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Actualités - Reportage

Violon d’Ingres ...Samy Khayat, « le Brigitte Bardot libanais » !(PHOTO)

Samy Khayat, c’est un peu le fou du roi, un amuseur public qui aime rire et faire rire, du meilleur comme du pire. «Je ris même en dormant». Quarante ans qu’il est au service de l’humour et de la bonne humeur. Une seule chose ne le fait cependant pas rire du tout, le manque de respect et d’amour pour ses amis les bêtes, son pire cauchemar. Allo, Monsieur Khayat ?». «C’est de la part de qui le demande ?». Le ton est donné, retrouvé et comme inspiré de ses plus fameuses répliques. La vie comme au théâtre ou le contraire ? Rendez-vous pris donc avec Samy Khayat pour le lendemain 13 heures. «Est-ce que vous me reconnaîtrez ?», demande-t-il presque sérieusement. Qui donc des générations de la guerre et son après-guerre ne connaît-il pas la frimousse de ce clown qui ne quitte jamais son sourire, comme un habit de scène qui aurait fait sa notoriété et son bonheur ? Trente-six pièces et des années d’énergie, dépensée sans calculer, car, précise-t-il, «chacun fait sa guerre à sa façon». La sienne passe par la dérision et la bonne humeur, un héritage et une éducation. «J’ai grandi dans une maison où l’humour était omniprésent». Puis il y aura les années d’école au Collège Notre-Dame de Jamhour, premiers pas au théâtre, imitations quotidiennes et représentations lors des fêtes de fins d’années. Il y aura enfin le souvenir de ce lieu sacré, la Crèche Saint-Vincent de Paul fondée au Liban par son père Albert. «Il y avait la grande crèche où mon père animait le spectacle de la Nativité, chaque année. Tout y était, les santons qui passaient sur des rails, les Rois mages, le vent, le tonnerre, les éclairs, un son et lumière très artisanal. Il arrivait même à faire pleuvoir sur scène, ce n’était pas difficile, il était directeur de la Compagnie des eaux !». Après de longues études et une licence en droit et sciences politiques, une maîtrise en lettres modernes et un doctorat en linguistique, il se retourne vers l’humour qu’il a finalement dans le sang. La SPA depuis 71 «On m’a souvent surnommé le Brigitte Bardot libanais !». Silence. On cherche. La coiffure ? Le sex-appeal ? Encore que, avec une perruque blonde, une tenue en tissu rouge vichy… Sait-on jamais avec Samy Khayat ?… Il sourit. On aura vite compris qu’il s’agit de ses amis les bêtes. «On ne peut pas séparer l’homme de la nature et des animaux. Le respect est indissociable». Samy a donc repris en main et à cœur la Société protectrice des animaux, fondée au Liban par ce même père inspiré et inspirant. «J’ai récupéré la SPA en 1971. Nous avons évolué en dents de scie. Actuellement, nous sommes une centaine de personnes concernées, volontaires, membres et sympathisants. Nous improvisons sans moyens, sans structure ou secrétaires. Mon domicile sert de bureau et mon téléphone personnel de central. Nous avons quand même réussi à créer à Hamlaya un refuge pour chiens errants ou blessés, grâce à M. Hani el-Rayess qui a mis son terrain à notre disposition». Samy a, en toute âme et conscience, profité de sa notoriété pour faire passer certains messages. «La guerre a bouleversé l’ordre des priorités. Mais tout est dans tout, et la protection de l’homme commence dans la protection de son environnement». Le ton change, l’heure – l’instant – n’est plus à la plaisanterie. «Il existe encore chez nous des lois et des réactions révoltantes. La cruauté envers les animaux – chose courante – est pénalisée, selon la loi, de 10 000 LL. Nous avons encore des commerçants qui exposent et vendent des animaux dans des conditions sanitaires et humaines inadmissibles. Il faudrait fermer ces échoppes et interdire la vente de poussins colorés pour Pâques et qui n’existent que chez nous». Quelques satisfactions viennent ponctuer son discours. «Nos petites victoires ? La chasse est officiellement interdite depuis six ans ; et puis, cette année, personne n’a tiré sur les cigognes». Trente années au service de causes qui le font encore avancer, notre BB nationale n’y aura laissé que quelques cheveux. Il continue à vouloir faire rire, aujourd’hui dans son restaurant La Rigolette, son «théâtre personnel» qu’il a ouvert pour pouvoir faire le clown tous les soirs, sans prétention, sinon celle de continuer à faire plaisir. Carla HENOUD
Samy Khayat, c’est un peu le fou du roi, un amuseur public qui aime rire et faire rire, du meilleur comme du pire. «Je ris même en dormant». Quarante ans qu’il est au service de l’humour et de la bonne humeur. Une seule chose ne le fait cependant pas rire du tout, le manque de respect et d’amour pour ses amis les bêtes, son pire cauchemar. Allo, Monsieur Khayat ?». «C’est de la part de qui le demande ?». Le ton est donné, retrouvé et comme inspiré de ses plus fameuses répliques. La vie comme au théâtre ou le contraire ? Rendez-vous pris donc avec Samy Khayat pour le lendemain 13 heures. «Est-ce que vous me reconnaîtrez ?», demande-t-il presque sérieusement. Qui donc des générations de la guerre et son après-guerre ne connaît-il pas la frimousse de ce clown qui ne quitte jamais son sourire, comme un habit de...