La police pakistanaise a arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi une trentaine de personnes après l’attentat dans une église d’Islamabad qui avait fait cinq morts le 17 mars, un raid policier qui visait des hommes du réseau el-Qaëda et des talibans, a-t-elle indiqué. Des membres du réseau terroriste el-Qaëda et des talibans cachés dans le quartier de Nishatabad de la ville de Faisalabad (270 kilomètres au sud de la capitale) étaient la cible de ce raid mené par la police d’Islamabad et des unités d’élite, a déclaré une source policière. L’assaut donné à quelque huit caches dans la ville «entre dans le cadre de la guerre que mène le gouvernement pakistanais contre le terrorisme», selon une source policière. Une personne a été tuée et quatre blessées lors d’un échange de coups de feu, pendant cette opération qui a duré quatre heures. Selon une autre source policière, la police disposait de renseignements selon lesquels cinq membres d’el-Qaëda s’étaient récemment installés à Faisalabad. Ces cinq hommes avaient déjà été détenus par les autorités pakistanaises à leur sortie clandestine d’Afghanistan au mois de décembre. Ils s’étaient évadés après une fusillade qui les avait opposés le 19 décembre aux forces armées pakistanaises, dont le bilan avait été de 13 morts. Au moins sept combattants arabes, cinq membres des forces de sécurité pakistanaises et un soldat pakistanais avaient été tués lorsque les détenus avaient pris le contrôle de l’un des autocars qui les transportaient vers leur nouveau lieu de détention. «Nous avons rencontré une forte résistance», a déclaré hier le chef de la police de Faisalabad, Tassadaq Hussain. «Le premier raid a été mené contre une maison du quartier de Faisal Chowk, à Nishatabad, où la police a rencontré une vive résistance. Une douzaine de personnes, principalement des Afghans, ont été arrêtés après une intense fusillade au cours de laquelle une personne a été tuée», a déclaré un officier qui a requis l’anonymat. L’opération a été menée par des responsables du renseignement militaire, a dit la même source, précisant que la police d’Islamabad avait été associée. Un policier a été légèrement blessé lors de cet assaut, a indiqué M. Hussain. «Ces raids sont liés à l’attaque de l’église d’Islamabad et les suspects ont été remis à la police d’Islamabad», a-t-il ajouté. Selon une source policière, quatre talibans afghans figurent au nombre des suspects. «Nous n’avons pas encore établi de manière claire l’identité ou la nationalité des suspects», a assuré pour sa part M. Hussain. Le général Javed Cheema, chef de la cellule de crise du ministère de l’Intérieur, a en revanche déclaré que le raid conduit dans la nuit «n’est pas lié à l’attentat contre l’église protestante. Il entre dans le cadre de la campagne du gouvernement de répression du terrorisme et des militants sectaires». La police et le gouvernement pakistanais ne veulent pas reconnaître officiellement la présence de membres d’el-Qaëda au Pakistan, et encore moins que ces réseaux puissent être actifs sur leur territoire. Un assaillant non identifié avait jeté jusqu’à huit grenades le 17 mars, en plein office religieux, dans l’église protestante internationale située dans l’enclave diplomatique d’Islamabad. L’attentat avait fait cinq morts, dont deux Américaines, et 46 blessés, principalement des étrangers. L’enclave diplomatique est le quartier le plus protégé d’une capitale déjà sous étroite surveillance policière. Une femme pakistanaise et un homme, aghan, figurent au nombre des morts. Un cinquième corps, gravement mutilé et toujours non identifié, pourrait être celui de l’assaillant. À la suite de cet attentat, les États-Unis avaient annoncé le retrait du Pakistan de tout leur personnel non indispensable et de toutes les familles des diplomates de l’ambassade.
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