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Actualités - Chronologie

Italie Berlusconi opte pour le choc frontal avec les syndicats

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a opté pour le choc frontal avec les syndicats sur sa politique sociale, prenant le risque d’élargir les fissures au sein de son gouvernement où tous ne partagent pas son attitude malgré une unité de façade. À l’inflexibilité de M. Berlusconi sur une quelconque modification de son projet de réforme du droit de licenciement, dans le sens d’une plus grande flexibilité du marché du travail, répond désormais la grève générale unitaire convoquée pour le 16 avril par les trois principales confédérations syndicales italiennes. En affirmant mardi, «nous résisterons à la rue et aux coups de pistolets» et en dénonçant «les mensonges» et la «mauvaise foi» des syndicats, c’est un «message de guerre» qu’a lancé le président du Conseil, selon l’éditorialiste du quotidien de centre-gauche La Repubblica, Massimo Gianini, résumant un sentiment largement partagé par les commentateurs. Les responsables de la CGIL (gauche, 5,4 millions d’adhérents), de la CISL (catholique, 4 millions) et de l’UIL (centriste, 1,8 million), qui ont condamné mardi soir en bloc le discours de M. Berlusconi, devaient avoir une occasion de lui répondre à l’issue d’une «retraite aux flambeaux» contre le terrorisme, organisée dans la soirée de mercredi dans le centre historique de Rome où étaient attendues 40 000 personnes. Dans ces conditions, les appels à la modération du président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, semblent avoir peu de chances d’être entendus. «Ne dramatisons pas la situation au-delà de ce que sont les difficultés objectives de tout moment historique», a plaidé mercredi M. Ciampi, dont la seule arme constitutionnelle dans un régime parlementaire comme celui de l’Italie réside dans la dissolution du Parlement. Cette issue, qui remettrait l’avenir du pays entre les mains des électeurs, est toutefois exclue pour le moment. «Président, on se calme», a pour sa part conseillé à M. Berlusconi Marcello Sorgi, l’éditorialiste de La Stampa. Le journal affirme que les présidents du Sénat et de la Chambre des députés, Marcello Pera et Pier Ferdinando Casini, pourtant membres de la majorité gouvernementale, ont pris leurs distances. Le ton agacé et combatif du chef du gouvernement devant la presse mardi contrastait, selon les entourages, avec celui modéré utilisé lors d’un déjeuner avec les chefs des partis de la coalition de droite pour ressouder les rangs de la majorité. Les insinuations de certains ministres pouvant laisser croire à un lien entre la CGIL et le terrorisme, après l’assassinat du conseiller du gouvernement Marco Biagi, il y a une semaine, avaient provoqué le mécontentement des plus modérés au sein de la coalition, les chrétiens démocrates du CCD et du CDU, et embarrassé les conservateurs post-fascistes d’Alliance nationale (AN), dont une frange se réclame de la droite sociale. Ces deux composantes de la majorité avaient réclamé une «clarification» sur la ligne du gouvernement. Mais devant la violence de la contre-attaque de M. Berlusconi contre les syndicats, les figures de ses alliés assis autour de lui, le numéro deux du gouvernement et chef de l’AN, Gianfranco Fini, le président du CCD, Marco Follini, et Rocco Buttiglione, ministre des Affaires européennes et chef du CDU, étaient éloquentes. Le gouvernement se comporte comme s’il avait «un chèque en blanc et une assurance-vie qui lui permettent de faire ce qu’il veut», conclut le quotidien indépendant de gauche Il Manifesto en affirmant que «l’électorat modéré ne s’y reconnaîtra pas» lors des élections administratives partielles de mai-juin.
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a opté pour le choc frontal avec les syndicats sur sa politique sociale, prenant le risque d’élargir les fissures au sein de son gouvernement où tous ne partagent pas son attitude malgré une unité de façade. À l’inflexibilité de M. Berlusconi sur une quelconque modification de son projet de réforme du droit de licenciement, dans le sens d’une plus grande flexibilité du marché du travail, répond désormais la grève générale unitaire convoquée pour le 16 avril par les trois principales confédérations syndicales italiennes. En affirmant mardi, «nous résisterons à la rue et aux coups de pistolets» et en dénonçant «les mensonges» et la «mauvaise foi» des syndicats, c’est un «message de guerre» qu’a lancé le président du Conseil, selon...