Appel urgent de l’Onu pour un financement rapide du gouvernement Karzai
le 15 janvier 2002 à 00h00
L’Onu a lancé lundi soir à Kaboul un «appel urgent» à la communauté internationale pour un «financement rapide» du nouveau gouvernement afghan d’Hamid Karzai, qui a besoin de plusieurs millions de dollars «dans les prochains jours». «Cette Administration a besoin de plusieurs millions de dollars dans les prochains jours sans quoi il n’y aura plus de pays quand les milliards de dollars (NDLR : des pays donateurs de la conférence de Tokyo) seront disponibles», a déclaré Ahmed Fawzi, porte-parole du représentant du secrétaire général de l’Onu pour l’Afghanistan Lakhdar Brahimi. M. Fawzi a chiffré à 100 millions de dollars les besoins immédiats du gouvernement intérimaire afghan «pour payer rétroactivement les fonctionnaires». «Ce pays a besoin d’argent immédiatement, pas demain. Au 31 décembre, nous avions reçu moins de 2 millions de dollars sur les 20 millions promis à l’Afghanistan pour le démarrage de son nouveau gouvernement lors de la conférence (interafghane) de Bonn», a-t-il ajouté. «Nous pensons aujourd’hui n’avoir reçu que 8 millions de dollars» en fonds d’urgence. «Nous espérons que les promesses de la communauté internationale, faites à Bonn et après, seront tenues», a encore déclaré M. Fawzi. «De plus, a-t-il expliqué, le dollar a perdu les trois quarts de sa valeur sur le change avec la monnaie afghane et nous n’avions pas anticipé cette chute qui rend notre tâche encore plus difficile car les besoins d’argent frais ont quadruplé». «Imaginez ce qui se passerait dans un autre pays où les fonctionnaires ne sont pas payés depuis six mois et ont faim», a-t-il demandé. «Il y a en Afghanistan quelque 210 000 fonctionnaires et 25 000 policiers qui ne touchent aucun salaire depuis des mois», a souligné M. Fawzi. M. Brahimi a écrit en personne aux dirigeants des pays occidentaux pour souligner l’urgence des besoins d’argent frais pour que le gouvernent afghan puisse continuer à travailler, a déclaré son porte-parole, qui a qualifié cette situation de «très grave». Le nouveau gouvernement intérimaire afghan manque dramatiquement de fonds pour mettre en place des structures minima, et les dirigeants afghans ainsi que les organisations non gouvernementales redoutent une paralysie quasi totale du pays jusqu’à la conférence internationale des donateurs de Tokyo (21-22 janvier). Kaboul est au bord de l’asphyxie car l’argent de la reconstruction n’arrive toujours pas, entravant toute initiative des nouveaux dirigeants, qui ont estimé le coût de la reconstruction du pays à quelque 45 milliards de dollars. Celle-ci coûtera au moins une quinzaine de milliards de dollars sur dix ans, ont déclaré à Manille des responsables financiers préparant la conférence de Tokyo. Selon eux, l’effort pourrait représenter entre un et deux milliards par an, soit de 40 à 80 dollars par an pour chacun des quelque 25 millions d’Afghans.
L’Onu a lancé lundi soir à Kaboul un «appel urgent» à la communauté internationale pour un «financement rapide» du nouveau gouvernement afghan d’Hamid Karzai, qui a besoin de plusieurs millions de dollars «dans les prochains jours». «Cette Administration a besoin de plusieurs millions de dollars dans les prochains jours sans quoi il n’y aura plus de pays quand les milliards de dollars (NDLR : des pays donateurs de la conférence de Tokyo) seront disponibles», a déclaré Ahmed Fawzi, porte-parole du représentant du secrétaire général de l’Onu pour l’Afghanistan Lakhdar Brahimi. M. Fawzi a chiffré à 100 millions de dollars les besoins immédiats du gouvernement intérimaire afghan «pour payer rétroactivement les fonctionnaires». «Ce pays a besoin d’argent immédiatement, pas demain. Au 31 décembre,...
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