche en Pologne, terre natale du pape, où le recteur de l’Académie de théologie de Cracovie, l’évêque Tadeusz Pieronek, a déclaré que «le mal devait être combattu par tous les moyens», y compris «l’exclusion des ordres» religieux. En Autriche, Erich Leitenberger, porte-parole de l’archevêché de Vienne, a souligné que des médiateurs sont installés dans les diocèses pour s’occuper des cas de pédophilie et aider les victimes. L’Église allemande, pour sa part, veut «mieux aider les victimes», mais entend continuer à traiter le problème au niveau des différents évêchés, selon le porte-parole de l’épiscopat, Carsten Horn.
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