Le XV de France, victorieux de l’Angleterre (20-15) samedi, a trouvé une certaine forme de régularité dans la performance et peut envisager le septième grand chelem de son histoire, le premier depuis l’élargissement du Tournoi en 2000. C’est l’antienne de Bernard Laporte. Depuis sa prise de fonction en novembre 1999, il répète que son équipe doit être régulière dans la performance, sortir du cycle exploit-déception qui rythme la vie du XV de France depuis la nuit des temps. L’objectif est pratiquement atteint. En seize mois, depuis novembre 2000, les Français ont battu les meilleures équipes de la planète, les All Blacks, l’Australie, l’Afrique du Sud (deux fois) et l’Angleterre. Mieux ! Au fil des matches, le XV de France a montré des progrès sensibles, passant d’un mélange «défense-enthousiasme» face aux All Blacks en novembre 2000 à Marseille à une approche beaucoup plus rationnelle face à l’Angleterre samedi. Une approche minutieuse L’affrontement face aux Anglais avait été minutieusement préparé. Le jeu du XV de la rose a été décortiqué à la vidéo par l’encadrement. Bernard Laporte avoue avoir passé dix-sept heures face à son magnétoscope. Les images, livrées aux joueurs en plusieurs séances lors de la semaine de stage, ont fourni de précieux enseignements, sur les lancements de jeu, mais surtout sur la façon de contrer le demi d’ouverture Jonny Wilkinson ou d’attaquer la défense anglaise, qui n’avait encaissé que trois essais lors des cinq derniers matches. Pour isoler Wilkinson, le XV de France s’est appuyé sur Serge Betsen, dont les multiples placages décisifs ont déréglé les enchaînements adverses. Pour passer la muraille blanche, édifiée par Phil Larder, un ancien treiziste en charge de la défense anglaise, les Français ont parié sur le jeu extérieur : envoyer vite le ballon vers l’aile pour étirer la défense et profiter des problèmes de replacement pour passer. Cette méthode fut notamment à la base du deuxième essai, inscrit par Imanol Harinordoquy. Le XV de France avait déjà pris cette option en avril 2001 à Twickenham. Le match s’était certes soldé par une défaite retentissante (19-48), après une seconde période calamiteuse. Mais les Français se souvenaient que, durant la première période, deux essais avaient été refusés à l’ailier Christophe Dominici, poussé de justesse en touche au moment d’aplatir. L’Écosse et l’Irlande pour finir Cette fois, les Français sont parvenus à déborder deux fois la défense anglaise, réputée comme l’une des meilleures de la planète. Une fois l’avance substantielle bâtie, les Français ont su se retrouver en défense, pour repousser les enchaînements adverses. Même si Robinson a profité d’une hésitation du trio Betsen-Merceron-Brusque pour inscrire le premier essai en fin de première période, alors que l’ailier Ben Cohen inscrivait le second dans les arrêts de jeu en s’emparant d’un ballon aérien. Qu’importe ! Ce succès place le XV de France en situation idéale pour la victoire finale, voire pour le premier grand chelem depuis l’élargissement du Tournoi à l’Italie. Le sans-faute passe par une victoire en Écosse, le 23 mars, et face à l’Irlande, le 6 avril au Stade de France. Avant le déplacement à Murrayfield, les Français devront surmonter physiquement et moralement les deux dernières journées de la première phase du championnat. Sauf blessure, les 22 joueurs qui ont participé au succès sur les Anglais devraient être reconduits. Le groupe, dont la composition sera dévoilée le mercredi 13 mars, pourrait éventuellement s’ouvrir au deuxième ligne Thibault Privat (Béziers), forfait pour France-Angleterre, voire au Castrais Romain Teulet, excellent avec France A vendredi soir à Limoges, et capable d’évoluer à différents postes des lignes arrières. Le retour de l’arrière Clément Poitrenaud (Stade Toulousain), absent des terrains depuis le 20 janvier en raison d’une luxation accromio-claviculaire, dépendra de son état de santé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le XV de France, victorieux de l’Angleterre (20-15) samedi, a trouvé une certaine forme de régularité dans la performance et peut envisager le septième grand chelem de son histoire, le premier depuis l’élargissement du Tournoi en 2000. C’est l’antienne de Bernard Laporte. Depuis sa prise de fonction en novembre 1999, il répète que son équipe doit être régulière dans la performance, sortir du cycle exploit-déception qui rythme la vie du XV de France depuis la nuit des temps. L’objectif est pratiquement atteint. En seize mois, depuis novembre 2000, les Français ont battu les meilleures équipes de la planète, les All Blacks, l’Australie, l’Afrique du Sud (deux fois) et l’Angleterre. Mieux ! Au fil des matches, le XV de France a montré des progrès sensibles, passant d’un mélange «défense-enthousiasme»...