Le président pakistanais Pervez Musharraf a entamé des consultations avec les partis politiques sur l’éventualité d’un référendum, qui constituerait pour lui un moyen de se maintenir au pouvoir et de légitimer son régime militaire né d’un coup d’État en 1999. Le général Musharraf s’apprête à rencontrer «tous les partis politiques», a déclaré le porte-parole du chef de l’État, le général Rashid Qureshi, précisant seulement que ces entretiens seraient consacrés à des discussions sur «l’environnement politique, la loi et l’ordre dans le contexte des élections législatives» prévues en octobre. Mais plusieurs responsables ont confirmé que ces échanges de vues, entamés dans la semaine, portaient bien sûr l’éventualité d’un référendum qui pourrait, selon la presse, être organisé fin avril ou début mai. Le général a dissous le Parlement et s’est proclamé président en juin 2001, 21 mois après s’être emparé du pouvoir lors d’un coup d’État qui avait renversé le gouvernement du Premier ministre Nawaz Sharif. La Cour suprême du Pakistan a ordonné le retour à un régime démocratique avant octobre 2002, soit trois ans après le coup d’État. Mais le général Musharraf a déjà annoncé son intention de se maintenir à la tête de l’État afin d’assurer la continuité du pouvoir pour cinq ans supplémentaires. Un collaborateur du président a nié que l’idée d’un référendum émane du président lui-même, affirmant qu’elle avait été soulevée par ses interlocuteurs politiques. «Un référendum constitue une option mais aucune décision n’a été prise», a assuré ce collaborateur sous condition d’anonymat. Plusieurs analystes estiment qu’un référendum serait le moyen le plus sûr pour le général Musharraf pour se maintenir au pouvoir, l’autre étant de se faire élire à la présidence par le futur Parlement, selon la procédure prévue par la Constitution, à condition que celui-ci lui soit favorable. «En choisissant le référendum, il a opté pour la manière la plus sûre de s’assurer une légitimité et d’être élu», estimait vendredi l’analyste politique Khalid Mahmood, de l’Institut des études régionales d’Islamabad. «Un référendum lui convient davantage parce que les partis d’opposition vont probablement le boycotter», selon cet analyste. Mais d’autres estiment que le président court ainsi le risque de se mettre à dos le futur Parlement. «Cela ne laisse rien présager de bon et instaure immédiatement des relations conflictuelles», estimait l’analyste politique Nasim Zehra. «Le fait de dépendre du futur Parlement pour prolonger son régime est peut-être une affaire risquée, mais organiser un référendum, avant les législatives, n’est pas moins risqué», relevait M. Zehra. «La question est de savoir sur quoi il va fonder la crédibilité de sa démarche. Quel est l’enjeu à part la continuité du pouvoir d’une seule personne», interrogeait ce commentateur. Cet éventuel référendum a déjà soulevé des commentaires houleux dans la classe politique. Le principal parti d’opposition, le Parti du peuple du Pakistan (PPP), de l’ancien Premier ministre Benazir Bhutto, a annoncé qu’il s’y opposerait. «Ce serait une répétition des bouffonneries de la dictature militaire du général Zia», a déclaré le porte-parole du PPP, Farhatullah Babar, rappelant le référendum organisé en 1984 par le général Zia ul-Haq afin de légitimer son régime, sept ans après avoir pris le pouvoir par un coup d’État. L’Alliance pour la restauration de la démocratie (ARD), coalition de 15 partis, s’est dit également opposée à cette idée. «Il n’existe pas de chapitre dans la Constitution sur l’élection du président d’une telle façon. Nous nous y opposerons et nous appellerons la population à boycotter une telle consultation», a déclaré le porte-parole de l’ARD, Munir Ahmed Khan.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président pakistanais Pervez Musharraf a entamé des consultations avec les partis politiques sur l’éventualité d’un référendum, qui constituerait pour lui un moyen de se maintenir au pouvoir et de légitimer son régime militaire né d’un coup d’État en 1999. Le général Musharraf s’apprête à rencontrer «tous les partis politiques», a déclaré le porte-parole du chef de l’État, le général Rashid Qureshi, précisant seulement que ces entretiens seraient consacrés à des discussions sur «l’environnement politique, la loi et l’ordre dans le contexte des élections législatives» prévues en octobre. Mais plusieurs responsables ont confirmé que ces échanges de vues, entamés dans la semaine, portaient bien sûr l’éventualité d’un référendum qui pourrait, selon la presse, être organisé fin...