Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Vie politique Un bras de fer troïkiste bien mal camouflé

Les Arabes divisés ? Les Libanais, dirigeants en tête, le sont encore plus ! Les uns et les autres tentent, courtoisie ou diplomatie obligent, de dissimuler leurs mauvaises habitudes querelleuses. Mais n’y réussissent pas vraiment. Ainsi les coups d’encensoir aux Saoudiens de la part des faucons du sommet apparaissent en complète contradiction avec le fond même des discours tenus. Les analystes du monde entier en font du reste des gorges chaudes. Ce qui présente pour les instances locales le mince avantage de moins retenir l’attention par les crocs-en-jambe réciproques qui ont émaillé le sommet. Les médias internationaux ne se sont pas trop appesanti sur l’absence des numéros deux et trois de la République hôtesse lors de l’accueil aéroportuaire des délégations. Mais cette bizarrerie protocolaire n’a certainement pas échappé à l’œil ricaneur, goguenard, des invités. n’ont pas ignoré non plus les étranges frictions menant, entre autres brillantes innovations logistiques, à l’éviction du premier communicant du pays, le porte-parole du gouvernement, à savoir le ministre de l’Information. Les tentatives embarrassées de cacher cette déplorable misère relationnelle et politique ont eu autant de succès que les efforts d’expliquer la bavure Arafat. Le plus grave, peut-être, est que le pli des dissonances est si bien pris que les intéressés ne se soucient même plus du qu’en-dira-t-on. Et pour un peu, n’était sans doute la crainte sous-jacente de torpiller des donations (symboliques) attendues, ils auraient lavé leur linge sale en public. Pour tout dire, malgré le sommet, malgré le minimum de cohésion décente qu’un tel événement induit, le système en place s’est plutôt mal conduit. Alors même que les dirigeants libanais appelaient leurs frères arabes à la solidarité face à Israël, ils laissaient filtrer les animosités qui les opposent. Les coups bas ont même plu. Ainsi des tracts distribués par des mains occultes et portant la signature paradoxale des «soldats de la démocratie» vont jusqu’à accuser MM. Walid Joumblatt et Ghazi Aridi de collaboration avec l’ennemi. Le leader du PSP a mis en garde «certains» contre la reprise de pratiques antérieures. Non sans laisser entendre que lorsqu’il y a anguille sous roche on ne peut s’empêcher de songer aux services. En promettant de régler ses comptes après le sommet, qu’il n’a pas voulu compromettre par un éclat immédiat. Le climat a donc beaucoup régressé en quelques jours. On sait en effet que le même leader, suite aux conseils de stabilisation intérieure prodigués par le gouverneur de la Banque centrale au titre de la lutte contre la récession, avait décidé de mettre de l’eau dans son vin. De s’empêcher désormais de tirer à boulets rouges sur le pouvoir, de jeter de l’huile sur le feu et il a même invité toutes les parties à suivre son exemple de retenue, pour le bien du pays. Qu’il a du reste pris soin de quitter pour la durée du sommet, afin de ne pas se trouver entraîné dans des polémiques à remous. D’autant que plusieurs observateurs subodorent l’existence d’une machination allant dans ce sens. En effet, des loyalistes relèvent sans hésiter, et en substance, que «le message adressé à M. Joumblatt a été également envoyé aux présidents Nabih Berry et Rafic Hariri. Certaines instances, au lieu d’œuvrer à l’unification des rangs, ont manifestement voulu exploiter l’occasion du sommet pour creuser derechef un large fossé séparant les pôles du pays.» Selon ces sources, et comme pour le cas Arafat, il a fallu qu’encore une fois les autorités syriennes interviennent fermement. Pour enjoindre aux dirigeants locaux de mettre leurs différends sous le coude, pour le moment. Un conseil que M. Aridi, qui a choisi de se montrer cool comme on dit familièrement, semble avoir bien entendu. Le ministre a en effet indiqué qu’il ne souhaite pas réagir sévèrement à l’impair commis à son encontre. Et il a été jusqu’à inviter toutes les parties à clore sans tarder tout dossier conflictuel, au nom de l’intérêt national et du traitement de la crise économique. Tandis que les proches de M. Nabih Berry affirment qu’il n’y a pas de problème avec Baabda, les professionnels notent à l’unisson qu’il y a visiblement de l’eau dans le gaz entre le président de la République et le Premier ministre. Ce dernier a ainsi cru devoir proclamer haut et fort que son équipe allait rester en place, tant que le Parlement ne lui retirait pas sa confiance. Ces techniciens n’excluent pas que l’on ressuscite sous peu le projet de front politique tissé en juillet dernier par MM. Berry et Hariri. Une coalition éventuelle dirigée contre le régime qui l’avait contrée, soutiennent ces sources, à travers les rafles du 7 août. Philippe ABI-AKL
Les Arabes divisés ? Les Libanais, dirigeants en tête, le sont encore plus ! Les uns et les autres tentent, courtoisie ou diplomatie obligent, de dissimuler leurs mauvaises habitudes querelleuses. Mais n’y réussissent pas vraiment. Ainsi les coups d’encensoir aux Saoudiens de la part des faucons du sommet apparaissent en complète contradiction avec le fond même des discours tenus. Les analystes du monde entier en font du reste des gorges chaudes. Ce qui présente pour les instances locales le mince avantage de moins retenir l’attention par les crocs-en-jambe réciproques qui ont émaillé le sommet. Les médias internationaux ne se sont pas trop appesanti sur l’absence des numéros deux et trois de la République hôtesse lors de l’accueil aéroportuaire des délégations. Mais cette bizarrerie protocolaire n’a...