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Actualités - Chronologie

Une police en miettes tente de renaître à Ramallah

La police palestinienne, qui a payé un lourd tribut lors des trois semaines d’occupation israélienne à Ramallah, a tenté de rassembler ses forces dans les rues d’une ville encore sous tension, sans même savoir combien de ses hommes ont été tués ou arrêtés. Avant l’opération «Rempart» de l’armée israélienne, lancée le 29 mars en Cisjordanie, la police de Ramallah comptait 800 hommes. «Il en reste tout au plus 150», se désole son chef adjoint, Mahmoud Almashni. Dans les rues, la présence de cette police squelettique ne suffit pas à atténuer les craintes des habitants en proie à une criminalité en hausse. La population redoute aussi une reprise des exécutions sommaires de Palestiniens «collaborateurs» avec Israël. Installé dans des bâtiments de fortune de la police de la circulation, les seuls locaux habitables après trois semaines d’occupation israélienne, M. Almashni concède qu’il ne peut garantir de réelle protection aux habitants. «Ils ont détruit l’infrastructure de l’Autorité (palestinienne), surtout la police, dans l’intention de créer le chaos», dit-il. Plusieurs hauts responsables de la sécurité palestinienne, notamment le général Abdul-Hai Abdel-Wahad, directeur de la défense civile en Cisjordanie, ont été arrêtés pendant l’opération «Rempart». L’immense quartier général de la Sécurité préventive palestinienne en Cisjordanie, commandée par le colonel Jibril Rajoub, a été dévasté et brûlé. Quant au chef de la police de Ramallah, Mohammad Mahmoud Abouslah, il est toujours réfugié à l’intérieur du quartier général assiégé du président palestinien Yasser Arafat. Il a participé jeudi au jury de trois hommes qui a condamné quatre militants pour l’assassinat d’un ministre israélien, selon des sources palestiniennes. La principale mission de son adjoint, M. Almashni, était donc de localiser ce qui reste de ses forces éparpillées. «Certains sont coincés dans des endroits bloqués par les Israéliens, d’autres ont été arrêtés, d’autres encore ont été blessés ou battus en prison. Nous ne disposons pas de statistiques exactes mais nous savons qu’au moins quinze d’entre eux sont détenus». À côté d’un portrait mutilé de Yasser Arafat sur la place très animée de Manarah, une douzaine de policiers, dont certains de l’unité antiémeute, racontent leurs souvenirs de l’occupation israélienne. «Mon ami a été touché et j’ai été arrêté et détenu par les Israéliens pendant dix jours», dit Ahmad Jadallah. «La seule chose que nous pouvions faire devant les Israéliens, c’était essayer de nous protéger», ajoute Monaher Vatoyr, qui s’inquiète pour ses camarades portés manquants. Selon M. Almashni, les soldats israéliens ont confisqué les armes des policiers, brûlé leurs uniformes et emporté des documents et des équipements. «Ces armes avaient été achetées en vertu des accords d’Oslo afin de protéger la population et non pour combattre Israël», ajoute le chef adjoint de la police en faisant référence à l’accord de paix de 1993. «Les forces israéliennes ont délibérément visé la police, attaqué nos quartiers généraux et en ont détruit la majorité. Tout ce que nous avons construit et fait depuis Oslo a été détruit», se désespère M. Almashni. D’une flotte de 150 véhicules, seuls trois restent en état de marche, la plupart des autres ont été écrasés par les chars. Et même quand la police parvient à arrêter des malfaiteurs, comme par exemple quatre voleurs surpris dans un ministère dévasté, il n’y a plus de prison pour les incarcérer. Ni de tribunal pour les juger.
La police palestinienne, qui a payé un lourd tribut lors des trois semaines d’occupation israélienne à Ramallah, a tenté de rassembler ses forces dans les rues d’une ville encore sous tension, sans même savoir combien de ses hommes ont été tués ou arrêtés. Avant l’opération «Rempart» de l’armée israélienne, lancée le 29 mars en Cisjordanie, la police de Ramallah comptait 800 hommes. «Il en reste tout au plus 150», se désole son chef adjoint, Mahmoud Almashni. Dans les rues, la présence de cette police squelettique ne suffit pas à atténuer les craintes des habitants en proie à une criminalité en hausse. La population redoute aussi une reprise des exécutions sommaires de Palestiniens «collaborateurs» avec Israël. Installé dans des bâtiments de fortune de la police de la circulation, les seuls locaux...