Le Pr Edouard Zarifian, psychiatre et professeur de psychologie médicale (Université de Caen, France), observateur averti et très attentif du comportement de ses semblables, estime que la voiture, indépendamment de son rôle utilitaire, reste pour son propriétaire un formidable objet d’identification, comme si homme et voiture ne faisaient qu’un. «Cela explique, commente-t-il, que pour un simple accrochage ou une place de parking, une queue de poisson, les automobilistes en arrivent souvent à se battre». D’après lui, moins les gens sont intellectuellement structurés, plus ils s’identifient à leur voiture, ressentant ce véhicule comme faisant partie d’eux mêmes. Une autre manifestation que ce psychiatre relève est l’effort que certains conducteurs effectuent pour différencier leur véhicule des autres par des aménagements, ce qui ne manque pas, bien entendu, de créer un fructueux commerce d’accessoires proposés. En réalité, cette multitude de gadgets ne sert qu’à personnaliser la voiture, la différenciant des autres, estimant qu’elle est l’image de son propriétaire. La façon de conduire trahit le propriétaire En société, les règles de la bienséance, du moins les plus élémentaires d’entre elles, inhibent ou canalisent les pulsions de la nature profonde d’un individu. Une fois le sujet devant le volant, ces règles disparaissent. Livré à lui-même, il donne libre cours à sa vraie nature et laisse paraître son tempérament profond. Pour le Pr Zarifian, la voiture est une partie de lui-même qui lui obéit et nul ne peut interférer dans cette relation. Quelqu’un de policé, de courtois, peut se transformer en personnage sauvage ou agressif. L’approche, toutefois, reste identique pour la femme aussi face au volant, mais elle reste par nature moins agressive que l’homme. Comme dans la vie courante d’ailleurs. Une différence fondamentale En revanche, le Pr Zarifian relève une différence de comportement fondamentale entre les deux sexes par rapport à la voiture: le narcissisme masculin se traduit à travers sa voiture. Dans l’inconscient de l’homme, la voiture reste l’accessoire de séduction «pour draguer, pour frimer», le rassurant sur son pouvoir et sa virilité... Comme le signale le Pr Zarifian, on n’a qu’à remarquer: les hôtesses, figurantes, modèles ou mannequins sont sélectionnés et triés sur le volet, avant d’être agréés comme promotrices de ventes de voitures alors qu’il s’agit d’un produit de grande consommation. Dans l’inconscient masculin, la voiture reste inscrite comme instrument de séduction... Il va de soi que le problème n’existe pas chez la femme, dont le narcissisme n’a jamais été placé sur quatre roues. D’où le fait relevé par le spécialiste qu’on ne voit jamais de superbes mâles vanter les vertus des voitures pour femmes. Pour elles, ont parle sécurité, place pour les enfants et confort de conduite... Comme pour tout achat utilitaire, sans prolongement érotique.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Pr Edouard Zarifian, psychiatre et professeur de psychologie médicale (Université de Caen, France), observateur averti et très attentif du comportement de ses semblables, estime que la voiture, indépendamment de son rôle utilitaire, reste pour son propriétaire un formidable objet d’identification, comme si homme et voiture ne faisaient qu’un. «Cela explique, commente-t-il, que pour un simple accrochage ou une place de parking, une queue de poisson, les automobilistes en arrivent souvent à se battre». D’après lui, moins les gens sont intellectuellement structurés, plus ils s’identifient à leur voiture, ressentant ce véhicule comme faisant partie d’eux mêmes. Une autre manifestation que ce psychiatre relève est l’effort que certains conducteurs effectuent pour différencier leur véhicule des autres par des...