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Actualités - Chronologie

Les papiers laissés par les talibans racontent leurs modes d’action

L’étude des milliers de documents laissés par les talibans et les militants d’el-Qaëda dans leur fuite permet d’en savoir plus sur leurs origines ou leurs façons de s’entraîner, raconte le New York Times dans son édition dominicale. Les journalistes du quotidien ont rassemblé quelque 5 000 pages de documents trouvés dans des cachettes abandonnées, au milieu de débris de toutes sortes, de grenades et de mines, qui allaient de la liste de courses au memento expliquant comment bien positionner un camion piégé. «Pris dans leur ensemble, ils racontent l’histoire, vue de l’intérieur, d’un réseau de groupes radicaux islamiques que Oussama Ben Laden a rassemblé en Afghanistan», écrit le journal. Les documents montrent ainsi que les camps d’entraînement, que le gouvernement Bush a présenté comme des usines à terroristes, étaient plutôt destinés à former une armée pour épauler les talibans dans leur lutte contre l’Alliance du Nord. «La plus grande partie (des recrues) étaient de la chair à canon», indique un responsable gouvernemental. Un petit nombre était néanmoins sélectionné pour subir un entraînement d’élite, afin semble-t-il de commettre des actions terroristes à l’étranger. «Observer les ambassades étrangères et leurs installations» était ainsi le sujet d’un cours d’espionnage. Un autre enseignait «comment abattre une personnalité et son garde du corps à partir d’une moto», écrit le journal. Surtout, les documents montrent à quel point Ben Laden a réussi son but de former une armée mondiale de musulmans contre l’Occident, dit le Times. Des listes trouvées dans tout le pays montrent que les militants venaient de pays islamiques et d’ailleurs : Pakistan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan, Kirgizstan, Syrie, Égypte, Maroc, Algérie, Jordanie, Turquie, Irak, Koweït, Arabie saoudite, Yémen, Libye, Soudan, Somalie, Bosnie, Bangladesh, Chine, Philippines, Russie, Grande-Bretagne, Canada et États-Unis. Les recrues venaient en Afghanistan par l’intermédiaire d’organisations diverses qui avaient chacune leur camp d’entraînement. Mais une fois arrivés, les militants recevaient le même genre d’entraînement militaire et d’endoctrinement religieux. Des chapitres du même manuel de terrorisme en arabe ont été découverts dans des maisons appartenant à trois groupes différents : el-Qaëda, le Mouvement islamique d’Ouzbékistan et Harkat ul-Ansar, un groupe pakistanais qui a changé son nom en Harkat ul-Mujahadeen et a été lié à l’assassinat du journaliste américain Daniel Pearl. Les documents traduits par le Times étaient en langues diverses dont l’arabe, l’ourdou, le tadjik, le dari, le pachtou, l’ouzbek, le russe et l’anglais. Dans une maison utilisée par le Mouvement islamique d’Ouzbékistan, une brochure islamiste a été découverte qui s’emportait contre le «phénomène des Beatles et des hippies» qui «a mis en danger la sécurité de l’Amérique et de l’Europe», ajoute le journal.
L’étude des milliers de documents laissés par les talibans et les militants d’el-Qaëda dans leur fuite permet d’en savoir plus sur leurs origines ou leurs façons de s’entraîner, raconte le New York Times dans son édition dominicale. Les journalistes du quotidien ont rassemblé quelque 5 000 pages de documents trouvés dans des cachettes abandonnées, au milieu de débris de toutes sortes, de grenades et de mines, qui allaient de la liste de courses au memento expliquant comment bien positionner un camion piégé. «Pris dans leur ensemble, ils racontent l’histoire, vue de l’intérieur, d’un réseau de groupes radicaux islamiques que Oussama Ben Laden a rassemblé en Afghanistan», écrit le journal. Les documents montrent ainsi que les camps d’entraînement, que le gouvernement Bush a présenté comme des usines à...