Colin McRae (Ford Focus WRC) a craqué et Marcus Gronholm (206 WRC) a gagné le rallye de Chypre, cinquième épreuve du championnat du monde, dimanche à Limassol, permettant à Peugeot de dicter enfin sa loi sur un terrain jusque-là défavorable. En s’imposant devant son coéquipier, le Britannique Richard Burns, ses compatriotes Tommi Makinen (Subaru Impreza WRC) et Harri Rovanpera sur la troisième 206 WRC, Gronholm remportait la neuvième victoire de sa carrière, la deuxième cette saison, la seizième de la 206 WRC, et affirmait un peu plus ses ambitions dans la course au titre. Pourtant, samedi soir encore, Colin McRae (Ford Focus WRC) semblait solidement installé en tête de l’épreuve avec 26 secondes et deux dixièmes d’avance, après son coup de poker réussi sous le déluge de l’ES12, son choix de pneus étroits. Toutefois, le Finlandais ne désarmait pas. «S’il fait beau, j’attaquerai dans les deux premières spéciales et puis on verra», déclarait-il. Marcus Gronholm tient toujours ses promesses. Dimanche matin, avec Burns et Rovanpera, le trio des 206 sonnait la charge, installait McRae sous pression, Makinen aussi. Une erreur de l’équipe Ford allait faire le reste. « Information erronée » «L’équipe nous a donné une information erronée dans l’ES15, la première de la matinée», admettait en effet Nicky Grist, le copilote de l’Écossais. Ford indiquait un retard d’une seconde sur Gronholm à McRae. Or, l’écart était plus important (9). Une erreur lourde de conséquence. Voyant son avance au classement fondre, le pilote britannique, énervé, attaquait alors à outrance dans la spéciale suivante (ES16). Trop. «Plus fort qu’il n’aurait dû», reconnaissait Grist. «On poussait très fort et, à environ 2 km de l’arrivée, j’ai pris l’intérieur d’un virage à gauche. La voiture est partie en tonneau, retombée sur ses roues. Dans l’accident, la direction assistée en a pris un coup. C’est décevant mais on reste 2e. Cela aurait pu être pire», expliquait McRae. Dans la même spéciale, Markko Martin (Ford Focus) connaissait la même mésaventure, Petter Solberg (Subaru Impreza WRC) aussi dans l’ES17. Le Britannique n’était pas au bout de ses peines. Il effectuait un nouveau tonneau (ES18) et reculait encore au classement, à la 7e place, avant de récupérer la sixième (et un point) dans l’ultime spéciale pour moins de deux secondes au détriment de l’Allemand Armin Schwarz (Hyundaï Accent WRC). Tour de force Gronholm avait gagné son duel avec Colin McRae. Richard Burns en faisait de même pour la deuxième place en devançant Makinen d’un peu plus de deux secondes sur les 9,14 km de la dernière épreuve chronométrée au départ de laquelle le champion en titre comptait une seconde et six dixièmes de retard. Les Peugeot avaient réussi un tour de force. Pour la quatrième fois consécutivement, elles réussissaient le «doublé», prenaient le large au championnat constructeurs, comme Marcus Gronholm chez les pilotes. Dans le camp français, la joie était d’autant plus grande que ce triomphe survenait sur un terrain dur, cassant, jusque-là domaine réservé de Ford. Jamais Peugeot n’avait pu y imposer ses voitures. Mais voilà, la 206 WRC est désormais une redoutable «tout-terrain» que rien ni personne n’arrête, quand Gilles Panizzi est à son volant sur asphalte et Marcus Gronholm sur terre, neige ou glace. Au grand désespoir des adversaires, de Ford et Subaru impuissants depuis trois mois et plus inquiets que jamais dans la course au titre mondial. «Il faut rester vigilants, avertissait cependant Corrado Provera, directeur de Peugeot Sport. N’oublions pas que l’an dernier nous comptions quarante points de retard sur Ford à mi-saison. Et nous avons été champions. Alors nos rivaux peuvent eux aussi en faire de même». Les classements 1. Marcus Gronholm-Timo Rautiainen (Fin/Peugeot 206 WRC) 4 h 21’25’’7 2. Richard Burns-Robert Reid (G-B/Peugeot 206 WRC) à 56’’8 3. Tommi Makinen-Kaj Lindstrom (Fin/Subaru Impreza WRC) à 59’’0 4. Harri Rovanpera-Risto Pietilainen (Fin/Peugeot 206 WRC) à 1’18’’7 5. Petter Solberg-Phill Mills (Nor-G-B/Subaru Impreza WRC) à 2’17’’9 6. Colin McRae-Nicky Grist (G-B/Ford Focus WRC) à 2’45’’5 7. Armin Schwarz-Manfred Kremer (All/Hyundai Accent WRC) à 2’47’’4 8. Markko Martin-Michael Park (Est-G-B/Ford Focus WRC) à 4’22’’6 9. Kenneth Eriksson-Tina Thorner (Suè/Skoda Octavia WRC) à 7’17’’7 10. Gilles Panizzi-Hervé Panizzi (Fra/Peugeot 206 WRC) à 8’12’’2. Classement du championnat du monde des pilotes : 1. M. Gronholm (Fin) 31 pts 2. G. Panizzi (Fra) 20 3. R. Burns (G-B) 19 4. T. Makinen (Fin) 14 5. C. Sainz (Esp) 9 H. Rovanpera (Fin) 9. Classement du championnat du monde des constructeurs : 1. Peugeot 68 pts 2. Subaru 27 . Ford 27.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Colin McRae (Ford Focus WRC) a craqué et Marcus Gronholm (206 WRC) a gagné le rallye de Chypre, cinquième épreuve du championnat du monde, dimanche à Limassol, permettant à Peugeot de dicter enfin sa loi sur un terrain jusque-là défavorable. En s’imposant devant son coéquipier, le Britannique Richard Burns, ses compatriotes Tommi Makinen (Subaru Impreza WRC) et Harri Rovanpera sur la troisième 206 WRC, Gronholm remportait la neuvième victoire de sa carrière, la deuxième cette saison, la seizième de la 206 WRC, et affirmait un peu plus ses ambitions dans la course au titre. Pourtant, samedi soir encore, Colin McRae (Ford Focus WRC) semblait solidement installé en tête de l’épreuve avec 26 secondes et deux dixièmes d’avance, après son coup de poker réussi sous le déluge de l’ES12, son choix de pneus étroits....