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TENNIS - Le rêve américain des Français

À peine sortis d’une éprouvante victoire en quart de finale de la Coupe Davis face à la République tchèque, les Français songent déjà à la prochaine étape : les États-Unis en France, en septembre. Fabrice Santoro avait pourtant été au bout de l’effort, arrachant dimanche soir le billet pour le dernier carré au cinquième set du cinquième match face à Bodhan Ulhirach. Une performance qui le projetait onze ans en arrière, quand il avait déjà réalisé la même performance – face à l’Australien Wally Masur, sur la terre battue des arènes de Nîmes – lors de sa première sélection en équipe de France. C’était en 1991 et, déjà, les États-Unis. L’équipe, alors dirigée par Yannick Noah, avait fini par remporter, 59 ans après les légendaires Mousquetaires, le Saladier d’argent face à Pete Sampras et Andre Agassi. À l’époque, tous en faisaient une montagne. La montagne avait finalement accouché d’une souris, érodée par la fougue de Guy Forget, devenu capitaine, et par la résurrection de HenriLeconte, qui avaient tous deux cumulé simples et double. «Cela va nous rappeler des souvenirs. C’est ce qu’on s’est dit dans les vestiaires, avec Henri (Leconte) et Jérôme Bianchi qui était déjà notre kinéthérapeute en 1991, quand on avait battu les Américains à Lyon», se souvient Guy Forget. «Ça me rappelle de belles choses. J’espère que l’histoire se répétera. On est prêts, on les attend de pied ferme. Cela va être extraordinaire. Jouer en France contre Pete Sampras, Andy Roddick, Todd Martin, c’est fabuleux. On ne sait pas encore où ce sera, mais je pense que la salle ou le stade sera bourré. J’espère retrouver les garçons en grande forme, sans pépins physiques, et avec beaucoup de victoires d’ici là en tournoi». « Vendre du rêve » Dimanche soir, tout le monde évoquait Roland-Garros et sa terre battue pour accueillir cette rencontre au sommet. «Il faut que nous en discutions. La décision ne m’appartient pas, elle appartient aux joueurs. La terre battue apparaît être un bon choix mais il faut réfléchir. Nicolas (Escudé) est moins percutant sur terre battue, en double, Fabrice est également moins percutant», rappelle le capitaine qui n’a pas oublié qu’en 1991, la victoire avait été obtenue sur surface rapide. «Où que ce soit, ce sera un nouveau challenge, une possibilité d’accéder à une nouvelle finale, la suite d’un rêve, d’une passion qu’on vit en commun. On a envie d’y croire encore, de continuer, d’abattre des montagnes. On va se donner tous les moyens d’arriver sur ce match gonflés à bloc, préparés. Parce qu’on veut vendre du rêve, que tout ça continue !». Fabrice Santoro, surnommé «le magicien» par Pete Sampras lui-même – «D’ailleurs, à chaque fois qu’il sort un coup incroyable, on fait tous mine de sortir un lapin d’un chapeau par les oreilles !», précise Forget – n’a pas lui non plus oublié 1991 qui l’a révélé au grand public, même s’il avait été privé de finale. «Pour moi, les États-Unis, c’est Lyon en 1991. Mika (NDLR : Mickaël Llodra, le nouveau Leconte qui a fêté son baptême du feu en double samedi par une éclatante victoire sur la paire tchèque) avait dix ans. Sébastien (Grosjean) m’a dit que cela avait été un déclic pour lui. Moi, je revois Guy, Henri, Yannick... 59 ans après les Mousquetaires», dit-il. «C’est une rencontre extraordinaire à disputer. Accueillir les États-Unis en France n’est pas arrivé depuis 1991. Ils vont sûrement nous proposer une équipe de très haut niveau, donc il faudra que l’on fasse une lourde préparation si l’on veut s’imposer». « Ils ont envie d’y croire » «Ils comptent bien plus de victoires que les Français mais, depuis une dizaine d’années, la France peut être placée parmi les grandes nations de Coupe Davis», ajoute Santoro. Car depuis ce premier trophée en 1991, les Français n’ont pas laissé pâlir leur étoile. Ils ont encore ramené le Saladier d’argent dans l’Héxagone en 1996 - conquis de haute lutte à Malmoë, face à la Suède de Stéphane Edberg, Arnaud Bœtsch offrant la victoire au cinquième set du cinquième match après avoir sauvé des balles de matches. Ensuite, et malgré un passage au purgatoire de la zone Europe, l’équivalent de la deuxième division, en 1998, ils ont atteint la finale en 1999 – première année du capitanat de Guy Forget –, battu à Nice par l’Australie dans une ambiance délétère. Enfin, la saison dernière, les hommes de Guy Forget réalisaient ce qui semblait être l’impossible : battre l’Australie, la plus grande nation de Coupe Davis, emmenée par le numéro un mondial Lleyton Hewitt, sur le gazon de Melbourne. Une bonne étoile veille-t-elle sur les joueurs français, si soudés, si passionnés par la seule compétition par équipe qu’ils ont l’occasion de disputer dans un sport tellement marqué par l’individualisme ? «Oui, on a peut-être un peu de chance, de réussite. Mais la chance, on la provoque. Lorsque je demande aux joueurs de venir quelques jours en avance pour se préparer, personne ne dit rien. Pourtant, certains n’ont même pas le temps de repasser chez eux. Ou bien ils passent à la va-vite, en posant leur linge sale», souligne Guy Forget. «Puis, ils montent dans un avion et nous rejoignent pour se retrouver encore une fois dans un hôtel. Pourtant, personne ne se plaint, tout simplement parce qu’ils ont envie de rêver avec moi, ils ont envie d’y croire».
À peine sortis d’une éprouvante victoire en quart de finale de la Coupe Davis face à la République tchèque, les Français songent déjà à la prochaine étape : les États-Unis en France, en septembre. Fabrice Santoro avait pourtant été au bout de l’effort, arrachant dimanche soir le billet pour le dernier carré au cinquième set du cinquième match face à Bodhan Ulhirach. Une performance qui le projetait onze ans en arrière, quand il avait déjà réalisé la même performance – face à l’Australien Wally Masur, sur la terre battue des arènes de Nîmes – lors de sa première sélection en équipe de France. C’était en 1991 et, déjà, les États-Unis. L’équipe, alors dirigée par Yannick Noah, avait fini par remporter, 59 ans après les légendaires Mousquetaires, le Saladier d’argent face à Pete Sampras...